L'actu n'a ni mode, ni âge
Denis Pittet, journaliste *
Je vous conseille vivement de visionner sur le site internet des archives de la RTS l’incroyable reportage diffusé le 16 novembre 1961 - commenté par Guy Ackermann – et consacré au chantier de l’autoroute A1 entre Genève et Lausanne. Parce que c’est juste magique. La première séquence prise d’hélicoptère montre le ruban se dessinant au milieu de champs pratiquement vides! 1961, ce n’est pas si vieux : 51 ans. Mais comme tout a changé en ce demi-siècle…
Le 29 décembre 1964, la TSR d’alors consacre un autre reportage tout aussi magique: comment circuler sur une autoroute ? On y parle «d’intense circulation» et on y voit 3 bagnoles qui ne se courent même pas après…On y voit – véridique – un type sortir tranquillement de l’autoroute en empruntant une… entrée à contre-sens On y parle des inconscient qui roulent à 30 mètres de la voiture les précédant… Le chef de la circulation de l’autoroute d’alors analyse le comportement des usagers et donne ses bons conseils.
Septembre 2012. A très peu de choses près, et le tracé et les gabarits de l’A1 sont encore ceux de 1961. Mais le ruban est légèrement entouré de constructions ( !) et les 3 bagnoles sont devenues 3000. Seules trois pistes ont été aménagées entre Vennes et Villars-Ste Croix et la possibilité de rouler sur la bande d’arrêt d’urgence dans le secteur de Morges a été ajoutée.
Un des gros problèmes des conducteurs vaudois est qu’ils adorent rouler à gauche. Allez savoir pourquoi. Un Vaudois à 110km/h sur la piste de gauche est un bon Vaudois. Dans sa tête en tout cas. Les 400 autres qui s’empilent derrière rient jaunes. Et naissent ainsi les interminables bouchons assortis des accrochages qui font le bonheur journalier des utilisateurs de l’A1 en 2012.
Moi je dis: tout cela mériterait la rediffusion en urgence de l’émission du 29 décembre 1964. L’actu n’a ni mode, ni âge.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Traduire
vendredi 21 septembre 2012
mercredi 22 août 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 22 août 2012
Fin août
Denis Pittet, journaliste *
Nous voilà déjà à la fin du mois d’août. A cette époque et pour une raison que j’ignore – mais je l’ai pratiquement toujours vécu depuis mon enfance, de différentes manières il est vrai – les Vaudois ont coutume de dire : «Voilà, voilà, déjà fin août, la lumière change, dans un mois le Comptoir, puis le cirque et Noël».
J’avais une collègue avec qui pendant des années nous arrivions un matin à la rédaction, nous nous regardions avec un sourire entendu et nous disions «T’as vu, la lumière a changé». Et c’est vrai. Sans exception et tôt ou tard, entre le 10 et le 25 août, un jour, la lumière change et on bascule dans l’automne. La canicule de cette semaine n’y changera rien. Et ce changement de lumière n’empêche pas de splendides journées en septembre et souvent en octobre aussi…
Du 14 au 23 septembre, le Palais de Beaulieu accueillera donc le 93e (!) Comptoir suisse, appelé aussi - mais moins souvent - «Foire de Lausanne». Ce rendez-vous immuable ancre, comme le changement de lumière, un point de repère dans l’inconscient des Vaudois. La manifestation a énormément évolué depuis 25 ans, mais elle reste «un point unique de rencontre entre la ville et la campagne». Caves, dégustations, animaux, fondue ou invités d’honneur pour ne citer que ces aspects, le Comptoir reste un monument sur lequel quelques sociologues feraient bien de sérieusement se pencher.
Le Cirque Knie suit donc enfin cette trilogie, tout aussi immuablement. Il nous fait passer de septembre à octobre (27 septembre-10 octobre cette année), avec son zoo et le traditionnel bain des éléphants dans le Léman sur la plage de Bellerive.
Le cirque ayant fait ses bagages, un dernier sursaut de Vie a lieu avec les vendanges et les différentes Fêtes qui les accompagnent dans le canton. Puis on entre en léthargie.
Voilà. Je ne voulais pas vous «casser» en cette magnifique semaine, mais malgré ce temps et cette chaleur, je suis obligé de vous dire non sans un petit sourire «bienvenue en automne ». Na!
