Métropole, armée et élections
Denis Pittet, journaliste *
9 novembre: on apprend que les cantons de Vaud et Genève veulent renforcer leur «couple». Les deux gouvernements signent au Château de Prangins une nouvelle convention portant sur le développement de ce qu’on appelle désormais la Métropole lémanique. Les intérêts sont multiples ; à développer, à défendre. Il s’agit aussi de renforcer l‘influence à Berne. Ca tombe bien : la nouvelle est annoncée presque un mois jour pour jour avant l’élection au Conseil fédéral du 14 décembre, où Pierre-Yves Maillard est candidat, avec quelques chances de succès malgré tout…
11 novembre: journées portes ouvertes à l’école de recrues d’infanterie 3 à Bure. Stratus tenace, humidité et froid vif pour les 1500 personnes qui ont pris la route aux aurores pour venir voir leurs enfants ou petit copain s’adonner aux joies militaires. Parmi eux, beaucoup de Vaudois et de Valaisans. L’accueil est chaleureux, le café militaire toujours aussi… militaire. Les jeunes soldats mènent avec entrain leurs démonstrations. Je suis étonné par le bon esprit qui préside à cette journée. Cadres calmes et observateurs, jeunes officiers et sous-officiers assez complices avec les soldats dont ils ne sont souvent les aînés que de quelques mois. Bref, on oublie le froid, on partage un moment très convivial, on sourit à l’école de section façon «Samba !» et on félicite toute l’équipe du colonel EMG Mathias Tüscher.
13 novembre: le duo représentant le canton de Vaud au Conseil des Etats est élu sans surprise : Géraldine Savary et Luc Recordon triomphent avec panache et laissent Isabelle Moret et Guy Parmelin. Près de14% d’écart séparent la socialiste de l’UDC. Mais les urnes restent chaudes : dans 11 jours, c’est le premier tour à l’élection complémentaire au Conseil d’Etat. En lice l’UDC Pierre-Yves Rapaz et la Verte Béatrice Métraux. Tous les analystes s’accordent à dire que cela a beaucoup «biffé» ce dimanche au sein même des formations politiques et que cela… biffera beaucoup le 27 novembre. Bien malin qui peut assurer un pronostic pour cette élection dont l’enjeu n’est rien de moins que la perte possible de la majorité par la droite.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
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mardi 15 novembre 2011
mercredi 2 novembre 2011
Chronique du Nouvelliste du 2 novembre 2011
Hommage à Aimé Corbaz
Denis Pittet, journaliste *
C’est aujourd’hui en fin d’après-midi qu’aura lieu une cérémonie d’adieu au cimetière de Montoie en la mémoire d’Aimé Corbaz, mort vendredi à l’âge de 56 ans. Qui est Aimé Corbaz? C’était un journaliste attaché durant des lustres à la rubrique culturelle du Matin, non sans avoir commencé sa carrière à l’Illustré comme «Ringier boy» (c’est une expression propre aux journalistes romands qui qualifient ainsi «ceux» qui travaillent ou travaillaient pour Ringier contrairement à «ceux» d’Edipresse…) Aimé Corbaz a quitté le journalisme en 2007. Quitté, façon de parler. Il écrira donc deux bouquins car il faut savoir que le journalisme fait partie de ces professions qui ne vous laissent jamais. Lorsque, comme Aimé, on a appris à rechercher le bon sujet, à choisir quoi publier le lendemain dans sa rubrique, à se décider à interviewer plutôt celui-ci que celle-là, à argumenter dans un édito, on reste marqué consciemment et inconsciemment pour la fin de sa vie.
Aimé Corbaz était homosexuel. Il a aussi été très longtemps alcoolique. Deux qualités que d’aucuns ont sans doute considéré comme rédhibitoires. Moi pas. J’ai travaillé et côtoyé Aimé quotidiennement durant près de 20 ans et je l’aimais beaucoup. C’était un type intelligent, cultivé, parfois cynique, rarement méchant, d’une vivacité d’esprit remarquable et libre dans ses pensées et ses actes. Ce n’est pas pour rien que depuis vendredi, la nouvelle de sa disparition s’est répandue telle une traînée de poudre dans le monde des médias et que de très beaux hommages ont été publiés sur Facebook. Je note au passage qu’il est mort, mais toujours vivant sur Internet, au travers de son site brusquement orphelin. Aimé Corbaz redevenu Pascal Gringet (son vrai nom) après le «Matin» avait entrepris une formation de sophrologue et ouvert son propre cabinet qui s’appelle «Soif de vivre».
