La crèche de la Cathédrale
Denis Pittet, journaliste *
Il y a une chose qu’il faut absolument voir à Lausanne en cette période de Noël : la grande crèche exposée dans le déambulatoire du chœur de la Cathédrale de Lausanne. C’est une œuvre et un travail remarquables, que chacun pourra apprécier avec ses yeux et son cœur. Maurice Bianchi et Créa Calame en sont les artisans et les créateurs. Amis d’enfance, perdus de vue durant 40 ans, ils se sont recroisés par hasard il y a quelques années et retrouvés autour de la passion de la crèche et de la maquette. Maquette, un des mots-clés, est lâché. Personnellement, gamin, j’étais passionné par les maquettes de trains et le talent de ceux qui arrivaient à reproduire avec tant d’exactitude des gares, des téléphériques, des tunnels et bien sûr les trains. La grande crèche, c’est ça, mais sur le thème de la Nativité. Sur près de 100 mètres carrés ( !), à l’échelle 1 :9, vous découvrirez plus de 300 personnages, animaux, maisons, puits, rivière, fontaines, lac, échoppes, fruit, légumes, animaux, le tout baigné dans une lumière de Noël à la fois belle et apaisante. On passera des heures ou pas à admirer le travail, les 80 scènes représentées mais on ne ressortira pas sans émotion.
Maurice Bianchi est incapable de dire combien d’heures il a consacré à son travail, avec Créa Calame. L’approche «philosophique» de la crèche est basée sur les cinq sens: l’ouïe, c’est l’eau qui coule (des pompes en circuit fermé et des bacs de récupération assurent l’opération au niveau technique). Le goût, ce sont de petits amuse-bouche que les enfants peuvent prendre à l’étal de la boulangerie. L’odorat est chatouillé par les huiles essentielles qui sont utilisées ou encore de la vraie mousse ou des vraies herbes qui habillent la scène. Le toucher enfin, car cette maquette, on peut la toucher, ce qui est parfaitement contradictoire avec l’habitude mais fait tout son charme.
La grande crèche est visible tous les jours jusqu’au 20 janvier (10h – 17 h 30, 12h -17h le dimanche). A Noël 2013, la maquette sera sans doute montée à Siviriez, pour honorer la Bienheureuse Marguerite Bays.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Traduire
mardi 18 décembre 2012
mercredi 5 décembre 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 5 décembre 2012
L’Hermitage et la Banque cantonale vaudoise
Denis Pittet, journaliste *
Il vous reste 11 jours pour venir voir l’exposition de la Banque cantonale vaudoise (BCV) à la Fondation de l’Hermitage à Lausanne. Cette expo a ouvert ses portes le 9 novembre dernier et les fermera le dimanche 16 décembre. Cinq semaines, une durée inhabituelle de l’avis même de la directrice de la Fondation, Sylvie Wuhrmann, où la règle veut que les expositions s’étalent plutôt sur quatre mois.
«Contemporain… Ou bien ?» est le nom un brin «vaudoisisant » (on aime ou pas) donné à cet événement. La BCV présente ainsi son expo : «La Fondation de l’Hermitage présente 117 œuvres réalisées par 54 artistes liés au canton de Vaud, du 20e siècle à nos jours. Des peintures classiques sont associées à un large panorama de la création contemporaine avec ses formes d’expression variées, allant de la sculpture à la vidéo et du dessin à la photographie». Voire. De sculpture et de vidéo, il est en réalité très peu question.
Il faut savoir que la BCV, depuis une quarantaine d’années, a acquis plus de 2000 œuvres d’artistes nés ou travaillant dans le canton de Vaud. Ces actes visent à soutenir la production artistique du canton. Sur ces 2000 œuvres, Catherine Othenin Girard, conservatrice de la collection d’art BCV, nous apprend que 80% de ces dernières «tournent» des bureaux feutrés de direction aux espaces bancaires dispersés sur le sol cantonal. Heureux banquiers qui peuvent travailler à la lumière d’un Bocion…
La magie de l’exposition tient à deux choses: de belles découvertes évidemment – malgré certaines notules se rapportant aux œuvres qui sentent bon le charabia parfois un peu autiste des historiens de l’art – et la maison de maître de l’Hermitage qui abrite l’exposition. Pour ceux qui ne connaissent pas l’endroit, le parc, les arbres et la vue offerte depuis ce lieu, c’est une obligation de faire le déplacement tant c’est beau. Un des plus merveilleux points de vue de Lausanne à l’extérieur, et de belles vues à l’intérieur. Que demander de plus?
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Il vous reste 11 jours pour venir voir l’exposition de la Banque cantonale vaudoise (BCV) à la Fondation de l’Hermitage à Lausanne. Cette expo a ouvert ses portes le 9 novembre dernier et les fermera le dimanche 16 décembre. Cinq semaines, une durée inhabituelle de l’avis même de la directrice de la Fondation, Sylvie Wuhrmann, où la règle veut que les expositions s’étalent plutôt sur quatre mois.
«Contemporain… Ou bien ?» est le nom un brin «vaudoisisant » (on aime ou pas) donné à cet événement. La BCV présente ainsi son expo : «La Fondation de l’Hermitage présente 117 œuvres réalisées par 54 artistes liés au canton de Vaud, du 20e siècle à nos jours. Des peintures classiques sont associées à un large panorama de la création contemporaine avec ses formes d’expression variées, allant de la sculpture à la vidéo et du dessin à la photographie». Voire. De sculpture et de vidéo, il est en réalité très peu question.
Il faut savoir que la BCV, depuis une quarantaine d’années, a acquis plus de 2000 œuvres d’artistes nés ou travaillant dans le canton de Vaud. Ces actes visent à soutenir la production artistique du canton. Sur ces 2000 œuvres, Catherine Othenin Girard, conservatrice de la collection d’art BCV, nous apprend que 80% de ces dernières «tournent» des bureaux feutrés de direction aux espaces bancaires dispersés sur le sol cantonal. Heureux banquiers qui peuvent travailler à la lumière d’un Bocion…
La magie de l’exposition tient à deux choses: de belles découvertes évidemment – malgré certaines notules se rapportant aux œuvres qui sentent bon le charabia parfois un peu autiste des historiens de l’art – et la maison de maître de l’Hermitage qui abrite l’exposition. Pour ceux qui ne connaissent pas l’endroit, le parc, les arbres et la vue offerte depuis ce lieu, c’est une obligation de faire le déplacement tant c’est beau. Un des plus merveilleux points de vue de Lausanne à l’extérieur, et de belles vues à l’intérieur. Que demander de plus?
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mardi 20 novembre 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 21 novembre 2012
Le bonheur des rétrospectives
Denis Pittet, journaliste *
Dans le cadre de ses 250 ans, «24 Heures» publie chaque jour un événement ayant marqué la vie des Vaudois, années après années, depuis la naissance de la Feuille. C’est en fait une immense rétrospective sur 262 ans. Les gens aiment les rétrospectives car elles les replongent dans leurs souvenirs et leur inconscient collectif. Tel événement se produit et chacun se souvient de ce qu’il faisait et où il était le jour dit. Tenez, essayez avec les attentats des Twin Towers à New-York le 11 septembre 2001. Je suis certain que vous vous souvenez comment vous avez découvert l’attentat et ce que vous faisiez ce jour-là.Lundi, c’est l’année 1985 qui était évoquée et rappelées les incroyables chutes de neige de la nuit du samedi 16 au dimanche 17 février. Je m’en souviens comme si c’était hier. Après un matche de volley joué en Suisse allemande, nous étions revenus sur Lausanne et quelques flocons s’étaient mis à tomber. Il était 20h. En ressortant d’un bar bien famé de la Cité à 2 heures du matin, y’avait des «mètres» de neige! Incroyable. Et ça continuait. Ce qui est génial avec les grosses chutes de neige, c’est que tous les sons changent. Il n’y avait plus de bruits…
Le lendemain, tout le monde se promenait, se disait bonjour, allait voir les voitures ensevelies et on skiait dans tout Lausanne. Près de 72 centimètres tombés sur les hauts, 60 au centre-ville, plus de 90 dans le Chablais! Ces chutes de neige furent un événement séculaire et je suis content de l’avoir vécu.
Je suis prêt à parier que dans quelques jours, en évoquant 1995, ce sera la nuit du 13 au 14 août qui sera rappelée. Souvenez-vous : aux portes du Chablais, à Villeneuve, le Pissot sortait de son lit et emportait tout sur son passage, surtout l’autoroute, qui restera fermée plusieurs jours créant un indescriptible chaos. Des tonnes de boues se déversent dans la zone industrielle de Villeneuve. Par miracle, il n’y a aucune victime. Et là, on parlera d’événement millénaire. Neige de 1985, crue de 1995, deux souvenirs forts et uniques.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 7 novembre 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 7 novembre 2012
Du dopage…
Denis Pittet, journaliste *
L’Union cycliste internationale (UCI) a son siège à Aigle dans le Chablais. Avec l’affaire Lance Armstrong , il est beaucoup question de dopage dans les journaux ces temps. Le sujet est à la mode. En fait, il est indémodable. Il faut lire et relire Pierre Chany, qui avait couvert 49 (!) Tours de France dans sa carrière ou Louis Nucéra pour se replonger dans des descriptions ou ambiances qui laissent songeurs. Vous croyez vraiment, vous, que les cinglés qui s’élançaient entre Bordeaux et Paris dès 1891 pour une course de 600 kilomètres, sur des routes gravillonnées, ne «marchaient» pas à quelque chose… ? Ils avaient tellement mal au cul (excusez-moi, mais c’est aussi bien de cela dont on parle) et les mollets si durs que c’est les gravillons qui se cassaient quand ils venaient frapper les muscles de ces fous roulants. Pour supporter tout cela, ces cyclistes buvaient de… la gnôle.
Le décès tragique de Tom Simpson, le 13 juillet 1967 sur les pentes du Mont Ventoux, restera sans doute le drame depuis lequel on parle finalement continuellement de dopage dans le cyclisme en particulier et dans le sport en général. La 13e étape entre Marseilles et Carpentras est surnommée l' «étape de la soif». On retrouvera plusieurs tubes de Tonédron (amphétamines) dans les poches du maillot du coureur britannique. Un an avant cet épisode dramatique, les coureurs du Tour de France avaient manifesté contre les premiers contrôles anti-dopage. Simpson avait d'ailleurs été un des rares coureurs à avouer la pratique dans le peloton en 1965.
Plus de 45 ans plus tard, qu’est-ce qui a changé ? Rien. La gnôle cède sa place aux thérapies géniques. Le cyclisme reste dans l’œil du cyclone. Roger Federer exige plus de sévérité dans ses propres contrôles! Et les tricheurs auront pratiquement toujours une longueur d’avance sur les gendarmes du sport. Le fric et le spectacle dictent leurs lois.
Si tous les sportifs qui se dopent décident d’arrêter du jour au lendemain, il y en aura toujours un pour en profiter et recommencer. Ce comportement est hélas inscrit dans le Genre Humain.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
L’Union cycliste internationale (UCI) a son siège à Aigle dans le Chablais. Avec l’affaire Lance Armstrong , il est beaucoup question de dopage dans les journaux ces temps. Le sujet est à la mode. En fait, il est indémodable. Il faut lire et relire Pierre Chany, qui avait couvert 49 (!) Tours de France dans sa carrière ou Louis Nucéra pour se replonger dans des descriptions ou ambiances qui laissent songeurs. Vous croyez vraiment, vous, que les cinglés qui s’élançaient entre Bordeaux et Paris dès 1891 pour une course de 600 kilomètres, sur des routes gravillonnées, ne «marchaient» pas à quelque chose… ? Ils avaient tellement mal au cul (excusez-moi, mais c’est aussi bien de cela dont on parle) et les mollets si durs que c’est les gravillons qui se cassaient quand ils venaient frapper les muscles de ces fous roulants. Pour supporter tout cela, ces cyclistes buvaient de… la gnôle.