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Nous voilà déjà à la fin du mois d’août. A cette époque et pour une raison que j’ignore – mais je l’ai pratiquement toujours vécu depuis mon enfance, de différentes manières il est vrai – les Vaudois ont coutume de dire : «Voilà, voilà, déjà fin août, la lumière change, dans un mois le Comptoir, puis le cirque et Noël».
J’avais une collègue avec qui pendant des années nous arrivions un matin à la rédaction, nous nous regardions avec un sourire entendu et nous disions «T’as vu, la lumière a changé». Et c’est vrai. Sans exception et tôt ou tard, entre le 10 et le 25 août, un jour, la lumière change et on bascule dans l’automne. La canicule de cette semaine n’y changera rien. Et ce changement de lumière n’empêche pas de splendides journées en septembre et souvent en octobre aussi…
Du 14 au 23 septembre, le Palais de Beaulieu accueillera donc le 93e (!) Comptoir suisse, appelé aussi - mais moins souvent - «Foire de Lausanne». Ce rendez-vous immuable ancre, comme le changement de lumière, un point de repère dans l’inconscient des Vaudois. La manifestation a énormément évolué depuis 25 ans, mais elle reste «un point unique de rencontre entre la ville et la campagne». Caves, dégustations, animaux, fondue ou invités d’honneur pour ne citer que ces aspects, le Comptoir reste un monument sur lequel quelques sociologues feraient bien de sérieusement se pencher.
Le Cirque Knie suit donc enfin cette trilogie, tout aussi immuablement. Il nous fait passer de septembre à octobre (27 septembre-10 octobre cette année), avec son zoo et le traditionnel bain des éléphants dans le Léman sur la plage de Bellerive.
Le cirque ayant fait ses bagages, un dernier sursaut de Vie a lieu avec les vendanges et les différentes Fêtes qui les accompagnent dans le canton. Puis on entre en léthargie.
Voilà. Je ne voulais pas vous «casser» en cette magnifique semaine, mais malgré ce temps et cette chaleur, je suis obligé de vous dire non sans un petit sourire «bienvenue en automne ». Na!
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
jeudi 9 août 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 8 août 2012
La Blécherette
Denis Pittet, journaliste *
Parmi les lieux symboliques et chers aux Vaudois et particulièrement aux Lausannois figure l’aéroport de la Blécherette. Le visiteur d’un jour de la capitale vaudoise devrait y faire un saut et observer le ballet des avions depuis la terrasse du nouveau restaurant inauguré en 2005.
Lausanne et la Blécherette, c’est une véritable histoire d’amour, qui failli se terminer le 21 juin 1992 : la Municipalité d’alors souhaitait la fermeture définitive de la place. Mais la population, par voie de référendum, décida à la majorité de 60%, qu’il fallait laisser vivre l’aéroport. A l’époque, le combat fut homérique entre partisans et opposants, les premiers voulant à la fois conserver ce qu’ils considéraient comme un patrimoine et une installation utile au développement touristique et économique de la région, les seconds y voyant une source de nuisances sonores et la potentielle utilisation des terrains qui auraient été libérés pour du logement. Il est d’ailleurs piquant de constater que 20 ans plus tard, l’aérodrome est toujours là, comme existe le projet «Métamorphose» qui prévoit notamment la création d’un éco-quartier aux alentours de la place d’aviation.
Il faut se souvenir que la Blécherette est le plus ancien aéroport de Suisse toujours en service. On a fêté ses 100 ans en 2011. En 1916 s’y était ouverte la première école de pilotage de Suisse. Et dans les années 30, on volait depuis Lausanne vers Barcelone ou Berlin… La Blécherette a connu des meetings aériens mémorables, dont celui de fin août 2005 pour les 100 ans de la Fédération internationale aéronautique, où plus de 70'000 personnes avaient envahi la place.
Il faut enfin savoir que «La Blécherette» est aussi synonyme pour des dizaines de milliers de Vaudois du passage du permis de conduire et des expertises de voitures. En effet, depuis la nuit des temps, le service des automobiles – connu sous le même nom que l’aéroport – lui fait face de l’autre côté de l’avenue du Grey.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Parmi les lieux symboliques et chers aux Vaudois et particulièrement aux Lausannois figure l’aéroport de la Blécherette. Le visiteur d’un jour de la capitale vaudoise devrait y faire un saut et observer le ballet des avions depuis la terrasse du nouveau restaurant inauguré en 2005.