Aimé est mort du cancer, peut-être du sida, peut-être de l’alcool, peut-être un peu de tout cela à la fois. Cet écorché vif s’est battu et encore battu. La mort l’a vaincu. Mais peut-on vaincre un type comme lui? Tchô Aimé et sois heureux où tu es désormais.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
C’est aujourd’hui en fin d’après-midi qu’aura lieu une cérémonie d’adieu au cimetière de Montoie en la mémoire d’Aimé Corbaz, mort vendredi à l’âge de 56 ans. Qui est Aimé Corbaz? C’était un journaliste attaché durant des lustres à la rubrique culturelle du Matin, non sans avoir commencé sa carrière à l’Illustré comme «Ringier boy» (c’est une expression propre aux journalistes romands qui qualifient ainsi «ceux» qui travaillent ou travaillaient pour Ringier contrairement à «ceux» d’Edipresse…) Aimé Corbaz a quitté le journalisme en 2007. Quitté, façon de parler. Il écrira donc deux bouquins car il faut savoir que le journalisme fait partie de ces professions qui ne vous laissent jamais. Lorsque, comme Aimé, on a appris à rechercher le bon sujet, à choisir quoi publier le lendemain dans sa rubrique, à se décider à interviewer plutôt celui-ci que celle-là, à argumenter dans un édito, on reste marqué consciemment et inconsciemment pour la fin de sa vie.
Aimé Corbaz était homosexuel. Il a aussi été très longtemps alcoolique. Deux qualités que d’aucuns ont sans doute considéré comme rédhibitoires. Moi pas. J’ai travaillé et côtoyé Aimé quotidiennement durant près de 20 ans et je l’aimais beaucoup. C’était un type intelligent, cultivé, parfois cynique, rarement méchant, d’une vivacité d’esprit remarquable et libre dans ses pensées et ses actes. Ce n’est pas pour rien que depuis vendredi, la nouvelle de sa disparition s’est répandue telle une traînée de poudre dans le monde des médias et que de très beaux hommages ont été publiés sur Facebook. Je note au passage qu’il est mort, mais toujours vivant sur Internet, au travers de son site brusquement orphelin. Aimé Corbaz redevenu Pascal Gringet (son vrai nom) après le «Matin» avait entrepris une formation de sophrologue et ouvert son propre cabinet qui s’appelle «Soif de vivre».
Aimé est mort du cancer, peut-être du sida, peut-être de l’alcool, peut-être un peu de tout cela à la fois. Cet écorché vif s’est battu et encore battu. La mort l’a vaincu. Mais peut-on vaincre un type comme lui? Tchô Aimé et sois heureux où tu es désormais.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 19 octobre 2011
Chronique du Nouvellsite du mercredi 19 octobre 2011
Des délais et des soucis
Denis Pittet, journaliste *
Les temps politiques sont chauds. Les élections fédérales «approchent». Elles ont lieu dans quatre jours. Vraiment? Le vote par correspondance a en fait complètement changé la donne. Quelques chiffres pour le canton de Vaud. Depuis l’introduction du vote par correspondance en en juin 2002, on considère grosses mailles que quatre cinquièmes des électeurs ont voté par correspondance et que seul un cinquième se rend encore au bureau de vote. A cela s’ajoute un deuxième changement radical concernant le moment du vote: la moitié des électeurs votent beaucoup plus tôt que par le passé. Aujourd’hui, ce sont 23 % des gens qui remplissent leur bulletin dès réception du matériel de vote (environ 3 semaines avant la votation), et 23 % la 2e semaine avant le scrutin. Seuls 54 % font leur choix la semaine du scrutin. L’autre changement capital apporté par le vote par correspondance est l’augmentation significative du taux de participation. L’appel vibrant lancé par Fulvio Pelli l’autre jour sur les ondes de la RSR était à cet égard significatif. Le président des radicaux suisses enjoignait au ventre mou de ses troupes de simplement voter, persuadé que seule une forte mobilisation pouvait encore contrer la montée de l’UDC. Cela paraît cruellement basique, mais c’est encore mieux quand c’est dit…
Les Vaudois ne sont pas au bout de leur peine. Les résultats des Fédérales seront immédiatement pris dans la moulinette des analyses de tous les partis confondus afin de mesurer les poids respectifs et relatifs – donc les chances - des deux candidats à l’élection partielle au Conseil d’Etat, agendée au dimanche 27 novembre. Compte tenu des délais du vote par correspondance et des chiffres évoqués plus haut, la «campagne» pour la partielle ne durera, après les Fédérales, que deux semaines… Le combat entre l’UDC Pierre-Yves Rapaz et la Verte Béatrice Métraux aura donc l’incroyable double particularité de n’exister qu’à cause du décès tragique de Jean-Claude Mermoud - prenant de court tous les scénarii envisagés par les partis pour mars 2012 normalement – et de se décliner en partie à la lumière des résultats de leurs partis respectifs aux Fédérales.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Les temps politiques sont chauds. Les élections fédérales «approchent». Elles ont lieu dans quatre jours. Vraiment? Le vote par correspondance a en fait complètement changé la donne. Quelques chiffres pour le canton de Vaud. Depuis l’introduction du vote par correspondance en en juin 2002, on considère grosses mailles que quatre cinquièmes des électeurs ont voté par correspondance et que seul un cinquième se rend encore au bureau de vote. A cela s’ajoute un deuxième changement radical concernant le moment du vote: la moitié des électeurs votent beaucoup plus tôt que par le passé. Aujourd’hui, ce sont 23 % des gens qui remplissent leur bulletin dès réception du matériel de vote (environ 3 semaines avant la votation), et 23 % la 2e semaine avant le scrutin. Seuls 54 % font leur choix la semaine du scrutin. L’autre changement capital apporté par le vote par correspondance est l’augmentation significative du taux de participation. L’appel vibrant lancé par Fulvio Pelli l’autre jour sur les ondes de la RSR était à cet égard significatif. Le président des radicaux suisses enjoignait au ventre mou de ses troupes de simplement voter, persuadé que seule une forte mobilisation pouvait encore contrer la montée de l’UDC. Cela paraît cruellement basique, mais c’est encore mieux quand c’est dit…
Les Vaudois ne sont pas au bout de leur peine. Les résultats des Fédérales seront immédiatement pris dans la moulinette des analyses de tous les partis confondus afin de mesurer les poids respectifs et relatifs – donc les chances - des deux candidats à l’élection partielle au Conseil d’Etat, agendée au dimanche 27 novembre. Compte tenu des délais du vote par correspondance et des chiffres évoqués plus haut, la «campagne» pour la partielle ne durera, après les Fédérales, que deux semaines… Le combat entre l’UDC Pierre-Yves Rapaz et la Verte Béatrice Métraux aura donc l’incroyable double particularité de n’exister qu’à cause du décès tragique de Jean-Claude Mermoud - prenant de court tous les scénarii envisagés par les partis pour mars 2012 normalement – et de se décliner en partie à la lumière des résultats de leurs partis respectifs aux Fédérales.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 5 octobre 2011
Chronique du Nouvelliste du 5 octobre 2011
Rentrée universitaire
Denis Pittet, journaliste *
A Lausanne, l’heure de la rentrée universitaire a sonné depuis quinze jours. Ce sont ainsi 12 400 étudiantes et étudiants qui ont pris le chemin du campus de Dorigny, pour y entamer leur cursus. Le chiffre laisse songeur par son ampleur, sans oublier qu’ici ne sont pas comptabilisés les 8000 étudiant de l’EPFL qui ont également commencé leurs cours le 20 septembre dernier. Ce sont donc plus de 20'000 personnes qui prennent désormais le chemin du bord du lac, pour investir une véritable ville, avec ses bâtiments, bibliothèques, installations sportives, hôtels, logements, mais aussi cantines, restos ou banques. De fait, le site de Dorigny dans son ensemble peut ainsi être considéré comme la 4e ville du canton en taille, après Lausanne, Yverdon et Montreux et juste avant Renens et Morges.
L’UNIL enregistre une progression de 2,5% de ses effectifs. Les sciences politiques auraient le vent en poupe. Pour l’EPFL, l’augmentation est «historique» - sans doute la plus forte depuis 20 ans – avec 10% de plus d’étudiants. Sans qu’il n’y ait d’explication «scientifique», ce sont le génie civil et l’architecture qui enregistrent les nouvelles plus fortes affluences d’étudiants.
Un peu d’histoire : c’est en 1949 déjà qu’un rapport d’ensemble des besoins de l’Université de Lausanne est présenté au Conseil d’Etat et met à jour le problème de l’accroissement du nombre d’étudiants…Il faudra attendre octobre1963 pour que le Conseil d’Etat nomme une Commission chargée d’étudier le problème du développement de l’Université de Lausanne. Dorigny sera rapidement désigné comme le futur site universitaire de Lausanne. Au printemps 1965, la décision politique de transférer l’Université et l’Ecole polytechnique universitaire de Lausanne sur le site de Dorigny est prise, ouvrant la voie à la construction du Collège propédeutique, premier bâtiment à être mis en service en 1970. Des dizaines d’autres suivront. Le dernier, emblématique et médiatisé à souhait étant le Rolex Learning Center.
Depuis plus 40 ans, Dorigny est donc un «chantier» permanent ; celui des bâtiments et celui de la pensée. Et malgré l’incroyable emprise physique sur les lieux, ces derniers conservent une beauté et une magie qui font du site universitaire de Dorigny l’un des plus beaux campus du monde.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
A Lausanne, l’heure de la rentrée universitaire a sonné depuis quinze jours. Ce sont ainsi 12 400 étudiantes et étudiants qui ont pris le chemin du campus de Dorigny, pour y entamer leur cursus. Le chiffre laisse songeur par son ampleur, sans oublier qu’ici ne sont pas comptabilisés les 8000 étudiant de l’EPFL qui ont également commencé leurs cours le 20 septembre dernier. Ce sont donc plus de 20'000 personnes qui prennent désormais le chemin du bord du lac, pour investir une véritable ville, avec ses bâtiments, bibliothèques, installations sportives, hôtels, logements, mais aussi cantines, restos ou banques. De fait, le site de Dorigny dans son ensemble peut ainsi être considéré comme la 4e ville du canton en taille, après Lausanne, Yverdon et Montreux et juste avant Renens et Morges.
L’UNIL enregistre une progression de 2,5% de ses effectifs. Les sciences politiques auraient le vent en poupe. Pour l’EPFL, l’augmentation est «historique» - sans doute la plus forte depuis 20 ans – avec 10% de plus d’étudiants. Sans qu’il n’y ait d’explication «scientifique», ce sont le génie civil et l’architecture qui enregistrent les nouvelles plus fortes affluences d’étudiants.
Un peu d’histoire : c’est en 1949 déjà qu’un rapport d’ensemble des besoins de l’Université de Lausanne est présenté au Conseil d’Etat et met à jour le problème de l’accroissement du nombre d’étudiants…Il faudra attendre octobre1963 pour que le Conseil d’Etat nomme une Commission chargée d’étudier le problème du développement de l’Université de Lausanne. Dorigny sera rapidement désigné comme le futur site universitaire de Lausanne. Au printemps 1965, la décision politique de transférer l’Université et l’Ecole polytechnique universitaire de Lausanne sur le site de Dorigny est prise, ouvrant la voie à la construction du Collège propédeutique, premier bâtiment à être mis en service en 1970. Des dizaines d’autres suivront. Le dernier, emblématique et médiatisé à souhait étant le Rolex Learning Center.