Le décès tragique de Tom Simpson, le 13 juillet 1967 sur les pentes du Mont Ventoux, restera sans doute le drame depuis lequel on parle finalement continuellement de dopage dans le cyclisme en particulier et dans le sport en général. La 13e étape entre Marseilles et Carpentras est surnommée l' «étape de la soif». On retrouvera plusieurs tubes de Tonédron (amphétamines) dans les poches du maillot du coureur britannique. Un an avant cet épisode dramatique, les coureurs du Tour de France avaient manifesté contre les premiers contrôles anti-dopage. Simpson avait d'ailleurs été un des rares coureurs à avouer la pratique dans le peloton en 1965.
Plus de 45 ans plus tard, qu’est-ce qui a changé ? Rien. La gnôle cède sa place aux thérapies géniques. Le cyclisme reste dans l’œil du cyclone. Roger Federer exige plus de sévérité dans ses propres contrôles! Et les tricheurs auront pratiquement toujours une longueur d’avance sur les gendarmes du sport. Le fric et le spectacle dictent leurs lois.
Si tous les sportifs qui se dopent décident d’arrêter du jour au lendemain, il y en aura toujours un pour en profiter et recommencer. Ce comportement est hélas inscrit dans le Genre Humain.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mardi 23 octobre 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 24 octobre 2012
L’est et l’ouest lausannois
Denis Pittet, journaliste *
Je ne sais pas si c’est un à-priori, mais tous mes amis lausannois avec qui j’ai discuté du propos qui va suivre le partagent globalement. Le grand Lausanne s’étend en gros de Lutry à l’est jusqu’aux portes de Morges à l’ouest. (N’allez pas dire à un Morgien qu’il est Lausannois… ni à un Singe – surnom des habitants de Lutry qu’il pourrait l’être). Mais il existe une ligne de partage beaucoup plus subtile dans la capitale vaudoise.
Imaginez-vous placés à Ouchy, regardant vers le nord, la ville de Lausanne devant vous. La ligne de partage dont je parle «monte» pratiquement en ligne droite pour se terminer dans les Bois de Sauvablin. Ce n’est pas pour rien qu’on parle d’ailleurs d’est lausannois et d’ouest lausannois. Ayant oublié de faire la géographie à l’Université, je crois pourtant savoir qu’une constante se retrouve souvent dans les grands centres urbains : les banlieues industrielles sont souvent placées à l’ouest des villes. Je ne sais pas pourquoi.
Mais détaillons les endroits «frontières » de Lausanne en traversant la ville d’est en ouest. Le quartier de la Sallaz est à l’est, le quartier de Bellevaux clairement à l’ouest. Au centre ville, l’ouest commence au bout de la place Chauderon avec tout ce qui est à l’ouest du pont du même nom. Le Palais de Beaulieu appartient déjà à l’ouest. La place de Milan fait aussi office de frontière. La Blécherette est un cas à part, car elle est au nord. Idem pour la région de Vidy qui est au «sud», alors qu’en fait elle est à l’ouest.
Vous avez perdu la boussole ? Pas grave. Posé le principe de cette séparation de la ville en deux, il faut se demander si c’est un pur concept théorique. Ma réponse est non. Ayant grandi dans l’est lausannois, il m’a fallu des années pour dépasser les frontières de l’ouest. A l’inverse, il a fallu des années aussi pour que mes futurs amis de l’ouest fassent le mouvement inverse. C’est une raison mystérieuse qui préside à cette «séparation» de Lausanne en deux moitiés.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Je ne sais pas si c’est un à-priori, mais tous mes amis lausannois avec qui j’ai discuté du propos qui va suivre le partagent globalement. Le grand Lausanne s’étend en gros de Lutry à l’est jusqu’aux portes de Morges à l’ouest. (N’allez pas dire à un Morgien qu’il est Lausannois… ni à un Singe – surnom des habitants de Lutry qu’il pourrait l’être). Mais il existe une ligne de partage beaucoup plus subtile dans la capitale vaudoise.
Imaginez-vous placés à Ouchy, regardant vers le nord, la ville de Lausanne devant vous. La ligne de partage dont je parle «monte» pratiquement en ligne droite pour se terminer dans les Bois de Sauvablin. Ce n’est pas pour rien qu’on parle d’ailleurs d’est lausannois et d’ouest lausannois. Ayant oublié de faire la géographie à l’Université, je crois pourtant savoir qu’une constante se retrouve souvent dans les grands centres urbains : les banlieues industrielles sont souvent placées à l’ouest des villes. Je ne sais pas pourquoi.
Mais détaillons les endroits «frontières » de Lausanne en traversant la ville d’est en ouest. Le quartier de la Sallaz est à l’est, le quartier de Bellevaux clairement à l’ouest. Au centre ville, l’ouest commence au bout de la place Chauderon avec tout ce qui est à l’ouest du pont du même nom. Le Palais de Beaulieu appartient déjà à l’ouest. La place de Milan fait aussi office de frontière. La Blécherette est un cas à part, car elle est au nord. Idem pour la région de Vidy qui est au «sud», alors qu’en fait elle est à l’ouest.
Vous avez perdu la boussole ? Pas grave. Posé le principe de cette séparation de la ville en deux, il faut se demander si c’est un pur concept théorique. Ma réponse est non. Ayant grandi dans l’est lausannois, il m’a fallu des années pour dépasser les frontières de l’ouest. A l’inverse, il a fallu des années aussi pour que mes futurs amis de l’ouest fassent le mouvement inverse. C’est une raison mystérieuse qui préside à cette «séparation» de Lausanne en deux moitiés.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 10 octobre 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 10 octobre 2012
Le Chablais et les temps obscurs
Denis Pittet, journaliste *
En des temps obscurs, le Chablais était une région atroce. Il faut le dire. Des marais pestilentiels abritaient des monstres marins tels que grenouilles vertes géantes qui gobaient d’un coup d’un seul les rares enfants qui avaient survécu à leur naissance. Des moustiques de près d’un mètre d’envergure survolaient la zone, répandant la malaria, qui finissait de tuer les rares adultes souffrant d’un goitre. Un fleuve monstrueux nommé Rhodanusia étendait au hasard ses tentacules gigantesques dans cette plaine où le soleil ne brillait jamais et noyait les bâtisses en bois pourri qui abritaient les rares habitants. Parfois, des pans entiers de montagnes s’abattaient dans la plaine, créant des séismes catastrophique. C’était le Chablais.
Plus tard et sans entrer dans la Vérité historique, on dira que pêle-mêle s’y sont affrontés des Romains, des Burgondes, des Francs, des Savoyards, puis des Bernois, des Valaisans et des Vaudois, avec plus ou moins de succès. Il faudra attendre environ 1860 pour que soient entreprises les premières corrections du Rhodanusia et qu’enfin, les termes rives gauche et rive droite prennent une réelle signification, le fleuve ayant cessé de se tortiller. Et par un hasard de circonstance, le Valais occupera la rive gauche jusqu’au Léman, faisant face à son puissant voisin, le canton de Vaud.
Aujourd’hui, le Chablais se porte un peu mieux. Il y fait parfois beau et surtout la H144 dite «Transchablaisienne» (quand même, 4,2 km, ça fait presque comme la Transaharienne) va offrir son bitume aux véhicules dès le 8 novembre. Une sacrée bonne nouvelle, comme on les aime. Il faut tout de même se souvenir que cette route a été prévue dans l'arrêté du Conseil fédéral du …17 mars 1961! L’autre bonne nouvelle qui réjouit nos âmes et montre que l’Homme a surmonté les éléments, c’est que près de 10'000 personnes ont visité le chantier samedi. Un pont de plus sur le Rhône entre Vaud et Valais ? Un miracle auréolé d’un symbole majeur.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
En des temps obscurs, le Chablais était une région atroce. Il faut le dire. Des marais pestilentiels abritaient des monstres marins tels que grenouilles vertes géantes qui gobaient d’un coup d’un seul les rares enfants qui avaient survécu à leur naissance. Des moustiques de près d’un mètre d’envergure survolaient la zone, répandant la malaria, qui finissait de tuer les rares adultes souffrant d’un goitre. Un fleuve monstrueux nommé Rhodanusia étendait au hasard ses tentacules gigantesques dans cette plaine où le soleil ne brillait jamais et noyait les bâtisses en bois pourri qui abritaient les rares habitants. Parfois, des pans entiers de montagnes s’abattaient dans la plaine, créant des séismes catastrophique. C’était le Chablais.
Plus tard et sans entrer dans la Vérité historique, on dira que pêle-mêle s’y sont affrontés des Romains, des Burgondes, des Francs, des Savoyards, puis des Bernois, des Valaisans et des Vaudois, avec plus ou moins de succès. Il faudra attendre environ 1860 pour que soient entreprises les premières corrections du Rhodanusia et qu’enfin, les termes rives gauche et rive droite prennent une réelle signification, le fleuve ayant cessé de se tortiller. Et par un hasard de circonstance, le Valais occupera la rive gauche jusqu’au Léman, faisant face à son puissant voisin, le canton de Vaud.
Aujourd’hui, le Chablais se porte un peu mieux. Il y fait parfois beau et surtout la H144 dite «Transchablaisienne» (quand même, 4,2 km, ça fait presque comme la Transaharienne) va offrir son bitume aux véhicules dès le 8 novembre. Une sacrée bonne nouvelle, comme on les aime. Il faut tout de même se souvenir que cette route a été prévue dans l'arrêté du Conseil fédéral du …17 mars 1961! L’autre bonne nouvelle qui réjouit nos âmes et montre que l’Homme a surmonté les éléments, c’est que près de 10'000 personnes ont visité le chantier samedi. Un pont de plus sur le Rhône entre Vaud et Valais ? Un miracle auréolé d’un symbole majeur.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 26 septembre 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 26 septembre
Question à deux balles
Denis Pittet, journaliste *
La vie est ainsi faite qu’il vaut parfois la peine de (re)mettre les choses en perspective. Le canton de Neuchâtel vit un petit séisme politique avec, ce dimanche 23 septembre, le refus en votation populaire du projet à 919 millions «TransRUN». Le Haut et le Bas sont séparés, les villes et la campagne ne se comprennent plus et le Conseil d’Etat est malmené au terme d’une législature que d’aucuns ont qualifié sans hésiter de «rocambolesque». Les analystes discernent une image de marque du canton ternie et, plus loin, le risque de voir les mannes fédérales s’éloigner en cas de nouveau(x) projet(s)…
Mettre en perspective disions-nous ? J’ai une question à deux balles à vous poser. En quelle année et à quelle période a été inauguré le M2 à Lausanne ? Pas si facile, hein ? Deux ans, trois ? Le temps passe vite. C’était le jeudi 18 septembre 2008! Soit il y a déjà quatre ans, et presque jour pour jour après le refus neuchâtelois. C’est assez symbolique, tout ça. Après le M1 destiné à relier l’Université et l’EPFL à la Ville (1991), le M2 a créé dans le canton de Vaud une émulation forte. Les Vaudois en acceptent le principe par 62% de «oui» en 2002. Les travaux débutent le 17 juin 2004. Le premier métro automatique sur pneus de Suisse offre six kilomètres de parcours, 3,4 km de tunnels, 2 km de tranchées couvertes, 14 stations et 25 millions de passagers attendus par année. Coût : 736 millions de francs. On rappellera aussi pour l’anecdote «le trou de St Laurent» lorsque la place s’effondre suite à une inondation dans le chantier, le 22 février 2005. Le M2 est une réalisation perfectionniste (sécurité, doubles portes, etc.) et rapidement victime de son succès. Personne aujourd’hui dans le canton de Vaud ne remettrait en cause sa construction. Tout le monde pense même qu’il a toujours existé…
Mise en perspective, fin. A Lausanne se dessine le projet de M3, ancré dans un projet majeur qui vient d’être redimensionné à la baisse : « Métamorphose». Berne dira ses subventions en 2013. Mais dans le canton de Vaud, les «trains» ont le trend et les feux sont au vert…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
La vie est ainsi faite qu’il vaut parfois la peine de (re)mettre les choses en perspective. Le canton de Neuchâtel vit un petit séisme politique avec, ce dimanche 23 septembre, le refus en votation populaire du projet à 919 millions «TransRUN». Le Haut et le Bas sont séparés, les villes et la campagne ne se comprennent plus et le Conseil d’Etat est malmené au terme d’une législature que d’aucuns ont qualifié sans hésiter de «rocambolesque». Les analystes discernent une image de marque du canton ternie et, plus loin, le risque de voir les mannes fédérales s’éloigner en cas de nouveau(x) projet(s)…
Mettre en perspective disions-nous ? J’ai une question à deux balles à vous poser. En quelle année et à quelle période a été inauguré le M2 à Lausanne ? Pas si facile, hein ? Deux ans, trois ? Le temps passe vite. C’était le jeudi 18 septembre 2008! Soit il y a déjà quatre ans, et presque jour pour jour après le refus neuchâtelois. C’est assez symbolique, tout ça. Après le M1 destiné à relier l’Université et l’EPFL à la Ville (1991), le M2 a créé dans le canton de Vaud une émulation forte. Les Vaudois en acceptent le principe par 62% de «oui» en 2002. Les travaux débutent le 17 juin 2004. Le premier métro automatique sur pneus de Suisse offre six kilomètres de parcours, 3,4 km de tunnels, 2 km de tranchées couvertes, 14 stations et 25 millions de passagers attendus par année. Coût : 736 millions de francs. On rappellera aussi pour l’anecdote «le trou de St Laurent» lorsque la place s’effondre suite à une inondation dans le chantier, le 22 février 2005. Le M2 est une réalisation perfectionniste (sécurité, doubles portes, etc.) et rapidement victime de son succès. Personne aujourd’hui dans le canton de Vaud ne remettrait en cause sa construction. Tout le monde pense même qu’il a toujours existé…
Mise en perspective, fin. A Lausanne se dessine le projet de M3, ancré dans un projet majeur qui vient d’être redimensionné à la baisse : « Métamorphose». Berne dira ses subventions en 2013. Mais dans le canton de Vaud, les «trains» ont le trend et les feux sont au vert…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
vendredi 21 septembre 2012
Chronique du Nouvelliste du vendredi 21 septembre 2012
L'actu n'a ni mode, ni âge
Denis Pittet, journaliste *
Je vous conseille vivement de visionner sur le site internet des archives de la RTS l’incroyable reportage diffusé le 16 novembre 1961 - commenté par Guy Ackermann – et consacré au chantier de l’autoroute A1 entre Genève et Lausanne. Parce que c’est juste magique. La première séquence prise d’hélicoptère montre le ruban se dessinant au milieu de champs pratiquement vides! 1961, ce n’est pas si vieux : 51 ans. Mais comme tout a changé en ce demi-siècle…
Le 29 décembre 1964, la TSR d’alors consacre un autre reportage tout aussi magique: comment circuler sur une autoroute ? On y parle «d’intense circulation» et on y voit 3 bagnoles qui ne se courent même pas après…On y voit – véridique – un type sortir tranquillement de l’autoroute en empruntant une… entrée à contre-sens On y parle des inconscient qui roulent à 30 mètres de la voiture les précédant… Le chef de la circulation de l’autoroute d’alors analyse le comportement des usagers et donne ses bons conseils.
Septembre 2012. A très peu de choses près, et le tracé et les gabarits de l’A1 sont encore ceux de 1961. Mais le ruban est légèrement entouré de constructions ( !) et les 3 bagnoles sont devenues 3000. Seules trois pistes ont été aménagées entre Vennes et Villars-Ste Croix et la possibilité de rouler sur la bande d’arrêt d’urgence dans le secteur de Morges a été ajoutée.
Un des gros problèmes des conducteurs vaudois est qu’ils adorent rouler à gauche. Allez savoir pourquoi. Un Vaudois à 110km/h sur la piste de gauche est un bon Vaudois. Dans sa tête en tout cas. Les 400 autres qui s’empilent derrière rient jaunes. Et naissent ainsi les interminables bouchons assortis des accrochages qui font le bonheur journalier des utilisateurs de l’A1 en 2012.
Moi je dis: tout cela mériterait la rediffusion en urgence de l’émission du 29 décembre 1964. L’actu n’a ni mode, ni âge.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Je vous conseille vivement de visionner sur le site internet des archives de la RTS l’incroyable reportage diffusé le 16 novembre 1961 - commenté par Guy Ackermann – et consacré au chantier de l’autoroute A1 entre Genève et Lausanne. Parce que c’est juste magique. La première séquence prise d’hélicoptère montre le ruban se dessinant au milieu de champs pratiquement vides! 1961, ce n’est pas si vieux : 51 ans. Mais comme tout a changé en ce demi-siècle…
Le 29 décembre 1964, la TSR d’alors consacre un autre reportage tout aussi magique: comment circuler sur une autoroute ? On y parle «d’intense circulation» et on y voit 3 bagnoles qui ne se courent même pas après…On y voit – véridique – un type sortir tranquillement de l’autoroute en empruntant une… entrée à contre-sens On y parle des inconscient qui roulent à 30 mètres de la voiture les précédant… Le chef de la circulation de l’autoroute d’alors analyse le comportement des usagers et donne ses bons conseils.
Septembre 2012. A très peu de choses près, et le tracé et les gabarits de l’A1 sont encore ceux de 1961. Mais le ruban est légèrement entouré de constructions ( !) et les 3 bagnoles sont devenues 3000. Seules trois pistes ont été aménagées entre Vennes et Villars-Ste Croix et la possibilité de rouler sur la bande d’arrêt d’urgence dans le secteur de Morges a été ajoutée.
Un des gros problèmes des conducteurs vaudois est qu’ils adorent rouler à gauche. Allez savoir pourquoi. Un Vaudois à 110km/h sur la piste de gauche est un bon Vaudois. Dans sa tête en tout cas. Les 400 autres qui s’empilent derrière rient jaunes. Et naissent ainsi les interminables bouchons assortis des accrochages qui font le bonheur journalier des utilisateurs de l’A1 en 2012.
Moi je dis: tout cela mériterait la rediffusion en urgence de l’émission du 29 décembre 1964. L’actu n’a ni mode, ni âge.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 22 août 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 22 août 2012
Fin août
Denis Pittet, journaliste *
Nous voilà déjà à la fin du mois d’août. A cette époque et pour une raison que j’ignore – mais je l’ai pratiquement toujours vécu depuis mon enfance, de différentes manières il est vrai – les Vaudois ont coutume de dire : «Voilà, voilà, déjà fin août, la lumière change, dans un mois le Comptoir, puis le cirque et Noël».
J’avais une collègue avec qui pendant des années nous arrivions un matin à la rédaction, nous nous regardions avec un sourire entendu et nous disions «T’as vu, la lumière a changé». Et c’est vrai. Sans exception et tôt ou tard, entre le 10 et le 25 août, un jour, la lumière change et on bascule dans l’automne. La canicule de cette semaine n’y changera rien. Et ce changement de lumière n’empêche pas de splendides journées en septembre et souvent en octobre aussi…
Du 14 au 23 septembre, le Palais de Beaulieu accueillera donc le 93e (!) Comptoir suisse, appelé aussi - mais moins souvent - «Foire de Lausanne». Ce rendez-vous immuable ancre, comme le changement de lumière, un point de repère dans l’inconscient des Vaudois. La manifestation a énormément évolué depuis 25 ans, mais elle reste «un point unique de rencontre entre la ville et la campagne». Caves, dégustations, animaux, fondue ou invités d’honneur pour ne citer que ces aspects, le Comptoir reste un monument sur lequel quelques sociologues feraient bien de sérieusement se pencher.
Le Cirque Knie suit donc enfin cette trilogie, tout aussi immuablement. Il nous fait passer de septembre à octobre (27 septembre-10 octobre cette année), avec son zoo et le traditionnel bain des éléphants dans le Léman sur la plage de Bellerive.
Le cirque ayant fait ses bagages, un dernier sursaut de Vie a lieu avec les vendanges et les différentes Fêtes qui les accompagnent dans le canton. Puis on entre en léthargie.
Voilà. Je ne voulais pas vous «casser» en cette magnifique semaine, mais malgré ce temps et cette chaleur, je suis obligé de vous dire non sans un petit sourire «bienvenue en automne ». Na!
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Nous voilà déjà à la fin du mois d’août. A cette époque et pour une raison que j’ignore – mais je l’ai pratiquement toujours vécu depuis mon enfance, de différentes manières il est vrai – les Vaudois ont coutume de dire : «Voilà, voilà, déjà fin août, la lumière change, dans un mois le Comptoir, puis le cirque et Noël».
J’avais une collègue avec qui pendant des années nous arrivions un matin à la rédaction, nous nous regardions avec un sourire entendu et nous disions «T’as vu, la lumière a changé». Et c’est vrai. Sans exception et tôt ou tard, entre le 10 et le 25 août, un jour, la lumière change et on bascule dans l’automne. La canicule de cette semaine n’y changera rien. Et ce changement de lumière n’empêche pas de splendides journées en septembre et souvent en octobre aussi…
Du 14 au 23 septembre, le Palais de Beaulieu accueillera donc le 93e (!) Comptoir suisse, appelé aussi - mais moins souvent - «Foire de Lausanne». Ce rendez-vous immuable ancre, comme le changement de lumière, un point de repère dans l’inconscient des Vaudois. La manifestation a énormément évolué depuis 25 ans, mais elle reste «un point unique de rencontre entre la ville et la campagne». Caves, dégustations, animaux, fondue ou invités d’honneur pour ne citer que ces aspects, le Comptoir reste un monument sur lequel quelques sociologues feraient bien de sérieusement se pencher.
Le Cirque Knie suit donc enfin cette trilogie, tout aussi immuablement. Il nous fait passer de septembre à octobre (27 septembre-10 octobre cette année), avec son zoo et le traditionnel bain des éléphants dans le Léman sur la plage de Bellerive.
Le cirque ayant fait ses bagages, un dernier sursaut de Vie a lieu avec les vendanges et les différentes Fêtes qui les accompagnent dans le canton. Puis on entre en léthargie.
Voilà. Je ne voulais pas vous «casser» en cette magnifique semaine, mais malgré ce temps et cette chaleur, je suis obligé de vous dire non sans un petit sourire «bienvenue en automne ». Na!
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
jeudi 9 août 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 8 août 2012
La Blécherette
Denis Pittet, journaliste *
Parmi les lieux symboliques et chers aux Vaudois et particulièrement aux Lausannois figure l’aéroport de la Blécherette. Le visiteur d’un jour de la capitale vaudoise devrait y faire un saut et observer le ballet des avions depuis la terrasse du nouveau restaurant inauguré en 2005.
Lausanne et la Blécherette, c’est une véritable histoire d’amour, qui failli se terminer le 21 juin 1992 : la Municipalité d’alors souhaitait la fermeture définitive de la place. Mais la population, par voie de référendum, décida à la majorité de 60%, qu’il fallait laisser vivre l’aéroport. A l’époque, le combat fut homérique entre partisans et opposants, les premiers voulant à la fois conserver ce qu’ils considéraient comme un patrimoine et une installation utile au développement touristique et économique de la région, les seconds y voyant une source de nuisances sonores et la potentielle utilisation des terrains qui auraient été libérés pour du logement. Il est d’ailleurs piquant de constater que 20 ans plus tard, l’aérodrome est toujours là, comme existe le projet «Métamorphose» qui prévoit notamment la création d’un éco-quartier aux alentours de la place d’aviation.
Il faut se souvenir que la Blécherette est le plus ancien aéroport de Suisse toujours en service. On a fêté ses 100 ans en 2011. En 1916 s’y était ouverte la première école de pilotage de Suisse. Et dans les années 30, on volait depuis Lausanne vers Barcelone ou Berlin… La Blécherette a connu des meetings aériens mémorables, dont celui de fin août 2005 pour les 100 ans de la Fédération internationale aéronautique, où plus de 70'000 personnes avaient envahi la place.
Il faut enfin savoir que «La Blécherette» est aussi synonyme pour des dizaines de milliers de Vaudois du passage du permis de conduire et des expertises de voitures. En effet, depuis la nuit des temps, le service des automobiles – connu sous le même nom que l’aéroport – lui fait face de l’autre côté de l’avenue du Grey.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Parmi les lieux symboliques et chers aux Vaudois et particulièrement aux Lausannois figure l’aéroport de la Blécherette. Le visiteur d’un jour de la capitale vaudoise devrait y faire un saut et observer le ballet des avions depuis la terrasse du nouveau restaurant inauguré en 2005.
Lausanne et la Blécherette, c’est une véritable histoire d’amour, qui failli se terminer le 21 juin 1992 : la Municipalité d’alors souhaitait la fermeture définitive de la place. Mais la population, par voie de référendum, décida à la majorité de 60%, qu’il fallait laisser vivre l’aéroport. A l’époque, le combat fut homérique entre partisans et opposants, les premiers voulant à la fois conserver ce qu’ils considéraient comme un patrimoine et une installation utile au développement touristique et économique de la région, les seconds y voyant une source de nuisances sonores et la potentielle utilisation des terrains qui auraient été libérés pour du logement. Il est d’ailleurs piquant de constater que 20 ans plus tard, l’aérodrome est toujours là, comme existe le projet «Métamorphose» qui prévoit notamment la création d’un éco-quartier aux alentours de la place d’aviation.
Il faut se souvenir que la Blécherette est le plus ancien aéroport de Suisse toujours en service. On a fêté ses 100 ans en 2011. En 1916 s’y était ouverte la première école de pilotage de Suisse. Et dans les années 30, on volait depuis Lausanne vers Barcelone ou Berlin… La Blécherette a connu des meetings aériens mémorables, dont celui de fin août 2005 pour les 100 ans de la Fédération internationale aéronautique, où plus de 70'000 personnes avaient envahi la place.
Il faut enfin savoir que «La Blécherette» est aussi synonyme pour des dizaines de milliers de Vaudois du passage du permis de conduire et des expertises de voitures. En effet, depuis la nuit des temps, le service des automobiles – connu sous le même nom que l’aéroport – lui fait face de l’autre côté de l’avenue du Grey.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
lundi 30 juillet 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 25 juillet 2012
Quand on parle olympisme
Denis Pittet, journaliste *
Dans deux jours, les Jeux olympiques de Londres seront ouverts. Le milliard de téléspectateurs attendu devrait en prendre plein la vue. Les 10’490 athlètes qui défileront dans l’arène olympique aussi. Parmi eux, 102 champions helvétiques. Et les centaines de milliers de spectateurs seront encore à la fête d’un été 2012 particulièrement sportif.
L’arrivée des Jeux m’a fait remonter questions et souvenirs. Quelle ville en Suisse a-t-elle abrité les Jeux ? St Moritz, et deux fois, en 1928 et 1948. Pour les Valaisans et Sion, tout le monde se souvient de ce samedi noir du 19 juin 1999, où j’ai vécu avec des milliers d’autres le moment où Juan Antonio Samaranch a annoncé en direct depuis Séoul sur un écran géant -et non sans confusion - la victoire de Turin pour les JO de 2006. On se souvient moins que Sion avait été candidate en 1968 déjà, en 1970 et en 2002.
L’histoire de Lausanne et du CIO est encore plus complexe. Chacun sait que depuis le 5 décembre 1993, la ville a été faite «Capitale olympique». Une cérémonie sobre dans un salon de la Villa de Mon-Repos un dimanche soir. J’y étais. Ce que l’on sait moins et par rapport aux candidatures de Lausanne, c’est que ce ne sont pas moins de 6 tentatives qui ont été déposées : pour les Jeux de 1960 où Lausanne finit deuxième derrière Rome, mais aussi pour les Jeux de 1936, de 1944 (annulés), de 1948 et de 1952. La sixième et dernière candidature sera la plus «dramatique»: au terme d’une campagne terrible, le 26 juin 1988, les Lausannois refusent lors d’un référendum la responsabilité financière solidaire de la candidature pour les Jeux d’hiver de 1994, «contre» les stations des Alpes vaudoises. Un vote qui laissera des traces pour de nombreuses années. C’est Lillehammer qui passera.
Dernière question et pas des moindres: pourquoi le stade de la Pontaise s’appelle-t-il stade olympique? J’ai cherché la réponse des heures. Par excès de confiance et en prévision d’accueillir les Jeux un jour ? Peut-être. Mais surtout parce que la Pontaise a été inaugurée les 22 et 23 mai 1954 et que cette année là marquait le 60e anniversaire de la rénovation des Jeux olympiques.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Dans deux jours, les Jeux olympiques de Londres seront ouverts. Le milliard de téléspectateurs attendu devrait en prendre plein la vue. Les 10’490 athlètes qui défileront dans l’arène olympique aussi. Parmi eux, 102 champions helvétiques. Et les centaines de milliers de spectateurs seront encore à la fête d’un été 2012 particulièrement sportif.
L’arrivée des Jeux m’a fait remonter questions et souvenirs. Quelle ville en Suisse a-t-elle abrité les Jeux ? St Moritz, et deux fois, en 1928 et 1948. Pour les Valaisans et Sion, tout le monde se souvient de ce samedi noir du 19 juin 1999, où j’ai vécu avec des milliers d’autres le moment où Juan Antonio Samaranch a annoncé en direct depuis Séoul sur un écran géant -et non sans confusion - la victoire de Turin pour les JO de 2006. On se souvient moins que Sion avait été candidate en 1968 déjà, en 1970 et en 2002.
L’histoire de Lausanne et du CIO est encore plus complexe. Chacun sait que depuis le 5 décembre 1993, la ville a été faite «Capitale olympique». Une cérémonie sobre dans un salon de la Villa de Mon-Repos un dimanche soir. J’y étais. Ce que l’on sait moins et par rapport aux candidatures de Lausanne, c’est que ce ne sont pas moins de 6 tentatives qui ont été déposées : pour les Jeux de 1960 où Lausanne finit deuxième derrière Rome, mais aussi pour les Jeux de 1936, de 1944 (annulés), de 1948 et de 1952. La sixième et dernière candidature sera la plus «dramatique»: au terme d’une campagne terrible, le 26 juin 1988, les Lausannois refusent lors d’un référendum la responsabilité financière solidaire de la candidature pour les Jeux d’hiver de 1994, «contre» les stations des Alpes vaudoises. Un vote qui laissera des traces pour de nombreuses années. C’est Lillehammer qui passera.
Dernière question et pas des moindres: pourquoi le stade de la Pontaise s’appelle-t-il stade olympique? J’ai cherché la réponse des heures. Par excès de confiance et en prévision d’accueillir les Jeux un jour ? Peut-être. Mais surtout parce que la Pontaise a été inaugurée les 22 et 23 mai 1954 et que cette année là marquait le 60e anniversaire de la rénovation des Jeux olympiques.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
lundi 16 juillet 2012
Bellerive-plage fête ses 75 ans
Denis Pittet, journaliste *
Le 10 juillet 1937 est inaugurée la plage de Bellerive. Septante-cinq ans jour pour jour. A Lausanne et pour les Lausannois, la plage de Bellerive est un lieu mythique et de rassemblement. Sans doute cet espace de près de 75'000 mètres carrés est-il unique en Europe. Et je ne serai pas loin de parier que pratiquement au moins une fois dans leur vie, tous les enfants de la région lausannoise y ont mis le pied. A celles et ceux qui ne connaissent pas l’endroit, je conseille vivement de s’y arrêter un jour d’été.
Pour faire bref, l’ensemble a été construit de 1936 à 1937 sous l’égide d’une municipalité de gauche et dans un contexte de crise économique. En 1961, en comblant le lac, la surface passe de 17'500 mètres carrés à la surface d’aujourd’hui.
Ma tête fourmille de souvenirs. Et que des beaux. J’y ai passé tous mes étés de 12 à 23 ans à peu près. Avec mes copains et mes copines. Bellerive, c’était le fameux plongeoir des dix mètres. Chaque après-midi, le gardien y montait et ceux qui étaient en haut devaient sauter… Enfin, c’est ce que dit la légende. Quand cela arrivait, on était des dizaines à s’asseoir au bord du bassin et à regarder le spectacle. La légende disait aussi qu’un gars – une fois – avait pris un énorme «plat» et était mort. Bellerive, c’était le ping-pong des heures durant. La terrasse du solarium, où apparurent les premiers seins nus et quelques émois. C’était les pyramides dans l’eau, où on était jusqu’à 8 à essayer de monter le plus haut possible. Des fins de saisons tardives, où comme ce dimanche 9 septembre 1973, je regardais s’éloigner Véronique…
Bellerive aura aussi été les heures et les heures passées à jouer au 2-2 au volley, avec Romain. On formait une équipe redoutable. Les gagnants restaient sur le terrain jusqu’à ce que mort s’ensuive. On est morts souvent. Mais de bonheur. Ma maman, aujourd’hui âgée de 85 ans, y allait déjà. Et je suis bien sûr que ces histoires devenues très vieilles pour moi sont encore vécues aujourd’hui par d’autres. Et c’est bien.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Le 10 juillet 1937 est inaugurée la plage de Bellerive. Septante-cinq ans jour pour jour. A Lausanne et pour les Lausannois, la plage de Bellerive est un lieu mythique et de rassemblement. Sans doute cet espace de près de 75'000 mètres carrés est-il unique en Europe. Et je ne serai pas loin de parier que pratiquement au moins une fois dans leur vie, tous les enfants de la région lausannoise y ont mis le pied. A celles et ceux qui ne connaissent pas l’endroit, je conseille vivement de s’y arrêter un jour d’été.
Pour faire bref, l’ensemble a été construit de 1936 à 1937 sous l’égide d’une municipalité de gauche et dans un contexte de crise économique. En 1961, en comblant le lac, la surface passe de 17'500 mètres carrés à la surface d’aujourd’hui.