Lausanne et la Blécherette, c’est une véritable histoire d’amour, qui failli se terminer le 21 juin 1992 : la Municipalité d’alors souhaitait la fermeture définitive de la place. Mais la population, par voie de référendum, décida à la majorité de 60%, qu’il fallait laisser vivre l’aéroport. A l’époque, le combat fut homérique entre partisans et opposants, les premiers voulant à la fois conserver ce qu’ils considéraient comme un patrimoine et une installation utile au développement touristique et économique de la région, les seconds y voyant une source de nuisances sonores et la potentielle utilisation des terrains qui auraient été libérés pour du logement. Il est d’ailleurs piquant de constater que 20 ans plus tard, l’aérodrome est toujours là, comme existe le projet «Métamorphose» qui prévoit notamment la création d’un éco-quartier aux alentours de la place d’aviation.
Il faut se souvenir que la Blécherette est le plus ancien aéroport de Suisse toujours en service. On a fêté ses 100 ans en 2011. En 1916 s’y était ouverte la première école de pilotage de Suisse. Et dans les années 30, on volait depuis Lausanne vers Barcelone ou Berlin… La Blécherette a connu des meetings aériens mémorables, dont celui de fin août 2005 pour les 100 ans de la Fédération internationale aéronautique, où plus de 70'000 personnes avaient envahi la place.
Il faut enfin savoir que «La Blécherette» est aussi synonyme pour des dizaines de milliers de Vaudois du passage du permis de conduire et des expertises de voitures. En effet, depuis la nuit des temps, le service des automobiles – connu sous le même nom que l’aéroport – lui fait face de l’autre côté de l’avenue du Grey.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
lundi 30 juillet 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 25 juillet 2012
Quand on parle olympisme
Denis Pittet, journaliste *
Dans deux jours, les Jeux olympiques de Londres seront ouverts. Le milliard de téléspectateurs attendu devrait en prendre plein la vue. Les 10’490 athlètes qui défileront dans l’arène olympique aussi. Parmi eux, 102 champions helvétiques. Et les centaines de milliers de spectateurs seront encore à la fête d’un été 2012 particulièrement sportif.
L’arrivée des Jeux m’a fait remonter questions et souvenirs. Quelle ville en Suisse a-t-elle abrité les Jeux ? St Moritz, et deux fois, en 1928 et 1948. Pour les Valaisans et Sion, tout le monde se souvient de ce samedi noir du 19 juin 1999, où j’ai vécu avec des milliers d’autres le moment où Juan Antonio Samaranch a annoncé en direct depuis Séoul sur un écran géant -et non sans confusion - la victoire de Turin pour les JO de 2006. On se souvient moins que Sion avait été candidate en 1968 déjà, en 1970 et en 2002.
L’histoire de Lausanne et du CIO est encore plus complexe. Chacun sait que depuis le 5 décembre 1993, la ville a été faite «Capitale olympique». Une cérémonie sobre dans un salon de la Villa de Mon-Repos un dimanche soir. J’y étais. Ce que l’on sait moins et par rapport aux candidatures de Lausanne, c’est que ce ne sont pas moins de 6 tentatives qui ont été déposées : pour les Jeux de 1960 où Lausanne finit deuxième derrière Rome, mais aussi pour les Jeux de 1936, de 1944 (annulés), de 1948 et de 1952. La sixième et dernière candidature sera la plus «dramatique»: au terme d’une campagne terrible, le 26 juin 1988, les Lausannois refusent lors d’un référendum la responsabilité financière solidaire de la candidature pour les Jeux d’hiver de 1994, «contre» les stations des Alpes vaudoises. Un vote qui laissera des traces pour de nombreuses années. C’est Lillehammer qui passera.
Dernière question et pas des moindres: pourquoi le stade de la Pontaise s’appelle-t-il stade olympique? J’ai cherché la réponse des heures. Par excès de confiance et en prévision d’accueillir les Jeux un jour ? Peut-être. Mais surtout parce que la Pontaise a été inaugurée les 22 et 23 mai 1954 et que cette année là marquait le 60e anniversaire de la rénovation des Jeux olympiques.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Dans deux jours, les Jeux olympiques de Londres seront ouverts. Le milliard de téléspectateurs attendu devrait en prendre plein la vue. Les 10’490 athlètes qui défileront dans l’arène olympique aussi. Parmi eux, 102 champions helvétiques. Et les centaines de milliers de spectateurs seront encore à la fête d’un été 2012 particulièrement sportif.