Depuis plus 40 ans, Dorigny est donc un «chantier» permanent ; celui des bâtiments et celui de la pensée. Et malgré l’incroyable emprise physique sur les lieux, ces derniers conservent une beauté et une magie qui font du site universitaire de Dorigny l’un des plus beaux campus du monde.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 7 septembre 2011
Chronique du Nouvelliste du mercredi 7 septembre
L’incroyable automne 2001
Denis Pittet, journaliste *
Depuis quelques jours et pour quelques jours encore, la Planète entière commémore les dix ans du 11 septembre 2001. Rétrospectives, cahiers spéciaux, émissions TV, débats, photos, vidéos, tout y passe et y passera. Personne n’y échappe, pas même certains rédacteurs en chef que j’ai pourtant – en son temps – entendus jurer que les «rétrospectives» étaient désormais ringardes et inutiles. J’ai personnellement toujours pensé le contraire et sans aller jusqu’à parler de «devoir de mémoire», je reste convaincu que les lecteurs aiment se retrouver ou retrouver des émotions fortes vécues. C’est aussi l’un des rôles des médias de leur apporter cela.
Allons-y donc. Peu se souviennent sans doute que c’est le 10 septembre 2001 que «Le Matin» semaine a passé au demi-format. Pour avoir partagé cette aventure, je peux vous assurer que ce ne fût pas une mince affaire à gérer. Ainsi lorsque le mardi 11 septembre 2001 – soit le deuxième jour de la nouvelle formule – nous vîmes en milieu d’après-midi les avions s’écraser dans les Twin Towers, il se passa quelque chose d’indescriptible dans la rédaction. A la fois tétanisés mais unis, nous sortîmes deux journaux en quelques heures, dont un numéro spécial fait que de photos qui fût vendu le soir même dans les rues de Lausanne.
L’automne 2001 ne restera pas seulement marqué par le 11 septembre. Le 27 se déroulait la tragique tuerie de Zoug. Des images terribles, 15 victimes dont l’agresseur. La Suisse découvrira alors que des autorités politiques ne sont pas à l’abri de telles folies. Dans les mois qui suivront, bien des règles de sécurité changeront dans les bâtiments officiels du Pays. Le 2 octobre, c’était le «grounding» de Swissair. Et le 24 octobre, le terrible incendie entre deux poids lourds dans le tunnel du Gothard (11 morts). Il y a ainsi effectivement des périodes qu’on ne peut pas oublier.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Depuis quelques jours et pour quelques jours encore, la Planète entière commémore les dix ans du 11 septembre 2001. Rétrospectives, cahiers spéciaux, émissions TV, débats, photos, vidéos, tout y passe et y passera. Personne n’y échappe, pas même certains rédacteurs en chef que j’ai pourtant – en son temps – entendus jurer que les «rétrospectives» étaient désormais ringardes et inutiles. J’ai personnellement toujours pensé le contraire et sans aller jusqu’à parler de «devoir de mémoire», je reste convaincu que les lecteurs aiment se retrouver ou retrouver des émotions fortes vécues. C’est aussi l’un des rôles des médias de leur apporter cela.
Allons-y donc. Peu se souviennent sans doute que c’est le 10 septembre 2001 que «Le Matin» semaine a passé au demi-format. Pour avoir partagé cette aventure, je peux vous assurer que ce ne fût pas une mince affaire à gérer. Ainsi lorsque le mardi 11 septembre 2001 – soit le deuxième jour de la nouvelle formule – nous vîmes en milieu d’après-midi les avions s’écraser dans les Twin Towers, il se passa quelque chose d’indescriptible dans la rédaction. A la fois tétanisés mais unis, nous sortîmes deux journaux en quelques heures, dont un numéro spécial fait que de photos qui fût vendu le soir même dans les rues de Lausanne.