Ma tête fourmille de souvenirs. Et que des beaux. J’y ai passé tous mes étés de 12 à 23 ans à peu près. Avec mes copains et mes copines. Bellerive, c’était le fameux plongeoir des dix mètres. Chaque après-midi, le gardien y montait et ceux qui étaient en haut devaient sauter… Enfin, c’est ce que dit la légende. Quand cela arrivait, on était des dizaines à s’asseoir au bord du bassin et à regarder le spectacle. La légende disait aussi qu’un gars – une fois – avait pris un énorme «plat» et était mort. Bellerive, c’était le ping-pong des heures durant. La terrasse du solarium, où apparurent les premiers seins nus et quelques émois. C’était les pyramides dans l’eau, où on était jusqu’à 8 à essayer de monter le plus haut possible. Des fins de saisons tardives, où comme ce dimanche 9 septembre 1973, je regardais s’éloigner Véronique…
Bellerive aura aussi été les heures et les heures passées à jouer au 2-2 au volley, avec Romain. On formait une équipe redoutable. Les gagnants restaient sur le terrain jusqu’à ce que mort s’ensuive. On est morts souvent. Mais de bonheur. Ma maman, aujourd’hui âgée de 85 ans, y allait déjà. Et je suis bien sûr que ces histoires devenues très vieilles pour moi sont encore vécues aujourd’hui par d’autres. Et c’est bien.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 27 juin 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 27 juin 2012
Hommage à Roland Schlaefli
Denis Pittet, journaliste *
Roland Schlaefli – décédé à l’âge de 84 ans le samedi 16 juin dernier – était un monument. Pour ceux qui l’ignorent, il était photographe de presse et l’aura été de 1949 – il a alors 21 ans - jusqu’à sa mort. Car bien après sa «retraite» officielle en 2000, on le croisait toujours aux manifestations qu’il avait eu l’habitude de couvrir durant plus d’un demi-siècle.
Roland Schlaefli était pratiquement toujours habillé d’un costume gris un peu dépareillé, parfois assorti d’un gilet et toujours d’une cravate. Il avait autour du cou ses appareils, souvent un Leica et parfois deux Nikon. Ainsi paré, il savait et pouvait se glisser partout discrètement sans se faire remarquer, ce qui est déjà la marque des grands photographes de presse. Même sans accréditation, Schlaefli passait. Il passait car il connaissait aussi tout le monde. Il parlait un peu de manière saccadée et avait toujours mille histoires à raconter. Le 27 avril 2011, le Tour de Romandie a passé par Chexbres et Schlaefli était là. Incroyable. Il était tout fier, accompagné de ses petits-enfants et son appareil autour du cou, au bon endroit pour faire encore une fois la bonne photo. Il était tout content et tout fier.
Roland Schlaefli fonde en 1954 l’agence ASL (Actualités suisse Lausanne), qui devient un véritable label. ASL fournit toute la presse suisse en images de sport, de politique, parfois de la vie quotidienne. Schlaefli parcourt aussi le monde. Sa production est immense : plus de 6 millions de négatifs et près de 600'000 diapositives. Un trésor national. «C’est la vie. Photos de presse depuis 1940», après Zürich, sera présentée au Musée national du Château de Prangins du 16 novembre de cette année au 19 mai 2013. On y verra une partie des photos d’ASL. Il faudra y aller.
Un jour, Schlaefli, croisé au coin de l’avenue de la Gare à Lausanne, m’avait dit le souci qu’il se faisait pour ses archives. Depuis 2006, elles ont rejoint le Musée national suisse et sont donc à l’abri. Une première exposition en est déjà issue. Mais il faudrait passer des mois et des mois pour dénicher les trésors incroyables qui existent sur ces négatifs désormais d’un autre temps…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 13 juin 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 13 juin 2012
Histoires de vélos
Denis Pittet, journaliste *
J’aime bien le vélo et les vélos. Jeune, j’en faisais pas mal. Je partais d’Epalinges et m’aventurais sur mes «boucles». Totalement maniaque comme tout cycliste qui se respecte, j’en connaissais la distance au mètre près (sans GPS à l’époque), le dénivelé des montées fameuses et où se trouvaient les fontaines marquée «eau potable». Je bouffais du sucre de raisin, portait une casquette car le casque n’était pas obligatoire et glissais entre grillons et champs de colza fin mai lorsque le jour baissait et quand il commençait à refaire frais. Car à cette époque, l’été existait encore. Devenu aujourd’hui plus vieux, plus bedonnant et plus grognon, j’aime toujours le vélo, mais dans ma tête et, évidemment, le vélo tel qu’on le pratiquait en 1973…
Aujourd’hui tout a changé. Oh, bien sûr, on croise toujours des vrais cyclistes dans les campagnes, mais on en croise d’autres dans les villes et c’est ici que les choses se gâtent sérieusement. La ville étant désormais engorgée, on a – vous le savez – fixé des règles très dures pour les usagers et créé plein de pistes pour les bus et pour les vélos. Plein de gens vont désormais à vélo en ville, par effet de mode, pour gagner du temps, par conviction écologique. Les vélos électriques fleurissent et j’adore voir monter de jolies pentes par des dames très dignes qui se tiennent très droites, avançant vite sans avoir l’air de fournir le moindre effort.
J’adore nettement moins les vélos qui foncent sur les trottoirs. Ceux qui roulent à contresens. Ceux qui déferlent dans les zones piétonnes. Ceux qui utilisent les passages piétons sur leur vélo: ont-ils la priorité? Ceux qui roulent à trois de front. Ceux qui zigzaguent dans les files. Ceux qui déferlent sur les pistes de bus et grillent les feux rouges. Tout ceux-là, il y en a beaucoup.
Alors, je me dis que c’est sans doute un effet de mode, une évolution du monde urbain et que les policiers zélés sont plus zélés à l’égard des voitures et des motos et moins zélés à l’égard des vélos. Et je repense (soupir) aux grillons et aux champs de colza.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
J’aime bien le vélo et les vélos. Jeune, j’en faisais pas mal. Je partais d’Epalinges et m’aventurais sur mes «boucles». Totalement maniaque comme tout cycliste qui se respecte, j’en connaissais la distance au mètre près (sans GPS à l’époque), le dénivelé des montées fameuses et où se trouvaient les fontaines marquée «eau potable». Je bouffais du sucre de raisin, portait une casquette car le casque n’était pas obligatoire et glissais entre grillons et champs de colza fin mai lorsque le jour baissait et quand il commençait à refaire frais. Car à cette époque, l’été existait encore. Devenu aujourd’hui plus vieux, plus bedonnant et plus grognon, j’aime toujours le vélo, mais dans ma tête et, évidemment, le vélo tel qu’on le pratiquait en 1973…
Aujourd’hui tout a changé. Oh, bien sûr, on croise toujours des vrais cyclistes dans les campagnes, mais on en croise d’autres dans les villes et c’est ici que les choses se gâtent sérieusement. La ville étant désormais engorgée, on a – vous le savez – fixé des règles très dures pour les usagers et créé plein de pistes pour les bus et pour les vélos. Plein de gens vont désormais à vélo en ville, par effet de mode, pour gagner du temps, par conviction écologique. Les vélos électriques fleurissent et j’adore voir monter de jolies pentes par des dames très dignes qui se tiennent très droites, avançant vite sans avoir l’air de fournir le moindre effort.
J’adore nettement moins les vélos qui foncent sur les trottoirs. Ceux qui roulent à contresens. Ceux qui déferlent dans les zones piétonnes. Ceux qui utilisent les passages piétons sur leur vélo: ont-ils la priorité? Ceux qui roulent à trois de front. Ceux qui zigzaguent dans les files. Ceux qui déferlent sur les pistes de bus et grillent les feux rouges. Tout ceux-là, il y en a beaucoup.
Alors, je me dis que c’est sans doute un effet de mode, une évolution du monde urbain et que les policiers zélés sont plus zélés à l’égard des voitures et des motos et moins zélés à l’égard des vélos. Et je repense (soupir) aux grillons et aux champs de colza.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 30 mai 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 30 mai 2012
De jolis coins cachés
Denis Pittet, journaliste *
Lausanne est parfois une ville étrange. Pour ceux qui la connaissent très bien et qui savent un peu que certaines tracasseries administratives existent comme partout d’ailleurs, il se produit parfois de petits miracles dont finalement on se fiche de savoir quelle bonne étoile a permis leur réalisation.
Nous sommes ici sur le terrain des petits coins à découvrir et des terrasses de bistrot. La ville regorge d’endroits aussi charmants que parfois désuets, mais il faut bien connaître et les trouver. Si vous venez à Lausanne et que vous voulez boire un verre dans un endroit atypique, nous vous conseillons donc «Bourg Plage». Promis-juré, je ne connais pas le patron et point de pub déguisée ici. Je n’ai d’ailleurs pas honte de déclarer que personnellement j’ai découvert l’endroit sous sa forme actuelle il y a peu. En fait, je crois que cette arche située sous le Pont Bessières du côté de la Cité a accueilli voici plusieurs années un «débordement» du Festival de la Cité pour une scène musicale. Puis, par je ne sais donc quel miracle, elle abrite désormais pour la sixième année consécutive du printemps à l’automne et par beau temps, une sorte de troquet complètement anachronique et décalé (sauf au niveau des prix).
L’arche est bâchée au nord et ouverte au sud. Le paysage est y très urbain et on y trinque à l’ombre du vénérable gymnase de la Cité, rue de la Mercerie. Les tables sont vieilles et disparates, comme les chaises d’ailleurs. Ce sont ces tables métalliques rouges ou bleues qu’on trouvait sur les terrasses avec des gravillons et des platanes, au bon vieux temps. Il y a deux-trois palmiers pour faire exotique-chic et il y a même un billard et un baby-foot. Tout ce mobilier disparate fini par fonctionner ensemble et donner au lieu une âme certaine.
Inutile de dire que passé 17h et par beau temps, une foule dense, hétéroclite, se voulant parfois branchée s’y presse comme des citrons en fin de vie.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Lausanne est parfois une ville étrange. Pour ceux qui la connaissent très bien et qui savent un peu que certaines tracasseries administratives existent comme partout d’ailleurs, il se produit parfois de petits miracles dont finalement on se fiche de savoir quelle bonne étoile a permis leur réalisation.
Nous sommes ici sur le terrain des petits coins à découvrir et des terrasses de bistrot. La ville regorge d’endroits aussi charmants que parfois désuets, mais il faut bien connaître et les trouver. Si vous venez à Lausanne et que vous voulez boire un verre dans un endroit atypique, nous vous conseillons donc «Bourg Plage». Promis-juré, je ne connais pas le patron et point de pub déguisée ici. Je n’ai d’ailleurs pas honte de déclarer que personnellement j’ai découvert l’endroit sous sa forme actuelle il y a peu. En fait, je crois que cette arche située sous le Pont Bessières du côté de la Cité a accueilli voici plusieurs années un «débordement» du Festival de la Cité pour une scène musicale. Puis, par je ne sais donc quel miracle, elle abrite désormais pour la sixième année consécutive du printemps à l’automne et par beau temps, une sorte de troquet complètement anachronique et décalé (sauf au niveau des prix).
L’arche est bâchée au nord et ouverte au sud. Le paysage est y très urbain et on y trinque à l’ombre du vénérable gymnase de la Cité, rue de la Mercerie. Les tables sont vieilles et disparates, comme les chaises d’ailleurs. Ce sont ces tables métalliques rouges ou bleues qu’on trouvait sur les terrasses avec des gravillons et des platanes, au bon vieux temps. Il y a deux-trois palmiers pour faire exotique-chic et il y a même un billard et un baby-foot. Tout ce mobilier disparate fini par fonctionner ensemble et donner au lieu une âme certaine.
Inutile de dire que passé 17h et par beau temps, une foule dense, hétéroclite, se voulant parfois branchée s’y presse comme des citrons en fin de vie.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 16 mai 2012
Emeute à Lausanne
Denis Pittet, journaliste *
Un fait divers s’est déroulé à l’aube dimanche matin à Lausanne. Pour le déroulement brut, résumons le communiqué de la police: «Une grosse bagarre a éclaté dans une foule de près de 200 individus dont au moins un possédait un Taser. La police (36 agents au total) a été accueillie avec des jets de bouteilles en verre. Les forces de l’ordre ont dû faire usage de spray au poivre et ont tiré une fois avec des balles en caoutchouc afin de disperser les fauteurs de trouble qui se sont alors dirigés vers la gare. Dans l’enceinte de cette dernière, les policiers ont dû à nouveau intervenir sur de nouvelles bagarres. La situation s’est calmée après le départ des trains. Personne n’a été blessé tant du côté des forces de l’ordre que du côté des fauteurs de trouble, il n’y a pas eu de dommages et il n’y a pas eu d’interpellation vu l’impossibilité de repérer les responsables des jets de bouteille dans une foule aussi conséquente».