L’arrivée des Jeux m’a fait remonter questions et souvenirs. Quelle ville en Suisse a-t-elle abrité les Jeux ? St Moritz, et deux fois, en 1928 et 1948. Pour les Valaisans et Sion, tout le monde se souvient de ce samedi noir du 19 juin 1999, où j’ai vécu avec des milliers d’autres le moment où Juan Antonio Samaranch a annoncé en direct depuis Séoul sur un écran géant -et non sans confusion - la victoire de Turin pour les JO de 2006. On se souvient moins que Sion avait été candidate en 1968 déjà, en 1970 et en 2002.
L’histoire de Lausanne et du CIO est encore plus complexe. Chacun sait que depuis le 5 décembre 1993, la ville a été faite «Capitale olympique». Une cérémonie sobre dans un salon de la Villa de Mon-Repos un dimanche soir. J’y étais. Ce que l’on sait moins et par rapport aux candidatures de Lausanne, c’est que ce ne sont pas moins de 6 tentatives qui ont été déposées : pour les Jeux de 1960 où Lausanne finit deuxième derrière Rome, mais aussi pour les Jeux de 1936, de 1944 (annulés), de 1948 et de 1952. La sixième et dernière candidature sera la plus «dramatique»: au terme d’une campagne terrible, le 26 juin 1988, les Lausannois refusent lors d’un référendum la responsabilité financière solidaire de la candidature pour les Jeux d’hiver de 1994, «contre» les stations des Alpes vaudoises. Un vote qui laissera des traces pour de nombreuses années. C’est Lillehammer qui passera.
Dernière question et pas des moindres: pourquoi le stade de la Pontaise s’appelle-t-il stade olympique? J’ai cherché la réponse des heures. Par excès de confiance et en prévision d’accueillir les Jeux un jour ? Peut-être. Mais surtout parce que la Pontaise a été inaugurée les 22 et 23 mai 1954 et que cette année là marquait le 60e anniversaire de la rénovation des Jeux olympiques.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
lundi 16 juillet 2012
Bellerive-plage fête ses 75 ans
Denis Pittet, journaliste *
Le 10 juillet 1937 est inaugurée la plage de Bellerive. Septante-cinq ans jour pour jour. A Lausanne et pour les Lausannois, la plage de Bellerive est un lieu mythique et de rassemblement. Sans doute cet espace de près de 75'000 mètres carrés est-il unique en Europe. Et je ne serai pas loin de parier que pratiquement au moins une fois dans leur vie, tous les enfants de la région lausannoise y ont mis le pied. A celles et ceux qui ne connaissent pas l’endroit, je conseille vivement de s’y arrêter un jour d’été.
Pour faire bref, l’ensemble a été construit de 1936 à 1937 sous l’égide d’une municipalité de gauche et dans un contexte de crise économique. En 1961, en comblant le lac, la surface passe de 17'500 mètres carrés à la surface d’aujourd’hui.
Ma tête fourmille de souvenirs. Et que des beaux. J’y ai passé tous mes étés de 12 à 23 ans à peu près. Avec mes copains et mes copines. Bellerive, c’était le fameux plongeoir des dix mètres. Chaque après-midi, le gardien y montait et ceux qui étaient en haut devaient sauter… Enfin, c’est ce que dit la légende. Quand cela arrivait, on était des dizaines à s’asseoir au bord du bassin et à regarder le spectacle. La légende disait aussi qu’un gars – une fois – avait pris un énorme «plat» et était mort. Bellerive, c’était le ping-pong des heures durant. La terrasse du solarium, où apparurent les premiers seins nus et quelques émois. C’était les pyramides dans l’eau, où on était jusqu’à 8 à essayer de monter le plus haut possible. Des fins de saisons tardives, où comme ce dimanche 9 septembre 1973, je regardais s’éloigner Véronique…
Bellerive aura aussi été les heures et les heures passées à jouer au 2-2 au volley, avec Romain. On formait une équipe redoutable. Les gagnants restaient sur le terrain jusqu’à ce que mort s’ensuive. On est morts souvent. Mais de bonheur. Ma maman, aujourd’hui âgée de 85 ans, y allait déjà. Et je suis bien sûr que ces histoires devenues très vieilles pour moi sont encore vécues aujourd’hui par d’autres. Et c’est bien.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Le 10 juillet 1937 est inaugurée la plage de Bellerive. Septante-cinq ans jour pour jour. A Lausanne et pour les Lausannois, la plage de Bellerive est un lieu mythique et de rassemblement. Sans doute cet espace de près de 75'000 mètres carrés est-il unique en Europe. Et je ne serai pas loin de parier que pratiquement au moins une fois dans leur vie, tous les enfants de la région lausannoise y ont mis le pied. A celles et ceux qui ne connaissent pas l’endroit, je conseille vivement de s’y arrêter un jour d’été.
Pour faire bref, l’ensemble a été construit de 1936 à 1937 sous l’égide d’une municipalité de gauche et dans un contexte de crise économique. En 1961, en comblant le lac, la surface passe de 17'500 mètres carrés à la surface d’aujourd’hui.
Ma tête fourmille de souvenirs. Et que des beaux. J’y ai passé tous mes étés de 12 à 23 ans à peu près. Avec mes copains et mes copines. Bellerive, c’était le fameux plongeoir des dix mètres. Chaque après-midi, le gardien y montait et ceux qui étaient en haut devaient sauter… Enfin, c’est ce que dit la légende. Quand cela arrivait, on était des dizaines à s’asseoir au bord du bassin et à regarder le spectacle. La légende disait aussi qu’un gars – une fois – avait pris un énorme «plat» et était mort. Bellerive, c’était le ping-pong des heures durant. La terrasse du solarium, où apparurent les premiers seins nus et quelques émois. C’était les pyramides dans l’eau, où on était jusqu’à 8 à essayer de monter le plus haut possible. Des fins de saisons tardives, où comme ce dimanche 9 septembre 1973, je regardais s’éloigner Véronique…
Bellerive aura aussi été les heures et les heures passées à jouer au 2-2 au volley, avec Romain. On formait une équipe redoutable. Les gagnants restaient sur le terrain jusqu’à ce que mort s’ensuive. On est morts souvent. Mais de bonheur. Ma maman, aujourd’hui âgée de 85 ans, y allait déjà. Et je suis bien sûr que ces histoires devenues très vieilles pour moi sont encore vécues aujourd’hui par d’autres. Et c’est bien.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 27 juin 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 27 juin 2012
Hommage à Roland Schlaefli
Denis Pittet, journaliste *
Roland Schlaefli – décédé à l’âge de 84 ans le samedi 16 juin dernier – était un monument. Pour ceux qui l’ignorent, il était photographe de presse et l’aura été de 1949 – il a alors 21 ans - jusqu’à sa mort. Car bien après sa «retraite» officielle en 2000, on le croisait toujours aux manifestations qu’il avait eu l’habitude de couvrir durant plus d’un demi-siècle.
Roland Schlaefli était pratiquement toujours habillé d’un costume gris un peu dépareillé, parfois assorti d’un gilet et toujours d’une cravate. Il avait autour du cou ses appareils, souvent un Leica et parfois deux Nikon. Ainsi paré, il savait et pouvait se glisser partout discrètement sans se faire remarquer, ce qui est déjà la marque des grands photographes de presse. Même sans accréditation, Schlaefli passait. Il passait car il connaissait aussi tout le monde. Il parlait un peu de manière saccadée et avait toujours mille histoires à raconter. Le 27 avril 2011, le Tour de Romandie a passé par Chexbres et Schlaefli était là. Incroyable. Il était tout fier, accompagné de ses petits-enfants et son appareil autour du cou, au bon endroit pour faire encore une fois la bonne photo. Il était tout content et tout fier.
Roland Schlaefli fonde en 1954 l’agence ASL (Actualités suisse Lausanne), qui devient un véritable label. ASL fournit toute la presse suisse en images de sport, de politique, parfois de la vie quotidienne. Schlaefli parcourt aussi le monde. Sa production est immense : plus de 6 millions de négatifs et près de 600'000 diapositives. Un trésor national. «C’est la vie. Photos de presse depuis 1940», après Zürich, sera présentée au Musée national du Château de Prangins du 16 novembre de cette année au 19 mai 2013. On y verra une partie des photos d’ASL. Il faudra y aller.
Un jour, Schlaefli, croisé au coin de l’avenue de la Gare à Lausanne, m’avait dit le souci qu’il se faisait pour ses archives. Depuis 2006, elles ont rejoint le Musée national suisse et sont donc à l’abri. Une première exposition en est déjà issue. Mais il faudrait passer des mois et des mois pour dénicher les trésors incroyables qui existent sur ces négatifs désormais d’un autre temps…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 13 juin 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 13 juin 2012
Histoires de vélos
Denis Pittet, journaliste *
J’aime bien le vélo et les vélos. Jeune, j’en faisais pas mal. Je partais d’Epalinges et m’aventurais sur mes «boucles». Totalement maniaque comme tout cycliste qui se respecte, j’en connaissais la distance au mètre près (sans GPS à l’époque), le dénivelé des montées fameuses et où se trouvaient les fontaines marquée «eau potable». Je bouffais du sucre de raisin, portait une casquette car le casque n’était pas obligatoire et glissais entre grillons et champs de colza fin mai lorsque le jour baissait et quand il commençait à refaire frais. Car à cette époque, l’été existait encore. Devenu aujourd’hui plus vieux, plus bedonnant et plus grognon, j’aime toujours le vélo, mais dans ma tête et, évidemment, le vélo tel qu’on le pratiquait en 1973…
Aujourd’hui tout a changé. Oh, bien sûr, on croise toujours des vrais cyclistes dans les campagnes, mais on en croise d’autres dans les villes et c’est ici que les choses se gâtent sérieusement. La ville étant désormais engorgée, on a – vous le savez – fixé des règles très dures pour les usagers et créé plein de pistes pour les bus et pour les vélos. Plein de gens vont désormais à vélo en ville, par effet de mode, pour gagner du temps, par conviction écologique. Les vélos électriques fleurissent et j’adore voir monter de jolies pentes par des dames très dignes qui se tiennent très droites, avançant vite sans avoir l’air de fournir le moindre effort.
J’adore nettement moins les vélos qui foncent sur les trottoirs. Ceux qui roulent à contresens. Ceux qui déferlent dans les zones piétonnes. Ceux qui utilisent les passages piétons sur leur vélo: ont-ils la priorité? Ceux qui roulent à trois de front. Ceux qui zigzaguent dans les files. Ceux qui déferlent sur les pistes de bus et grillent les feux rouges. Tout ceux-là, il y en a beaucoup.
Alors, je me dis que c’est sans doute un effet de mode, une évolution du monde urbain et que les policiers zélés sont plus zélés à l’égard des voitures et des motos et moins zélés à l’égard des vélos. Et je repense (soupir) aux grillons et aux champs de colza.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
J’aime bien le vélo et les vélos. Jeune, j’en faisais pas mal. Je partais d’Epalinges et m’aventurais sur mes «boucles». Totalement maniaque comme tout cycliste qui se respecte, j’en connaissais la distance au mètre près (sans GPS à l’époque), le dénivelé des montées fameuses et où se trouvaient les fontaines marquée «eau potable». Je bouffais du sucre de raisin, portait une casquette car le casque n’était pas obligatoire et glissais entre grillons et champs de colza fin mai lorsque le jour baissait et quand il commençait à refaire frais. Car à cette époque, l’été existait encore. Devenu aujourd’hui plus vieux, plus bedonnant et plus grognon, j’aime toujours le vélo, mais dans ma tête et, évidemment, le vélo tel qu’on le pratiquait en 1973…
Aujourd’hui tout a changé. Oh, bien sûr, on croise toujours des vrais cyclistes dans les campagnes, mais on en croise d’autres dans les villes et c’est ici que les choses se gâtent sérieusement. La ville étant désormais engorgée, on a – vous le savez – fixé des règles très dures pour les usagers et créé plein de pistes pour les bus et pour les vélos. Plein de gens vont désormais à vélo en ville, par effet de mode, pour gagner du temps, par conviction écologique. Les vélos électriques fleurissent et j’adore voir monter de jolies pentes par des dames très dignes qui se tiennent très droites, avançant vite sans avoir l’air de fournir le moindre effort.
J’adore nettement moins les vélos qui foncent sur les trottoirs. Ceux qui roulent à contresens. Ceux qui déferlent dans les zones piétonnes. Ceux qui utilisent les passages piétons sur leur vélo: ont-ils la priorité? Ceux qui roulent à trois de front. Ceux qui zigzaguent dans les files. Ceux qui déferlent sur les pistes de bus et grillent les feux rouges. Tout ceux-là, il y en a beaucoup.
Alors, je me dis que c’est sans doute un effet de mode, une évolution du monde urbain et que les policiers zélés sont plus zélés à l’égard des voitures et des motos et moins zélés à l’égard des vélos. Et je repense (soupir) aux grillons et aux champs de colza.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
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