L’automne 2001 ne restera pas seulement marqué par le 11 septembre. Le 27 se déroulait la tragique tuerie de Zoug. Des images terribles, 15 victimes dont l’agresseur. La Suisse découvrira alors que des autorités politiques ne sont pas à l’abri de telles folies. Dans les mois qui suivront, bien des règles de sécurité changeront dans les bâtiments officiels du Pays. Le 2 octobre, c’était le «grounding» de Swissair. Et le 24 octobre, le terrible incendie entre deux poids lourds dans le tunnel du Gothard (11 morts). Il y a ainsi effectivement des périodes qu’on ne peut pas oublier.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 24 août 2011
Chronique du Nouvelliste du mercredi 24 août 2011
Infernale conjonction…
Denis Pittet, journaliste *
Le canton de Vaud entre dans une période politiquement agitée. La rentrée «officielle» a eu lieu lundi, mais déjà le tachymètre frôle la zone rouge. Pourquoi? Il suffit d’observer et de relever quelques faits: le 23 octobre prochain auront lieu les élections fédérales. Moins de cinq mois après, le 11 mars, auront lieu les élections cantonales. Les relâches vaudoises se dérouleront du 25 février au 4 mars. La pause de Noël ira du 23 décembre au 8 janvier: tout le monde n’aura pas la chance d’être en vacances, mais tout tournera au ralenti. Et le 4 septembre, soit dans onze jours à peine, a lieu une votation cantonale avec trois objets aussi importants que sensibles : l’initiative populaire «Vivre et voter ici», l’initiative parlementaire concernant l’élection des législatifs à la proportionnelle dans les communes de plus de 3000 habitants et surtout l’initiative populaire «Ecole 2010» et le contre-projet du Conseil d’Etat. Impossible de décrire ici les enjeux de chacun de ces scrutins, sinon de dire qu’ils opposent déjà parfois de façon subtile ou plus directe la droite et la gauche. On relèvera encore en passant qu’un autre sujet est déjà très «chaud» dans le canton : fiscalité et impôts. Les libéraux vaudois ont d’ores et déjà annoncé il ya une semaine qu’ils allaient demander une baisse des impôts devant le Grand Conseil et qu’ils pourraient aller au référendum s’ils n’étaient pas suivi. Ambiance.
Le plus important n’est pas là : il est dans la conjonction élections fédérales-cantonales si proches. Les recalés à Berne devront se repositionner rapidement. Les fédérales vont servir de champ de pré-bataille aux cantonales. Et la campagne des cantonales (avec la pause de Noël et les relâches) se déroulera réellement qu’entre le 9 janvier et le 11 mars, avec le trou des relâches. Autant dire que tout les partis sont déjà sur les dents et à l’affût.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Le canton de Vaud entre dans une période politiquement agitée. La rentrée «officielle» a eu lieu lundi, mais déjà le tachymètre frôle la zone rouge. Pourquoi? Il suffit d’observer et de relever quelques faits: le 23 octobre prochain auront lieu les élections fédérales. Moins de cinq mois après, le 11 mars, auront lieu les élections cantonales. Les relâches vaudoises se dérouleront du 25 février au 4 mars. La pause de Noël ira du 23 décembre au 8 janvier: tout le monde n’aura pas la chance d’être en vacances, mais tout tournera au ralenti. Et le 4 septembre, soit dans onze jours à peine, a lieu une votation cantonale avec trois objets aussi importants que sensibles : l’initiative populaire «Vivre et voter ici», l’initiative parlementaire concernant l’élection des législatifs à la proportionnelle dans les communes de plus de 3000 habitants et surtout l’initiative populaire «Ecole 2010» et le contre-projet du Conseil d’Etat. Impossible de décrire ici les enjeux de chacun de ces scrutins, sinon de dire qu’ils opposent déjà parfois de façon subtile ou plus directe la droite et la gauche. On relèvera encore en passant qu’un autre sujet est déjà très «chaud» dans le canton : fiscalité et impôts. Les libéraux vaudois ont d’ores et déjà annoncé il ya une semaine qu’ils allaient demander une baisse des impôts devant le Grand Conseil et qu’ils pourraient aller au référendum s’ils n’étaient pas suivi. Ambiance.
Le plus important n’est pas là : il est dans la conjonction élections fédérales-cantonales si proches. Les recalés à Berne devront se repositionner rapidement. Les fédérales vont servir de champ de pré-bataille aux cantonales. Et la campagne des cantonales (avec la pause de Noël et les relâches) se déroulera réellement qu’entre le 9 janvier et le 11 mars, avec le trou des relâches. Autant dire que tout les partis sont déjà sur les dents et à l’affût.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 10 août 2011
Chronique du Nouvelliste du 10 août 2011
«Le Café Romand»
Denis Pittet, journaliste *
Je n’ai pas encore eu l’occasion d’évoquer ici un événement lausannois d’importance qui s’est déroulé il y a un peu plus de trois mois: la remise du café «Romand» par sa patronne, Christiane Péclat. L’établissement avait été ouvert par son papa, Louis Péclat, en 1951! Qu’on le veuille ou non et même si le repreneur s’est engagé à «maintenir l’esprit des lieux» (tous les repreneurs disent ça), c’est la fin d’une épopée de plus de 60 ans!