La presse lundi matin nous propose les habituelles déclarations stéréotypées : « La violence contre les policiers est en augmentation ». «Face à 200 personnes, faut-il que l’on mobilise 150 policiers toutes les nuits ?». «Même si cet événement est unique, il demande réflexion». La gradation des versions ensuite : on parle de tessons de bouteilles, d’armes blanches, de taser, et d’au moins une arme à feu ( !). La police a tiré des balles en caoutchouc et utilisé des sprays au poivre. On a relevé des traces de sang…
Les questions enfin: Lausanne est-elle le Bronx? Pourquoi une bagarre dégénère-t-elle en violence contre la police? Pourquoi la police n’arrête personne? Les Taser sont-ils en vente libre à la Migros ? Si un voyou porte un Taser et a vraisemblablement été en boîte avant la bagarre, pourquoi ne fouille-t-on pas les personnes qui entrent en boîte? Enfin, maladresse générale ou Miracle : on parle de couteaux, d’armes à feu, de balles en caoutchouc, de taser, de tessons de bouteilles et personne n’est blessé ?!? Le fameux «Circulez, y’a rien à voir» prend décidemment ici une saveur légèrement nauséeuse. Et passent les trains…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
lundi 7 mai 2012
Chronique du Nouvelliste du 2 mai 2012
Lausanne bouge
Denis Pittet, journaliste *
Le mois d’avril est traditionnellement un mois «chargé» en événements pour Lausanne. Un des signes parmi tant d’autres qui révèlent cette agitation passagère mais importante sont les communiqués de presse de la police de Lausanne, qui, avec une impassibilité qui frise la zénitude totale, annoncent sans broncher que les deux tiers de la ville seront paralysés, impraticables aux voitures et parfois aussi aux piétons. Même les transports publics se voient parfois entravés. Seuls les métros échappent aux restrictions, car un coureur des 20 km de Lausanne sera toujours perdant contre une rame lancée à 60 km/h…
En cette année 2012, il y a donc eu d’abord le prologue du Tour de Romandie, le mardi 24 avril dans l’après-midi. Tout s’est bien passé et, bien sûr, il y a eu quelques bouchons sous gare, mais rien de grave.
Il y a eu ensuite samedi 28 les «20 km de Lausanne». Il y a plusieurs choses à dire sur cette manifestation. La première a eu lieu le 6 juin 1982 et en 2012, la 31ème édition s’est donc déroulée. Pourquoi s’appelle-t-elle les «20 km de Lausanne »? Parce que dès 1981, dans les milieux sportifs et olympiques de Lausanne, on songeait déjà à la création du Marathon de Lausanne, mais que dans l’immédiat avait été créé le «semi-marathon», donc les 20 kilomètres. Cette course unique dans son esprit et son tracé réunit des milliers de personnes et bénéficie à la fois d’un capital sympathie énorme, d’une aura et de la compétence de centaines de personnes – bénévoles en majorité - qui concourent à chaque reprise au succès magistral et pratiquement toujours salué par le soleil, comme cette année, de cette journée.
Enfin cette semaine (dès demain et jusqu’à dimanche) c’est le Carnaval de Lausanne qui bloque la ville. C’est la 28e édition! Au début, il s’appelait «Fête du Soleil». Ses créateurs avaient expliqué à l’époque vouloir se démarquer des carnavals hivernaux de février. Tout le monde avait trouvé cela bizarre. Près de 30 ans plus tard, le Carnaval – souvent décrié - est toujours là. Il attire en moyenne 60'000 personnes à Lausanne.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Le mois d’avril est traditionnellement un mois «chargé» en événements pour Lausanne. Un des signes parmi tant d’autres qui révèlent cette agitation passagère mais importante sont les communiqués de presse de la police de Lausanne, qui, avec une impassibilité qui frise la zénitude totale, annoncent sans broncher que les deux tiers de la ville seront paralysés, impraticables aux voitures et parfois aussi aux piétons. Même les transports publics se voient parfois entravés. Seuls les métros échappent aux restrictions, car un coureur des 20 km de Lausanne sera toujours perdant contre une rame lancée à 60 km/h…
En cette année 2012, il y a donc eu d’abord le prologue du Tour de Romandie, le mardi 24 avril dans l’après-midi. Tout s’est bien passé et, bien sûr, il y a eu quelques bouchons sous gare, mais rien de grave.
Il y a eu ensuite samedi 28 les «20 km de Lausanne». Il y a plusieurs choses à dire sur cette manifestation. La première a eu lieu le 6 juin 1982 et en 2012, la 31ème édition s’est donc déroulée. Pourquoi s’appelle-t-elle les «20 km de Lausanne »? Parce que dès 1981, dans les milieux sportifs et olympiques de Lausanne, on songeait déjà à la création du Marathon de Lausanne, mais que dans l’immédiat avait été créé le «semi-marathon», donc les 20 kilomètres. Cette course unique dans son esprit et son tracé réunit des milliers de personnes et bénéficie à la fois d’un capital sympathie énorme, d’une aura et de la compétence de centaines de personnes – bénévoles en majorité - qui concourent à chaque reprise au succès magistral et pratiquement toujours salué par le soleil, comme cette année, de cette journée.
Enfin cette semaine (dès demain et jusqu’à dimanche) c’est le Carnaval de Lausanne qui bloque la ville. C’est la 28e édition! Au début, il s’appelait «Fête du Soleil». Ses créateurs avaient expliqué à l’époque vouloir se démarquer des carnavals hivernaux de février. Tout le monde avait trouvé cela bizarre. Près de 30 ans plus tard, le Carnaval – souvent décrié - est toujours là. Il attire en moyenne 60'000 personnes à Lausanne.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 11 avril 2012
Chronique du Nouvelliste du 4 avril 2012
Retour sur un marathon
Denis Pittet, journaliste *
Retour sur un marathon électoral qui a tenu les Vaudois en haleine depuis plus d’une année.
Combien d’élections? Les communales (mars 2011), les fédérales (octobre), la complémentaire au Conseil d’Etat (novembre et décembre) et les cantonales, soit 4 appels aux urnes en 12 mois (sans parler des seconds tours). Du jamais vu dans le canton de Vaud et une première historique due au malheureux décès de Jean-Claude Mermoud en septembre dernier.
Conséquences parmi d’autres? Une certaine fatigue ou lassitude, non seulement pour les électeurs, mais aussi pour les états-majors et les appareils de partis.
Majorités? Au final de l’élection au Conseil d’Etat, ce sont bien deux majorités qui étaient en jeu. Celle de gauche ou de droite et celle des femmes. Une majorité de femmes au Gouvernement ne s’est jamais vue. Une majorité à gauche oui, de 1996 à 98 avec l’élection de Josef Zisyadis (POP) après la démission de Pierre-François Veillon (UDC) et après l’élection de Béatrice Métraux le 18 décembre dernier. Pour mémoire, le premier socialiste a été élu au conseil d’Etat en 1946. Le premier écologiste a été Philippe Biéler, élu en 1994.
Législature? Le canton de Vaud entame sa deuxième législature sur cinq ans, la première ayant été inaugurée selon les vœux de la nouvelle Constitution (entrée en vigueur le 14 avril 2003) le 1er juillet 2007. C’est donc le 1er juillet 2012 que le nouveau conseil d’Etat entre en fonction.
Présidence? La même nouvelle Constitution prévoit que le conseil d’Etat désigne parmi ses membres un ou une présidente, en principe pour la durée de la Législature et non plus pour une seule année. C’est le radical Pascal Broulis qui occupe cette fonction depuis 2007. Pour la répartition des départements, le collège s’organise. La règle veut que les vœux soient exprimés selon l’ordre d’ancienneté de l’entrée au Conseil d’Etat. En cas de litige, il y a vote.
Inconnue? L’une des questions sur toutes les lèvres est de savoir si la gauche majoritaire créera ou pas un département présidentiel.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Retour sur un marathon électoral qui a tenu les Vaudois en haleine depuis plus d’une année.
Combien d’élections? Les communales (mars 2011), les fédérales (octobre), la complémentaire au Conseil d’Etat (novembre et décembre) et les cantonales, soit 4 appels aux urnes en 12 mois (sans parler des seconds tours). Du jamais vu dans le canton de Vaud et une première historique due au malheureux décès de Jean-Claude Mermoud en septembre dernier.
Conséquences parmi d’autres? Une certaine fatigue ou lassitude, non seulement pour les électeurs, mais aussi pour les états-majors et les appareils de partis.
Majorités? Au final de l’élection au Conseil d’Etat, ce sont bien deux majorités qui étaient en jeu. Celle de gauche ou de droite et celle des femmes. Une majorité de femmes au Gouvernement ne s’est jamais vue. Une majorité à gauche oui, de 1996 à 98 avec l’élection de Josef Zisyadis (POP) après la démission de Pierre-François Veillon (UDC) et après l’élection de Béatrice Métraux le 18 décembre dernier. Pour mémoire, le premier socialiste a été élu au conseil d’Etat en 1946. Le premier écologiste a été Philippe Biéler, élu en 1994.
Législature? Le canton de Vaud entame sa deuxième législature sur cinq ans, la première ayant été inaugurée selon les vœux de la nouvelle Constitution (entrée en vigueur le 14 avril 2003) le 1er juillet 2007. C’est donc le 1er juillet 2012 que le nouveau conseil d’Etat entre en fonction.
Présidence? La même nouvelle Constitution prévoit que le conseil d’Etat désigne parmi ses membres un ou une présidente, en principe pour la durée de la Législature et non plus pour une seule année. C’est le radical Pascal Broulis qui occupe cette fonction depuis 2007. Pour la répartition des départements, le collège s’organise. La règle veut que les vœux soient exprimés selon l’ordre d’ancienneté de l’entrée au Conseil d’Etat. En cas de litige, il y a vote.
Inconnue? L’une des questions sur toutes les lèvres est de savoir si la gauche majoritaire créera ou pas un département présidentiel.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
jeudi 22 mars 2012
Chronique du Nouvelliste du jeudi 22 mars 2012
Le collège de Béthusy a 75 ans
Denis Pittet, journaliste *
Il y a à Lausanne des institutions. Le collège de Béthusy en est une. Il fête cette année ses 75 ans. Les 13 et 14 janvier derniers, deux soirées «informelles» ont ainsi et déjà réunis anciens élèves et professeurs de tous âges. Cette fin de mois verra aussi se dérouler un spectacle «I love Béthusy» qui rassemblera sur la scène de l’aula plus de 100 élèves pour un spectacle rétrospectif
Pourquoi Béthusy est-il plus connu que les autres collèges lausannois? Le 25 février 1908, une loi sur l’instruction publique secondaire est adoptée dans le canton de Vaud et consacre l’existence d’un collège scientifique et classique cantonal. Dès 1937, ce sera Béthusy et il le restera seul pour longtemps. Comme le gymnase de la Cité, consacré établissement cantonal scientifique et classique. Jusqu’à la fin des années 60, il n’y aura pas d’autres établissements pour la filière qui conduisait naturellement à l’Université. Gamin, je me souviens d’avoir vu les «grands» porter obligatoirement la casquette et l’olive, qui signifiaient leur appartenance à Béthusy.
Béthusy, c’était des professeurs ayant marqué leurs élèves. Des figures, souvent sévères et parfois des érudits. Je charrie. C’était des traditions «énormes» : les camps à Luan, les camps de dessin à Payerne, la semaine aux Chevalleyres, les voyages de certif en Provence, le match de foot profs-élèves en fin d’année. Béthusy, c’était six ans passés dans le même établissement entre 11 et 16 ans, des années-charnières dans nos vies d’ados.
Pour moi, dans les années 70, ca sentait les Beatles contre les Rollings Stones, la «Nénette», du nom d’un kiosque et d’une placette de l’autre côté de la rue qui nous étaient interdits et où se fumaient des cigarettes. C’était le temps des vélomoteurs, des cirés jaunes, des sabots blancs, des pulls «University», des boums le samedi soir et de la photo noir blanc des copines. C’était une époque belle et bénite.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Il y a à Lausanne des institutions. Le collège de Béthusy en est une. Il fête cette année ses 75 ans. Les 13 et 14 janvier derniers, deux soirées «informelles» ont ainsi et déjà réunis anciens élèves et professeurs de tous âges. Cette fin de mois verra aussi se dérouler un spectacle «I love Béthusy» qui rassemblera sur la scène de l’aula plus de 100 élèves pour un spectacle rétrospectif
Pourquoi Béthusy est-il plus connu que les autres collèges lausannois? Le 25 février 1908, une loi sur l’instruction publique secondaire est adoptée dans le canton de Vaud et consacre l’existence d’un collège scientifique et classique cantonal. Dès 1937, ce sera Béthusy et il le restera seul pour longtemps. Comme le gymnase de la Cité, consacré établissement cantonal scientifique et classique. Jusqu’à la fin des années 60, il n’y aura pas d’autres établissements pour la filière qui conduisait naturellement à l’Université. Gamin, je me souviens d’avoir vu les «grands» porter obligatoirement la casquette et l’olive, qui signifiaient leur appartenance à Béthusy.
Béthusy, c’était des professeurs ayant marqué leurs élèves. Des figures, souvent sévères et parfois des érudits. Je charrie. C’était des traditions «énormes» : les camps à Luan, les camps de dessin à Payerne, la semaine aux Chevalleyres, les voyages de certif en Provence, le match de foot profs-élèves en fin d’année. Béthusy, c’était six ans passés dans le même établissement entre 11 et 16 ans, des années-charnières dans nos vies d’ados.
Pour moi, dans les années 70, ca sentait les Beatles contre les Rollings Stones, la «Nénette», du nom d’un kiosque et d’une placette de l’autre côté de la rue qui nous étaient interdits et où se fumaient des cigarettes. C’était le temps des vélomoteurs, des cirés jaunes, des sabots blancs, des pulls «University», des boums le samedi soir et de la photo noir blanc des copines. C’était une époque belle et bénite.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 7 mars 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 7 mars 2012
Adieu Triathlon, bonjour danger!
Denis Pittet, journaliste *
La nouvelle n’a pas fait de bruit. Quelques lignes dans 24 Heures du vendredi 2 mars sur deux petites colonnes dans les pages sportives : «Lausanne n’accueillera plus les Mondiaux de triathlon». Rien de grave en soi, finalement… Voire.
Cette «perte» est à mon avis très inquiétante et malheureusement emblématique d’un phénomène qui ronge insidieusement la Capitale olympique depuis des années. 24 Heures explique : «La capitale vaudoise n’a pas pu répondre aux prétentions (financières, ndlr) de la Fédération internationale».
Retour sur images. Dès 1981 avec l’arrivée de Samaranch à Lausanne, la ville va connaître l’organisation d’une série impressionnante d’événements sportifs. Non seulement la création des 20 Km de Lausanne ou du Marathon, mais des championnats d’Europe de patinage (2002), des championnats du monde de curling (2001), des finales européennes de basket, des championnats d’Europe de gymnastique (2008)…. Beaucoup de grosses manifestations pour une si petite ville – on peut le concéder - initiées et «poussées» par le CIO et Samaranch.
Le Catalan ayant cédé sa place à Rogge, tout change. Peu à peu, Lausanne perd des événements sportifs phares alors que la Municipalité préfère et privilégie le sport populaire.
Pour conserver à terme le siège du CIO et celui des Fédérations sportives internationales, Lausanne ne peut et ne doit pas se contenter d’une politique sportive minimaliste. Il faut du sport populaire ET des événements phares.
Les sollicitations souterraines que reçoit régulièrement le CIO pour quitter Lausanne et s’installer dans des capitales prestigieuses devraient inquiéter les responsables politiques et sportifs. Laisser «filer» les Mondiaux de triathlon à Stockholm pour un manque de150'000 francs est le pire des signaux à donner.
Suivant quel président succédera à Jacques Rogge en juillet 2013 (en particulier un Asiatique), on ne doit pas exclure que le CIO déménage avec armes et bagages. Il sera alors trop tard pour se lamenter sur ce qui n’a pas été fait.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
La nouvelle n’a pas fait de bruit. Quelques lignes dans 24 Heures du vendredi 2 mars sur deux petites colonnes dans les pages sportives : «Lausanne n’accueillera plus les Mondiaux de triathlon». Rien de grave en soi, finalement… Voire.
Cette «perte» est à mon avis très inquiétante et malheureusement emblématique d’un phénomène qui ronge insidieusement la Capitale olympique depuis des années. 24 Heures explique : «La capitale vaudoise n’a pas pu répondre aux prétentions (financières, ndlr) de la Fédération internationale».
Retour sur images. Dès 1981 avec l’arrivée de Samaranch à Lausanne, la ville va connaître l’organisation d’une série impressionnante d’événements sportifs. Non seulement la création des 20 Km de Lausanne ou du Marathon, mais des championnats d’Europe de patinage (2002), des championnats du monde de curling (2001), des finales européennes de basket, des championnats d’Europe de gymnastique (2008)…. Beaucoup de grosses manifestations pour une si petite ville – on peut le concéder - initiées et «poussées» par le CIO et Samaranch.
Le Catalan ayant cédé sa place à Rogge, tout change. Peu à peu, Lausanne perd des événements sportifs phares alors que la Municipalité préfère et privilégie le sport populaire.
Pour conserver à terme le siège du CIO et celui des Fédérations sportives internationales, Lausanne ne peut et ne doit pas se contenter d’une politique sportive minimaliste. Il faut du sport populaire ET des événements phares.
Les sollicitations souterraines que reçoit régulièrement le CIO pour quitter Lausanne et s’installer dans des capitales prestigieuses devraient inquiéter les responsables politiques et sportifs. Laisser «filer» les Mondiaux de triathlon à Stockholm pour un manque de150'000 francs est le pire des signaux à donner.
Suivant quel président succédera à Jacques Rogge en juillet 2013 (en particulier un Asiatique), on ne doit pas exclure que le CIO déménage avec armes et bagages. Il sera alors trop tard pour se lamenter sur ce qui n’a pas été fait.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 22 février 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 22 février 2012
Adieu, 39 av. de la Gare !
Denis Pittet, journaliste *
La démolition, ces jours, du 39 de l’avenue de la Gare à Lausanne fait couler un peu d’encre. On peut y voir plusieurs symboles. Dans quelques semaines, la raison sociale «Edipresse» disparaîtra au profit de Tamedia. Pour le moins la fin d’une époque. L’avenue de la Gare est le symbole de la presse lausannoise et vaudoise. La «Tour», sise au numéro 33, inaugurée en 1964, en est l’emblème. Mais il est piquant de relever qu’à l’instant où va disparaître Edipresse disparaît avec elle «LE» dernier bâtiment historique de l’entreprise. C’est le premier symbole.
Le second symbole qui frappe est le peu d’intérêt, relevant par ailleurs du simple devoir de mémoire que chaque entreprise devrait avoir, montré par les journaux d’Edipresse sur la vie du 39 de l’avenue de la Gare. C’est en 1911 que les Imprimeries Réunies s’installent dans un bâtiment neuf à l’av. de la Gare. Tout le pâté de maisons actuel (Rosemont, Rasude) est investi par les ateliers, bureaux et entrepôts, dont le fameux 39, immeuble construit en 1895 par le docteur Oscar Rapin sous la direction de l’architecte veveysan Francis Isoz.
C’est dans ces locaux qu’ont vécu longtemps et côte-à-côte les deux rédactions de la «Feuille d’Avis de Lausanne » et de la «Tribune de Lausanne». Même après la mise en service de la Tour, le 39 continuera toujours et jusqu’à sa fin d’abriter des rédactions, comme celles de Fémina, de Bilan ou du Pôle TV pour ne citer qu’eux. Mais le 39 a caché aussi des… caves (ou devaient dormir quelques bouteilles de Crosex grillé), un vieil ascenseur incroyable, le «garage» et sa pompe à essence, où les grands directeurs d’Edipresse faisaient laver leurs voitures et mettre leurs pneus d’hiver et – peu le savent – dans les combles, un «salon» où à la fin des années 60 ne devaient pas se raconter que des contes pour enfants…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
La démolition, ces jours, du 39 de l’avenue de la Gare à Lausanne fait couler un peu d’encre. On peut y voir plusieurs symboles. Dans quelques semaines, la raison sociale «Edipresse» disparaîtra au profit de Tamedia. Pour le moins la fin d’une époque. L’avenue de la Gare est le symbole de la presse lausannoise et vaudoise. La «Tour», sise au numéro 33, inaugurée en 1964, en est l’emblème. Mais il est piquant de relever qu’à l’instant où va disparaître Edipresse disparaît avec elle «LE» dernier bâtiment historique de l’entreprise. C’est le premier symbole.
Le second symbole qui frappe est le peu d’intérêt, relevant par ailleurs du simple devoir de mémoire que chaque entreprise devrait avoir, montré par les journaux d’Edipresse sur la vie du 39 de l’avenue de la Gare. C’est en 1911 que les Imprimeries Réunies s’installent dans un bâtiment neuf à l’av. de la Gare. Tout le pâté de maisons actuel (Rosemont, Rasude) est investi par les ateliers, bureaux et entrepôts, dont le fameux 39, immeuble construit en 1895 par le docteur Oscar Rapin sous la direction de l’architecte veveysan Francis Isoz.
C’est dans ces locaux qu’ont vécu longtemps et côte-à-côte les deux rédactions de la «Feuille d’Avis de Lausanne » et de la «Tribune de Lausanne». Même après la mise en service de la Tour, le 39 continuera toujours et jusqu’à sa fin d’abriter des rédactions, comme celles de Fémina, de Bilan ou du Pôle TV pour ne citer qu’eux. Mais le 39 a caché aussi des… caves (ou devaient dormir quelques bouteilles de Crosex grillé), un vieil ascenseur incroyable, le «garage» et sa pompe à essence, où les grands directeurs d’Edipresse faisaient laver leurs voitures et mettre leurs pneus d’hiver et – peu le savent – dans les combles, un «salon» où à la fin des années 60 ne devaient pas se raconter que des contes pour enfants…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 8 février 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 8 février 2012
La batte de baseball de Grandson
Denis Pittet, journaliste *
Une des scènes de cinéma les plus violentes que j’aie vu se déroule dans «Casino» de Martin Scorsese. «Casino» raconte l’histoire de Las Vegas et des luttes entre mafia et syndicats pour la maîtrise des casinos et du pognon qui va avec…Un des personnages, Spilotro - et son frère - sont battus à coups de batte de baseball et enterrés vivant lors d'une réunion entre mafieux dans un champ de maïs de l’Indiana… Cette scène est atroce. La batte de baseball reste dans l’inconscient collectif comme étant une arme d’une puissance dévastatrice terrible. Elle apparaît plus récemment dans une scène d’ «Inglourious Basterds» où Donny Donowitz, dit «L’ours juif», fracasse le crâne d’un sergent allemand.
Il ya quelques années dans l’ouest lausannois, une bagarre pour une futilité était intervenue entre automobilistes. De mémoire, la police avait trouvé dans le coffre de la voiture d’un des protagonistes une… batte de baseball. Vous me voyez venir?
Mardi 31 janvier à Grandson, le concierge d’un établissement scolaire, clairement provoqué par deux ados de 17 et 19 ans, a frappé ces derniers avec une… batte de baseball. Les deux coups ont valu cinq points de suture au crâne du premier ado et des hématomes au bras du second. Tout le monde a compris suite à ce fait divers hélas aussi idiot qu’emblématique de la situation actuelle que taper avec une batte de baseball ne se fait pas du tout, mais qu’hélas cela se fait quand même.
Prenons quelques titres de première page de 24 Heures de ces derniers jours : «Pour les policiers, il est urgent d’augmenter les effectifs» (1er février) ; « La riposte des commerces vaudois face aux braquages» (31 janvier) ; «Jacques Antenen enjoint les commerçant à se protéger» (28 janvier) ; «Braquage au cœur de Lausanne» (27 janvier).
Psychose, fantasmes ou réalité ? Quand la loi des Hommes devient insuffisante, c’est la loi de la Nature qui reprend le dessus…
Il est urgent de relire Protagoras, Locke ou Hobbes.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Une des scènes de cinéma les plus violentes que j’aie vu se déroule dans «Casino» de Martin Scorsese. «Casino» raconte l’histoire de Las Vegas et des luttes entre mafia et syndicats pour la maîtrise des casinos et du pognon qui va avec…Un des personnages, Spilotro - et son frère - sont battus à coups de batte de baseball et enterrés vivant lors d'une réunion entre mafieux dans un champ de maïs de l’Indiana… Cette scène est atroce. La batte de baseball reste dans l’inconscient collectif comme étant une arme d’une puissance dévastatrice terrible. Elle apparaît plus récemment dans une scène d’ «Inglourious Basterds» où Donny Donowitz, dit «L’ours juif», fracasse le crâne d’un sergent allemand.
Il ya quelques années dans l’ouest lausannois, une bagarre pour une futilité était intervenue entre automobilistes. De mémoire, la police avait trouvé dans le coffre de la voiture d’un des protagonistes une… batte de baseball. Vous me voyez venir?
Mardi 31 janvier à Grandson, le concierge d’un établissement scolaire, clairement provoqué par deux ados de 17 et 19 ans, a frappé ces derniers avec une… batte de baseball. Les deux coups ont valu cinq points de suture au crâne du premier ado et des hématomes au bras du second. Tout le monde a compris suite à ce fait divers hélas aussi idiot qu’emblématique de la situation actuelle que taper avec une batte de baseball ne se fait pas du tout, mais qu’hélas cela se fait quand même.
Prenons quelques titres de première page de 24 Heures de ces derniers jours : «Pour les policiers, il est urgent d’augmenter les effectifs» (1er février) ; « La riposte des commerces vaudois face aux braquages» (31 janvier) ; «Jacques Antenen enjoint les commerçant à se protéger» (28 janvier) ; «Braquage au cœur de Lausanne» (27 janvier).
Psychose, fantasmes ou réalité ? Quand la loi des Hommes devient insuffisante, c’est la loi de la Nature qui reprend le dessus…
Il est urgent de relire Protagoras, Locke ou Hobbes.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 25 janvier 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 25 janvier 2012
Un tunnel sous le lac
Denis Pittet, journaliste *
Mercredi dernier 18 janvier à Berne, la conseillère fédérale Doris Leuthard présente son plan anti-bouchons pour un réseau autoroutier suisse «asphyxié». En 2010, près de 16’00 (!) heures de bouchons ont été comptabilisées, en augmentation de 35% par rapport aux résultats mesurés en 2009. Pour 2030, l’Office fédéral des routes (OFROU) prédit carrément l’apocalypse.
Dans le canton de Vaud, la région de Morges est un véritable pont noir de la circulation. Sa résolution (donc des moyens financiers pour un contournement dont personne ne sait par où il passera) fait partie du paquet des mesures prévues à Berne. En même temps la Confédération loue l’idée (tellement géniale qu’on se demande pourquoi il a fallu si longtemps pour la trouver…) d’utiliser les bandes d’arrêt d’urgence pour désengorger le trafic aux heures de pointes sur le tronçon Morges-Ecublens. Donc Berne et Winterthour pourraient suivre. Ce ne sont pas ces emplâtres sur des jambes de bitume qui résoudront l’incroyable problème de l’éclatement de la mobilité entre Lausanne et Genève, que ce soit un niveau de la route comme du rail.
Si rien de conséquent n’est entrepris immédiatement, on court droit à la catastrophe. Il existe pourtant une solution fort chère sans aucun doute, mais réalisable plus vite que la durée des interminables palabres des spécialistes de l’OFROU. Cette solution serait de creuser un tunnel sous le lac Léman. Pour mémoire, le tunnel sous la Manche a été réalisé en moins de sept ans sur 50, 5 kilomètres. On pourrait – allez, soyons fous – imaginer un ouvrage mixte rail-route. Une première étape relierait Lausanne à Genève. Puis on raccorderait Villeneuve. Je pense que nos ingénieurs de l’EPFL sauraient faire ce tunnel.
Et sous le lac, il y a de la place et peu de voisins.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Mercredi dernier 18 janvier à Berne, la conseillère fédérale Doris Leuthard présente son plan anti-bouchons pour un réseau autoroutier suisse «asphyxié». En 2010, près de 16’00 (!) heures de bouchons ont été comptabilisées, en augmentation de 35% par rapport aux résultats mesurés en 2009. Pour 2030, l’Office fédéral des routes (OFROU) prédit carrément l’apocalypse.
Dans le canton de Vaud, la région de Morges est un véritable pont noir de la circulation. Sa résolution (donc des moyens financiers pour un contournement dont personne ne sait par où il passera) fait partie du paquet des mesures prévues à Berne. En même temps la Confédération loue l’idée (tellement géniale qu’on se demande pourquoi il a fallu si longtemps pour la trouver…) d’utiliser les bandes d’arrêt d’urgence pour désengorger le trafic aux heures de pointes sur le tronçon Morges-Ecublens. Donc Berne et Winterthour pourraient suivre. Ce ne sont pas ces emplâtres sur des jambes de bitume qui résoudront l’incroyable problème de l’éclatement de la mobilité entre Lausanne et Genève, que ce soit un niveau de la route comme du rail.
Si rien de conséquent n’est entrepris immédiatement, on court droit à la catastrophe. Il existe pourtant une solution fort chère sans aucun doute, mais réalisable plus vite que la durée des interminables palabres des spécialistes de l’OFROU. Cette solution serait de creuser un tunnel sous le lac Léman. Pour mémoire, le tunnel sous la Manche a été réalisé en moins de sept ans sur 50, 5 kilomètres. On pourrait – allez, soyons fous – imaginer un ouvrage mixte rail-route. Une première étape relierait Lausanne à Genève. Puis on raccorderait Villeneuve. Je pense que nos ingénieurs de l’EPFL sauraient faire ce tunnel.
Et sous le lac, il y a de la place et peu de voisins.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 11 janvier 2012
Chronique du Nouvelliste du 11 janvier 2012
Immuable Château St Maire
Denis Pittet, journaliste *
Le profil du quartier de la Cité à Lausanne n’a guère changé depuis des siècles. Normal, si on considère que la Cathédrale marque l’entrée de la colline depuis le 20 octobre 1275 – date de sa bénédiction par le pape Grégoire X, que le flanc ouest est marqué par le bâtiment de l’Ancienne Académie, construite par les Bernois entre 1579 à 1587 et qu’à l’est, on «tombait» des fortifications de la Cité directement dans la vallée du Flon, qui coulait encore à ciel ouvert sur ce qu’est devenu aujourd’hui la rue Centrale.
C’est aujourd’hui le Château St Maire qui nous intéresse. Il marque la fin de la Cité au nord de cette dernière. Depuis 1803, il est le siège officiel du Gouvernement vaudois. C’est pourtant dès 1397 et sous l'initiative de l'évêque Guillaume de Menthonay que le Château est construit. Il a été conçu à la fois comme résidence et comme donjon. Les travaux s'achèvent aux environs de 1431. Devenu le siège des baillis bernois de 1536 à 1798 - comme la plupart des châteaux vaudois - le bâtiment a été entretenu et transformé à de nombreuses reprises.
Le constat, c’est que chaque année dès le printemps, en été évidemment, en automne et un peu moins en hiver, des hordes de touristes font immuablement le même chemin: ils «montent» à la Cité depuis la Palud, visitent la Cathédrale et poursuivent jusqu’au Château, immuablement… fermé au public. Un peu désorientés, sans bar ni terrasse sur l’esplanade qui jouxte la forteresse, ces mêmes touristes repartent par où ils étaient venus.
La nouvelle, c’est que le Conseil d’Etat a proposé de nouveaux travaux de transformation et de rénovation du Château St Maire. Après que la question se soit brièvement posée, il a été constaté et décidé que le Château resterait le siège visible et symbolique du gouvernement vaudois. Les travaux devraient avoir lieu entre 2014 et 2017.
Les touristes continueront d’admirer le bâtiment de l’extérieur. Peut-être auront-ils droit d’ici là à une terrasse et des rafraîchissements. Et les fantômes des Evêques de Lausanne écouteront encore pour longtemps les chuchotements sortis de la vénérable salle du Conseil d’Etat.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Le profil du quartier de la Cité à Lausanne n’a guère changé depuis des siècles. Normal, si on considère que la Cathédrale marque l’entrée de la colline depuis le 20 octobre 1275 – date de sa bénédiction par le pape Grégoire X, que le flanc ouest est marqué par le bâtiment de l’Ancienne Académie, construite par les Bernois entre 1579 à 1587 et qu’à l’est, on «tombait» des fortifications de la Cité directement dans la vallée du Flon, qui coulait encore à ciel ouvert sur ce qu’est devenu aujourd’hui la rue Centrale.
C’est aujourd’hui le Château St Maire qui nous intéresse. Il marque la fin de la Cité au nord de cette dernière. Depuis 1803, il est le siège officiel du Gouvernement vaudois. C’est pourtant dès 1397 et sous l'initiative de l'évêque Guillaume de Menthonay que le Château est construit. Il a été conçu à la fois comme résidence et comme donjon. Les travaux s'achèvent aux environs de 1431. Devenu le siège des baillis bernois de 1536 à 1798 - comme la plupart des châteaux vaudois - le bâtiment a été entretenu et transformé à de nombreuses reprises.
Le constat, c’est que chaque année dès le printemps, en été évidemment, en automne et un peu moins en hiver, des hordes de touristes font immuablement le même chemin: ils «montent» à la Cité depuis la Palud, visitent la Cathédrale et poursuivent jusqu’au Château, immuablement… fermé au public. Un peu désorientés, sans bar ni terrasse sur l’esplanade qui jouxte la forteresse, ces mêmes touristes repartent par où ils étaient venus.
La nouvelle, c’est que le Conseil d’Etat a proposé de nouveaux travaux de transformation et de rénovation du Château St Maire. Après que la question se soit brièvement posée, il a été constaté et décidé que le Château resterait le siège visible et symbolique du gouvernement vaudois. Les travaux devraient avoir lieu entre 2014 et 2017.
Les touristes continueront d’admirer le bâtiment de l’extérieur. Peut-être auront-ils droit d’ici là à une terrasse et des rafraîchissements. Et les fantômes des Evêques de Lausanne écouteront encore pour longtemps les chuchotements sortis de la vénérable salle du Conseil d’Etat.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
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