Quand on parle olympisme
Denis Pittet, journaliste *
Dans deux jours, les Jeux olympiques de Londres seront ouverts. Le milliard de téléspectateurs attendu devrait en prendre plein la vue. Les 10’490 athlètes qui défileront dans l’arène olympique aussi. Parmi eux, 102 champions helvétiques. Et les centaines de milliers de spectateurs seront encore à la fête d’un été 2012 particulièrement sportif.
L’arrivée des Jeux m’a fait remonter questions et souvenirs. Quelle ville en Suisse a-t-elle abrité les Jeux ? St Moritz, et deux fois, en 1928 et 1948. Pour les Valaisans et Sion, tout le monde se souvient de ce samedi noir du 19 juin 1999, où j’ai vécu avec des milliers d’autres le moment où Juan Antonio Samaranch a annoncé en direct depuis Séoul sur un écran géant -et non sans confusion - la victoire de Turin pour les JO de 2006. On se souvient moins que Sion avait été candidate en 1968 déjà, en 1970 et en 2002.
L’histoire de Lausanne et du CIO est encore plus complexe. Chacun sait que depuis le 5 décembre 1993, la ville a été faite «Capitale olympique». Une cérémonie sobre dans un salon de la Villa de Mon-Repos un dimanche soir. J’y étais. Ce que l’on sait moins et par rapport aux candidatures de Lausanne, c’est que ce ne sont pas moins de 6 tentatives qui ont été déposées : pour les Jeux de 1960 où Lausanne finit deuxième derrière Rome, mais aussi pour les Jeux de 1936, de 1944 (annulés), de 1948 et de 1952. La sixième et dernière candidature sera la plus «dramatique»: au terme d’une campagne terrible, le 26 juin 1988, les Lausannois refusent lors d’un référendum la responsabilité financière solidaire de la candidature pour les Jeux d’hiver de 1994, «contre» les stations des Alpes vaudoises. Un vote qui laissera des traces pour de nombreuses années. C’est Lillehammer qui passera.
Dernière question et pas des moindres: pourquoi le stade de la Pontaise s’appelle-t-il stade olympique? J’ai cherché la réponse des heures. Par excès de confiance et en prévision d’accueillir les Jeux un jour ? Peut-être. Mais surtout parce que la Pontaise a été inaugurée les 22 et 23 mai 1954 et que cette année là marquait le 60e anniversaire de la rénovation des Jeux olympiques.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
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lundi 30 juillet 2012
lundi 16 juillet 2012
Bellerive-plage fête ses 75 ans
Denis Pittet, journaliste *
Le 10 juillet 1937 est inaugurée la plage de Bellerive. Septante-cinq ans jour pour jour. A Lausanne et pour les Lausannois, la plage de Bellerive est un lieu mythique et de rassemblement. Sans doute cet espace de près de 75'000 mètres carrés est-il unique en Europe. Et je ne serai pas loin de parier que pratiquement au moins une fois dans leur vie, tous les enfants de la région lausannoise y ont mis le pied. A celles et ceux qui ne connaissent pas l’endroit, je conseille vivement de s’y arrêter un jour d’été.
Pour faire bref, l’ensemble a été construit de 1936 à 1937 sous l’égide d’une municipalité de gauche et dans un contexte de crise économique. En 1961, en comblant le lac, la surface passe de 17'500 mètres carrés à la surface d’aujourd’hui.
Ma tête fourmille de souvenirs. Et que des beaux. J’y ai passé tous mes étés de 12 à 23 ans à peu près. Avec mes copains et mes copines. Bellerive, c’était le fameux plongeoir des dix mètres. Chaque après-midi, le gardien y montait et ceux qui étaient en haut devaient sauter… Enfin, c’est ce que dit la légende. Quand cela arrivait, on était des dizaines à s’asseoir au bord du bassin et à regarder le spectacle. La légende disait aussi qu’un gars – une fois – avait pris un énorme «plat» et était mort. Bellerive, c’était le ping-pong des heures durant. La terrasse du solarium, où apparurent les premiers seins nus et quelques émois. C’était les pyramides dans l’eau, où on était jusqu’à 8 à essayer de monter le plus haut possible. Des fins de saisons tardives, où comme ce dimanche 9 septembre 1973, je regardais s’éloigner Véronique…
Bellerive aura aussi été les heures et les heures passées à jouer au 2-2 au volley, avec Romain. On formait une équipe redoutable. Les gagnants restaient sur le terrain jusqu’à ce que mort s’ensuive. On est morts souvent. Mais de bonheur. Ma maman, aujourd’hui âgée de 85 ans, y allait déjà. Et je suis bien sûr que ces histoires devenues très vieilles pour moi sont encore vécues aujourd’hui par d’autres. Et c’est bien.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Le 10 juillet 1937 est inaugurée la plage de Bellerive. Septante-cinq ans jour pour jour. A Lausanne et pour les Lausannois, la plage de Bellerive est un lieu mythique et de rassemblement. Sans doute cet espace de près de 75'000 mètres carrés est-il unique en Europe. Et je ne serai pas loin de parier que pratiquement au moins une fois dans leur vie, tous les enfants de la région lausannoise y ont mis le pied. A celles et ceux qui ne connaissent pas l’endroit, je conseille vivement de s’y arrêter un jour d’été.
Pour faire bref, l’ensemble a été construit de 1936 à 1937 sous l’égide d’une municipalité de gauche et dans un contexte de crise économique. En 1961, en comblant le lac, la surface passe de 17'500 mètres carrés à la surface d’aujourd’hui.
Ma tête fourmille de souvenirs. Et que des beaux. J’y ai passé tous mes étés de 12 à 23 ans à peu près. Avec mes copains et mes copines. Bellerive, c’était le fameux plongeoir des dix mètres. Chaque après-midi, le gardien y montait et ceux qui étaient en haut devaient sauter… Enfin, c’est ce que dit la légende. Quand cela arrivait, on était des dizaines à s’asseoir au bord du bassin et à regarder le spectacle. La légende disait aussi qu’un gars – une fois – avait pris un énorme «plat» et était mort. Bellerive, c’était le ping-pong des heures durant. La terrasse du solarium, où apparurent les premiers seins nus et quelques émois. C’était les pyramides dans l’eau, où on était jusqu’à 8 à essayer de monter le plus haut possible. Des fins de saisons tardives, où comme ce dimanche 9 septembre 1973, je regardais s’éloigner Véronique…
Bellerive aura aussi été les heures et les heures passées à jouer au 2-2 au volley, avec Romain. On formait une équipe redoutable. Les gagnants restaient sur le terrain jusqu’à ce que mort s’ensuive. On est morts souvent. Mais de bonheur. Ma maman, aujourd’hui âgée de 85 ans, y allait déjà. Et je suis bien sûr que ces histoires devenues très vieilles pour moi sont encore vécues aujourd’hui par d’autres. Et c’est bien.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
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