«Le Romand» à Lausanne a fait partie des lieux mythiques de la ville, comme «La Pinte Besson», «Le Central» à l’époque ou encore «La Pomme de Pin» ou même le bar le «PF» (Pré Fleuri, sur l’av. d’Ouchy). Toutes les grandes villes possèdent leurs bistrots mythiques et s’ils sont mythiques, c’est essentiellement parce qu’ils ne changent pas. Il y a des génies qui veulent toujours tout changer et il y a des sages qui misent sur la continuité. Tout le paradoxe de l’époque est bien là: tout va plus vite, mais les gens ont besoin de repères et en matière de repères, le «Romand» méritait la médaille d’or.
La réussite, c’est une équipe qui dure, c’est une patronne omniprésente, c’est l’assurance d’être reçu avec constance, c’est une cuisine régulière et vaudoise. C’est aussi un emplacement à l’angle ouest de la place Saint-François, ce qui est le seul vrai centre de Lausanne depuis toujours. «Le Romand», aussi loin que je me souvienne, n’a jamais changé durant les 40 ans que je l’ai fréquenté, plus ou moins assidûment.
J’adorais pousser la porte du Romand dans les années 80, étudiant, en hiver. Une véritable Madeleine de Proust: du froid, on passait au chaud, une fumée incroyable, mélangée à une odeur suave de fondue ou de papet, et le chant assourdissant de dizaines de conversations toutes plus importantes les unes que les autres. Du Gamay, du Goron, du blanc et puis cette incroyable fresque qui ornait le mur du fond du «Romand», où l’on voit un vigneron contempler le Léman… Cette peinture a donné naissance à plus d’une tirade un brin inspirée et à de sacrés fous rires.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Je n’ai pas encore eu l’occasion d’évoquer ici un événement lausannois d’importance qui s’est déroulé il y a un peu plus de trois mois: la remise du café «Romand» par sa patronne, Christiane Péclat. L’établissement avait été ouvert par son papa, Louis Péclat, en 1951! Qu’on le veuille ou non et même si le repreneur s’est engagé à «maintenir l’esprit des lieux» (tous les repreneurs disent ça), c’est la fin d’une épopée de plus de 60 ans!
«Le Romand» à Lausanne a fait partie des lieux mythiques de la ville, comme «La Pinte Besson», «Le Central» à l’époque ou encore «La Pomme de Pin» ou même le bar le «PF» (Pré Fleuri, sur l’av. d’Ouchy). Toutes les grandes villes possèdent leurs bistrots mythiques et s’ils sont mythiques, c’est essentiellement parce qu’ils ne changent pas. Il y a des génies qui veulent toujours tout changer et il y a des sages qui misent sur la continuité. Tout le paradoxe de l’époque est bien là: tout va plus vite, mais les gens ont besoin de repères et en matière de repères, le «Romand» méritait la médaille d’or.
La réussite, c’est une équipe qui dure, c’est une patronne omniprésente, c’est l’assurance d’être reçu avec constance, c’est une cuisine régulière et vaudoise. C’est aussi un emplacement à l’angle ouest de la place Saint-François, ce qui est le seul vrai centre de Lausanne depuis toujours. «Le Romand», aussi loin que je me souvienne, n’a jamais changé durant les 40 ans que je l’ai fréquenté, plus ou moins assidûment.
J’adorais pousser la porte du Romand dans les années 80, étudiant, en hiver. Une véritable Madeleine de Proust: du froid, on passait au chaud, une fumée incroyable, mélangée à une odeur suave de fondue ou de papet, et le chant assourdissant de dizaines de conversations toutes plus importantes les unes que les autres. Du Gamay, du Goron, du blanc et puis cette incroyable fresque qui ornait le mur du fond du «Romand», où l’on voit un vigneron contempler le Léman… Cette peinture a donné naissance à plus d’une tirade un brin inspirée et à de sacrés fous rires.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
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