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mercredi 11 janvier 2012

Chronique du Nouvelliste du 11 janvier 2012

Immuable Château St Maire
Denis Pittet, journaliste *

Le profil du quartier de la Cité à Lausanne n’a guère changé depuis des siècles. Normal, si on considère que la Cathédrale marque l’entrée de la colline depuis le 20 octobre 1275 – date de sa bénédiction par le pape Grégoire X, que le flanc ouest est marqué par le bâtiment de l’Ancienne Académie, construite par les Bernois entre 1579 à 1587 et qu’à l’est, on «tombait» des fortifications de la Cité directement dans la vallée du Flon, qui coulait encore à ciel ouvert sur ce qu’est devenu aujourd’hui la rue Centrale.
C’est aujourd’hui le Château St Maire qui nous intéresse. Il marque la fin de la Cité au nord de cette dernière. Depuis 1803, il est le siège officiel du Gouvernement vaudois. C’est pourtant dès 1397 et sous l'initiative de l'évêque Guillaume de Menthonay que le Château est construit. Il a été conçu à la fois comme résidence et comme donjon. Les travaux s'achèvent aux environs de 1431. Devenu le siège des baillis bernois de 1536 à 1798 - comme la plupart des châteaux vaudois - le bâtiment a été entretenu et transformé à de nombreuses reprises.
Le constat, c’est que chaque année dès le printemps, en été évidemment, en automne et un peu moins en hiver, des hordes de touristes font immuablement le même chemin: ils «montent» à la Cité depuis la Palud, visitent la Cathédrale et poursuivent jusqu’au Château, immuablement… fermé au public. Un peu désorientés, sans bar ni terrasse sur l’esplanade qui jouxte la forteresse, ces mêmes touristes repartent par où ils étaient venus.
La nouvelle, c’est que le Conseil d’Etat a proposé de nouveaux travaux de transformation et de rénovation du Château St Maire. Après que la question se soit brièvement posée, il a été constaté et décidé que le Château resterait le siège visible et symbolique du gouvernement vaudois. Les travaux devraient avoir lieu entre 2014 et 2017.
Les touristes continueront d’admirer le bâtiment de l’extérieur. Peut-être auront-ils droit d’ici là à une terrasse et des rafraîchissements. Et les fantômes des Evêques de Lausanne écouteront encore pour longtemps les chuchotements sortis de la vénérable salle du Conseil d’Etat.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois

mercredi 21 décembre 2011

Chronique du Nouvelliste du 21 décembre 2011

Ite Missa est
Denis Pittet, journaliste *

Ite Missa est. La messe est dite. Avec l’élection complémentaire au Conseil d’Etat de dimanche, le marathon électoral des Vaudois et ses questions a pris fin pour 2011. Pour 2011. Petit rappel : mars, les communales. En octobre, les fédérales lancent le souffle difficile à cerner réellement de ce vent qui tempête contre l’UDC. Et le 14 décembre, on assiste à l’élection la plus conforme et traditionnelle du Conseil fédéral, malgré les millions de tonnes de commentaires, blogs, twitt, émissions et articles qui prédisaient un combat sanglant.
Mais revenons aux questions qui concernaient directement les Vaudois en cette fin d’année et qui conditionnaient la suite des opérations : Pierre-Yves Maillard allait-il accéder au Conseil Fédéral et qui de Pierre-Yves Rapaz ou de Béatrice Métraux allait accéder au Gouvernement, majorité de droite en jeu? En moins de 4 jours, les réponses sont donc tombées. Et avec elles les conséquences – loin d’être anodines – suivantes : Pierre-Yves Maillard sera là pour les cantonales de mars 2012 et la gauche garde sa locomotive électorale. Béatrice Métraux élue dimanche, la majorité du Conseil d’Etat a passé à gauche.
Ite Missa est pour 2011 mais pas de trêve encore. Le 11 mars, les Vaudoises et les Vaudois éliront le nouveau Grand Conseil et le Conseil d’Etat. On n’aura sans doute jamais vu une campagne électorale si courte, entre la rentrée de janvier et les relâches scolaires qui auront lieu du 25 février au 4 mars. Le premier tour se déroulera une semaine après. Cela ramène les partis à faire campagne bien moins que deux mois. Les listes doivent être déposées le 16 janvier…
L’enjeu des cantonales – on le sait désormais – est de se demander si la droite reprendra ou non la majorité au gouvernement en mars prochain. Les 3 sortants (Broulis, De Quattro et Leuba) seront réélus. Les inconnues de poids sont : qui sera le quatrième candidat à droite? Que fera l’UDC? Et à gauche, la syndique de Morges, Nuria Gorrite, se lancera-t-elle?
On n’a sans doute pas fini de mesurer, dans l’histoire politique du canton de Vaud, le peu d’importance que la droite a accordé à l’élection complémentaire du 18 décembre 2011.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois

mercredi 30 novembre 2011

Chronique du Nouvelliste du 30 novembre 2011

Conseil d’Etat : le poids des villes
Denis Pittet, journaliste *

La nouvelle est tombée lundi après-midi à 15h58 : Emmanuel Gétaz annonce alors qu’il se retire de la course à l’élection complémentaire au Conseil d’État vaudois du 18 décembre. Le représentant de «Vaud libre» a pesé exactement 10,09% des suffrages au premier tour. Cette manne «incroyable», Gétaz demande quelques heures plus tard à ses partisans de ne pas en faire bénéficier le candidat UDC, Pierre-Yves Rapaz. Pour rappel, la candidate Verte Béatrice Métraux, opposée au candidat UDC est arrivé à la première place il y a trois jours avec 44,56% des suffrages. Pierre-Yves Rapaz a obtenu 40,33% des voix.
Cette élection complémentaire atypique, caractérisée par tous les spécialistes de la politique vaudoise comme «secondaire» du fait du peu de charisme présenté par les deux candidats en lice, pourrait bien faire bouillir plus fortement que prévu la marmite avant Noël. La prise de conscience que c’est bel et bien la majorité gouvernementale qui est en jeu reprend du poil de la bête et ce n’est pas fini. Même si ceux qui veulent attendre le printemps et les élections générales de mars 2012 (Grand Conseil et Conseil d’Etat) pour «régler tout ça» sont de plus en plus nombreux, préférant ne plus regarder les réalités en face ou étant trop épuisés pour le faire…
Quelles sont les vraies leçons à tirer du premier tour? La première – indiscutable – est que la Verte a pris un ascendant indéniable sur la victoire finale. Cela donne des boutons à la droite placée désormais face à cette évidence. La seconde est que Rapaz n’a pas perdu autant que certains se l’imaginaient. Cela donne des boutons à la gauche, qui se met même à imaginer une victoire sur le fil pour Rapaz. Les états-majors s’agitent, le peuple décide…
La clé du résultat final au soir du 18 décembre ne se trouve plus dans le nombre de bulletins blancs ni dans l’inconnue Gétaz. La clé du résultat final se trouve dans le futur taux de participation. Posé historiquement bas à 31,3% dimanche, ce taux sera forcément plus haut le 18 décembre. Statistiquement, il oscillera entre 35% et 40%. Cette hausse dépendra de la volonté des partis à mobiliser leurs troupes. Cette hausse du taux concernera linéairement tout le canton, donc en particulier les villes. Or une augmentation du taux dans les villes favorisera la gauche ou minimisera la mobilisation tardive de la droite. De là à dire que les jeux sont faits…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois

mardi 15 novembre 2011

Chronique du Nouvelliste du 16 novembre 2011

Métropole, armée et élections
Denis Pittet, journaliste *

9 novembre: on apprend que les cantons de Vaud et Genève veulent renforcer leur «couple». Les deux gouvernements signent au Château de Prangins une nouvelle convention portant sur le développement de ce qu’on appelle désormais la Métropole lémanique. Les intérêts sont multiples ; à développer, à défendre. Il s’agit aussi de renforcer l‘influence à Berne. Ca tombe bien : la nouvelle est annoncée presque un mois jour pour jour avant l’élection au Conseil fédéral du 14 décembre, où Pierre-Yves Maillard est candidat, avec quelques chances de succès malgré tout…
11 novembre: journées portes ouvertes à l’école de recrues d’infanterie 3 à Bure. Stratus tenace, humidité et froid vif pour les 1500 personnes qui ont pris la route aux aurores pour venir voir leurs enfants ou petit copain s’adonner aux joies militaires. Parmi eux, beaucoup de Vaudois et de Valaisans. L’accueil est chaleureux, le café militaire toujours aussi… militaire. Les jeunes soldats mènent avec entrain leurs démonstrations. Je suis étonné par le bon esprit qui préside à cette journée. Cadres calmes et observateurs, jeunes officiers et sous-officiers assez complices avec les soldats dont ils ne sont souvent les aînés que de quelques mois. Bref, on oublie le froid, on partage un moment très convivial, on sourit à l’école de section façon «Samba !» et on félicite toute l’équipe du colonel EMG Mathias Tüscher.
13 novembre: le duo représentant le canton de Vaud au Conseil des Etats est élu sans surprise : Géraldine Savary et Luc Recordon triomphent avec panache et laissent Isabelle Moret et Guy Parmelin. Près de14% d’écart séparent la socialiste de l’UDC. Mais les urnes restent chaudes : dans 11 jours, c’est le premier tour à l’élection complémentaire au Conseil d’Etat. En lice l’UDC Pierre-Yves Rapaz et la Verte Béatrice Métraux. Tous les analystes s’accordent à dire que cela a beaucoup «biffé» ce dimanche au sein même des formations politiques et que cela… biffera beaucoup le 27 novembre. Bien malin qui peut assurer un pronostic pour cette élection dont l’enjeu n’est rien de moins que la perte possible de la majorité par la droite.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois

mercredi 2 novembre 2011

Chronique du Nouvelliste du 2 novembre 2011

Hommage à Aimé Corbaz
Denis Pittet, journaliste *

C’est aujourd’hui en fin d’après-midi qu’aura lieu une cérémonie d’adieu au cimetière de Montoie en la mémoire d’Aimé Corbaz, mort vendredi à l’âge de 56 ans. Qui est Aimé Corbaz? C’était un journaliste attaché durant des lustres à la rubrique culturelle du Matin, non sans avoir commencé sa carrière à l’Illustré comme «Ringier boy» (c’est une expression propre aux journalistes romands qui qualifient ainsi «ceux» qui travaillent ou travaillaient pour Ringier contrairement à «ceux» d’Edipresse…) Aimé Corbaz a quitté le journalisme en 2007. Quitté, façon de parler. Il écrira donc deux bouquins car il faut savoir que le journalisme fait partie de ces professions qui ne vous laissent jamais. Lorsque, comme Aimé, on a appris à rechercher le bon sujet, à choisir quoi publier le lendemain dans sa rubrique, à se décider à interviewer plutôt celui-ci que celle-là, à argumenter dans un édito, on reste marqué consciemment et inconsciemment pour la fin de sa vie.
Aimé Corbaz était homosexuel. Il a aussi été très longtemps alcoolique. Deux qualités que d’aucuns ont sans doute considéré comme rédhibitoires. Moi pas. J’ai travaillé et côtoyé Aimé quotidiennement durant près de 20 ans et je l’aimais beaucoup. C’était un type intelligent, cultivé, parfois cynique, rarement méchant, d’une vivacité d’esprit remarquable et libre dans ses pensées et ses actes. Ce n’est pas pour rien que depuis vendredi, la nouvelle de sa disparition s’est répandue telle une traînée de poudre dans le monde des médias et que de très beaux hommages ont été publiés sur Facebook. Je note au passage qu’il est mort, mais toujours vivant sur Internet, au travers de son site brusquement orphelin. Aimé Corbaz redevenu Pascal Gringet (son vrai nom) après le «Matin» avait entrepris une formation de sophrologue et ouvert son propre cabinet qui s’appelle «Soif de vivre».
Aimé est mort du cancer, peut-être du sida, peut-être de l’alcool, peut-être un peu de tout cela à la fois. Cet écorché vif s’est battu et encore battu. La mort l’a vaincu. Mais peut-on vaincre un type comme lui? Tchô Aimé et sois heureux où tu es désormais.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois

mercredi 19 octobre 2011

Chronique du Nouvellsite du mercredi 19 octobre 2011

Des délais et des soucis
Denis Pittet, journaliste *

Les temps politiques sont chauds. Les élections fédérales «approchent». Elles ont lieu dans quatre jours. Vraiment? Le vote par correspondance a en fait complètement changé la donne. Quelques chiffres pour le canton de Vaud. Depuis l’introduction du vote par correspondance en en juin 2002, on considère grosses mailles que quatre cinquièmes des électeurs ont voté par correspondance et que seul un cinquième se rend encore au bureau de vote. A cela s’ajoute un deuxième changement radical concernant le moment du vote: la moitié des électeurs votent beaucoup plus tôt que par le passé. Aujourd’hui, ce sont 23 % des gens qui remplissent leur bulletin dès réception du matériel de vote (environ 3 semaines avant la votation), et 23 % la 2e semaine avant le scrutin. Seuls 54 % font leur choix la semaine du scrutin. L’autre changement capital apporté par le vote par correspondance est l’augmentation significative du taux de participation. L’appel vibrant lancé par Fulvio Pelli l’autre jour sur les ondes de la RSR était à cet égard significatif. Le président des radicaux suisses enjoignait au ventre mou de ses troupes de simplement voter, persuadé que seule une forte mobilisation pouvait encore contrer la montée de l’UDC. Cela paraît cruellement basique, mais c’est encore mieux quand c’est dit…
Les Vaudois ne sont pas au bout de leur peine. Les résultats des Fédérales seront immédiatement pris dans la moulinette des analyses de tous les partis confondus afin de mesurer les poids respectifs et relatifs – donc les chances - des deux candidats à l’élection partielle au Conseil d’Etat, agendée au dimanche 27 novembre. Compte tenu des délais du vote par correspondance et des chiffres évoqués plus haut, la «campagne» pour la partielle ne durera, après les Fédérales, que deux semaines… Le combat entre l’UDC Pierre-Yves Rapaz et la Verte Béatrice Métraux aura donc l’incroyable double particularité de n’exister qu’à cause du décès tragique de Jean-Claude Mermoud - prenant de court tous les scénarii envisagés par les partis pour mars 2012 normalement – et de se décliner en partie à la lumière des résultats de leurs partis respectifs aux Fédérales.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois

mercredi 5 octobre 2011

Chronique du Nouvelliste du 5 octobre 2011

Rentrée universitaire
Denis Pittet, journaliste *

A Lausanne, l’heure de la rentrée universitaire a sonné depuis quinze jours. Ce sont ainsi 12 400 étudiantes et étudiants qui ont pris le chemin du campus de Dorigny, pour y entamer leur cursus. Le chiffre laisse songeur par son ampleur, sans oublier qu’ici ne sont pas comptabilisés les 8000 étudiant de l’EPFL qui ont également commencé leurs cours le 20 septembre dernier. Ce sont donc plus de 20'000 personnes qui prennent désormais le chemin du bord du lac, pour investir une véritable ville, avec ses bâtiments, bibliothèques, installations sportives, hôtels, logements, mais aussi cantines, restos ou banques. De fait, le site de Dorigny dans son ensemble peut ainsi être considéré comme la 4e ville du canton en taille, après Lausanne, Yverdon et Montreux et juste avant Renens et Morges.
L’UNIL enregistre une progression de 2,5% de ses effectifs. Les sciences politiques auraient le vent en poupe. Pour l’EPFL, l’augmentation est «historique» - sans doute la plus forte depuis 20 ans – avec 10% de plus d’étudiants. Sans qu’il n’y ait d’explication «scientifique», ce sont le génie civil et l’architecture qui enregistrent les nouvelles plus fortes affluences d’étudiants.
Un peu d’histoire : c’est en 1949 déjà qu’un rapport d’ensemble des besoins de l’Université de Lausanne est présenté au Conseil d’Etat et met à jour le problème de l’accroissement du nombre d’étudiants…Il faudra attendre octobre1963 pour que le Conseil d’Etat nomme une Commission chargée d’étudier le problème du développement de l’Université de Lausanne. Dorigny sera rapidement désigné comme le futur site universitaire de Lausanne. Au printemps 1965, la décision politique de transférer l’Université et l’Ecole polytechnique universitaire de Lausanne sur le site de Dorigny est prise, ouvrant la voie à la construction du Collège propédeutique, premier bâtiment à être mis en service en 1970. Des dizaines d’autres suivront. Le dernier, emblématique et médiatisé à souhait étant le Rolex Learning Center.
Depuis plus 40 ans, Dorigny est donc un «chantier» permanent ; celui des bâtiments et celui de la pensée. Et malgré l’incroyable emprise physique sur les lieux, ces derniers conservent une beauté et une magie qui font du site universitaire de Dorigny l’un des plus beaux campus du monde.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois