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mercredi 7 novembre 2012

Chronique du Nouvelliste du mercredi 7 novembre 2012

Du dopage…
Denis Pittet, journaliste *

L’Union cycliste internationale (UCI) a son siège à Aigle dans le Chablais. Avec l’affaire Lance Armstrong , il est beaucoup question de dopage dans les journaux ces temps. Le sujet est à la mode. En fait, il est indémodable. Il faut lire et relire Pierre Chany, qui avait couvert 49 (!) Tours de France dans sa carrière ou Louis Nucéra pour se replonger dans des descriptions ou ambiances qui laissent songeurs. Vous croyez vraiment, vous, que les cinglés qui s’élançaient entre Bordeaux et Paris dès 1891 pour une course de 600 kilomètres, sur des routes gravillonnées, ne «marchaient» pas à quelque chose… ? Ils avaient tellement mal au cul (excusez-moi, mais c’est aussi bien de cela dont on parle) et les mollets si durs que c’est les gravillons qui se cassaient quand ils venaient frapper les muscles de ces fous roulants. Pour supporter tout cela, ces cyclistes buvaient de… la gnôle.

Le décès tragique de Tom Simpson, le 13 juillet 1967 sur les pentes du Mont Ventoux, restera sans doute le drame depuis lequel on parle finalement continuellement de dopage dans le cyclisme en particulier et dans le sport en général. La 13e étape entre Marseilles et Carpentras est surnommée l' «étape de la soif». On retrouvera plusieurs tubes de Tonédron (amphétamines) dans les poches du maillot du coureur britannique. Un an avant cet épisode dramatique, les coureurs du Tour de France avaient manifesté contre les premiers contrôles anti-dopage. Simpson avait d'ailleurs été un des rares coureurs à avouer la pratique dans le peloton en 1965.

Plus de 45 ans plus tard, qu’est-ce qui a changé ? Rien. La gnôle cède sa place aux thérapies géniques. Le cyclisme reste dans l’œil du cyclone. Roger Federer exige plus de sévérité dans ses propres contrôles! Et les tricheurs auront pratiquement toujours une longueur d’avance sur les gendarmes du sport. Le fric et le spectacle dictent leurs lois.

Si tous les sportifs qui se dopent décident d’arrêter du jour au lendemain, il y en aura toujours un pour en profiter et recommencer. Ce comportement est hélas inscrit dans le Genre Humain.

* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois









mardi 23 octobre 2012

Chronique du Nouvelliste du mercredi 24 octobre 2012

L’est et l’ouest lausannois
Denis Pittet, journaliste *

Je ne sais pas si c’est un à-priori, mais tous mes amis lausannois avec qui j’ai discuté du propos qui va suivre le partagent globalement. Le grand Lausanne s’étend en gros de Lutry à l’est jusqu’aux portes de Morges à l’ouest. (N’allez pas dire à un Morgien qu’il est Lausannois… ni à un Singe – surnom des habitants de Lutry qu’il pourrait l’être). Mais il existe une ligne de partage beaucoup plus subtile dans la capitale vaudoise.

Imaginez-vous placés à Ouchy, regardant vers le nord, la ville de Lausanne devant vous. La ligne de partage dont je parle «monte» pratiquement en ligne droite pour se terminer dans les Bois de Sauvablin. Ce n’est pas pour rien qu’on parle d’ailleurs d’est lausannois et d’ouest lausannois. Ayant oublié de faire la géographie à l’Université, je crois pourtant savoir qu’une constante se retrouve souvent dans les grands centres urbains : les banlieues industrielles sont souvent placées à l’ouest des villes. Je ne sais pas pourquoi.
Mais détaillons les endroits «frontières » de Lausanne en traversant la ville d’est en ouest. Le quartier de la Sallaz est à l’est, le quartier de Bellevaux clairement à l’ouest. Au centre ville, l’ouest commence au bout de la place Chauderon avec tout ce qui est à l’ouest du pont du même nom. Le Palais de Beaulieu appartient déjà à l’ouest. La place de Milan fait aussi office de frontière. La Blécherette est un cas à part, car elle est au nord. Idem pour la région de Vidy qui est au «sud», alors qu’en fait elle est à l’ouest.

Vous avez perdu la boussole ? Pas grave. Posé le principe de cette séparation de la ville en deux, il faut se demander si c’est un pur concept théorique. Ma réponse est non. Ayant grandi dans l’est lausannois, il m’a fallu des années pour dépasser les frontières de l’ouest. A l’inverse, il a fallu des années aussi pour que mes futurs amis de l’ouest fassent le mouvement inverse. C’est une raison mystérieuse qui préside à cette «séparation» de Lausanne en deux moitiés.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois









mercredi 10 octobre 2012

Chronique du Nouvelliste du mercredi 10 octobre 2012

Le Chablais et les temps obscurs
Denis Pittet, journaliste *

En des temps obscurs, le Chablais était une région atroce. Il faut le dire. Des marais pestilentiels abritaient des monstres marins tels que grenouilles vertes géantes qui gobaient d’un coup d’un seul les rares enfants qui avaient survécu à leur naissance. Des moustiques de près d’un mètre d’envergure survolaient la zone, répandant la malaria, qui finissait de tuer les rares adultes souffrant d’un goitre. Un fleuve monstrueux nommé Rhodanusia étendait au hasard ses tentacules gigantesques dans cette plaine où le soleil ne brillait jamais et noyait les bâtisses en bois pourri qui abritaient les rares habitants. Parfois, des pans entiers de montagnes s’abattaient dans la plaine, créant des séismes catastrophique. C’était le Chablais.

Plus tard et sans entrer dans la Vérité historique, on dira que pêle-mêle s’y sont affrontés des Romains, des Burgondes, des Francs, des Savoyards, puis des Bernois, des Valaisans et des Vaudois, avec plus ou moins de succès. Il faudra attendre environ 1860 pour que soient entreprises les premières corrections du Rhodanusia et qu’enfin, les termes rives gauche et rive droite prennent une réelle signification, le fleuve ayant cessé de se tortiller. Et par un hasard de circonstance, le Valais occupera la rive gauche jusqu’au Léman, faisant face à son puissant voisin, le canton de Vaud.

Aujourd’hui, le Chablais se porte un peu mieux. Il y fait parfois beau et surtout la H144 dite «Transchablaisienne» (quand même, 4,2 km, ça fait presque comme la Transaharienne) va offrir son bitume aux véhicules dès le 8 novembre. Une sacrée bonne nouvelle, comme on les aime. Il faut tout de même se souvenir que cette route a été prévue dans l'arrêté du Conseil fédéral du …17 mars 1961! L’autre bonne nouvelle qui réjouit nos âmes et montre que l’Homme a surmonté les éléments, c’est que près de 10'000 personnes ont visité le chantier samedi. Un pont de plus sur le Rhône entre Vaud et Valais ? Un miracle auréolé d’un symbole majeur.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois





mercredi 26 septembre 2012

Chronique du Nouvelliste du mercredi 26 septembre

Question à deux balles
Denis Pittet, journaliste *
La vie est ainsi faite qu’il vaut parfois la peine de (re)mettre les choses en perspective. Le canton de Neuchâtel vit un petit séisme politique avec, ce dimanche 23 septembre, le refus en votation populaire du projet à 919 millions «TransRUN». Le Haut et le Bas sont séparés, les villes et la campagne ne se comprennent plus et le Conseil d’Etat est malmené au terme d’une législature que d’aucuns ont qualifié sans hésiter de «rocambolesque». Les analystes discernent une image de marque du canton ternie et, plus loin, le risque de voir les mannes fédérales s’éloigner en cas de nouveau(x) projet(s)…

Mettre en perspective disions-nous ? J’ai une question à deux balles à vous poser. En quelle année et à quelle période a été inauguré le M2 à Lausanne ? Pas si facile, hein ? Deux ans, trois ? Le temps passe vite. C’était le jeudi 18 septembre 2008! Soit il y a déjà quatre ans, et presque jour pour jour après le refus neuchâtelois. C’est assez symbolique, tout ça. Après le M1 destiné à relier l’Université et l’EPFL à la Ville (1991), le M2 a créé dans le canton de Vaud une émulation forte. Les Vaudois en acceptent le principe par 62% de «oui» en 2002. Les travaux débutent le 17 juin 2004. Le premier métro automatique sur pneus de Suisse offre six kilomètres de parcours, 3,4 km de tunnels, 2 km de tranchées couvertes, 14 stations et 25 millions de passagers attendus par année. Coût : 736 millions de francs. On rappellera aussi pour l’anecdote «le trou de St Laurent» lorsque la place s’effondre suite à une inondation dans le chantier, le 22 février 2005. Le M2 est une réalisation perfectionniste (sécurité, doubles portes, etc.) et rapidement victime de son succès. Personne aujourd’hui dans le canton de Vaud ne remettrait en cause sa construction. Tout le monde pense même qu’il a toujours existé…

Mise en perspective, fin. A Lausanne se dessine le projet de M3, ancré dans un projet majeur qui vient d’être redimensionné à la baisse : « Métamorphose». Berne dira ses subventions en 2013. Mais dans le canton de Vaud, les «trains» ont le trend et les feux sont au vert…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois



vendredi 21 septembre 2012

Chronique du Nouvelliste du vendredi 21 septembre 2012

L'actu n'a ni mode, ni âge
Denis Pittet, journaliste *

Je vous conseille vivement de visionner sur le site internet des archives de la RTS l’incroyable reportage diffusé le 16 novembre 1961 - commenté par Guy Ackermann – et consacré au chantier de l’autoroute A1 entre Genève et Lausanne. Parce que c’est juste magique. La première séquence prise d’hélicoptère montre le ruban se dessinant au milieu de champs pratiquement vides! 1961, ce n’est pas si vieux : 51 ans. Mais comme tout a changé en ce demi-siècle…

Le 29 décembre 1964, la TSR d’alors consacre un autre reportage tout aussi magique: comment circuler sur une autoroute ? On y parle «d’intense circulation» et on y voit 3 bagnoles qui ne se courent même pas après…On y voit – véridique – un type sortir tranquillement de l’autoroute en empruntant une… entrée à contre-sens On y parle des inconscient qui roulent à 30 mètres de la voiture les précédant… Le chef de la circulation de l’autoroute d’alors analyse le comportement des usagers et donne ses bons conseils.

Septembre 2012. A très peu de choses près, et le tracé et les gabarits de l’A1 sont encore ceux de 1961. Mais le ruban est légèrement entouré de constructions ( !) et les 3 bagnoles sont devenues 3000. Seules trois pistes ont été aménagées entre Vennes et Villars-Ste Croix et la possibilité de rouler sur la bande d’arrêt d’urgence dans le secteur de Morges a été ajoutée.

Un des gros problèmes des conducteurs vaudois est qu’ils adorent rouler à gauche. Allez savoir pourquoi. Un Vaudois à 110km/h sur la piste de gauche est un bon Vaudois. Dans sa tête en tout cas. Les 400 autres qui s’empilent derrière rient jaunes. Et naissent ainsi les interminables bouchons assortis des accrochages qui font le bonheur journalier des utilisateurs de l’A1 en 2012.

Moi je dis: tout cela mériterait la rediffusion en urgence de l’émission du 29 décembre 1964. L’actu n’a ni mode, ni âge.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois

mercredi 22 août 2012

Chronique du Nouvelliste du mercredi 22 août 2012

Fin août
Denis Pittet, journaliste *

Nous voilà déjà à la fin du mois d’août. A cette époque et pour une raison que j’ignore – mais je l’ai pratiquement toujours vécu depuis mon enfance, de différentes manières il est vrai – les Vaudois ont coutume de dire : «Voilà, voilà, déjà fin août, la lumière change, dans un mois le Comptoir, puis le cirque et Noël».

J’avais une collègue avec qui pendant des années nous arrivions un matin à la rédaction, nous nous regardions avec un sourire entendu et nous disions «T’as vu, la lumière a changé». Et c’est vrai. Sans exception et tôt ou tard, entre le 10 et le 25 août, un jour, la lumière change et on bascule dans l’automne. La canicule de cette semaine n’y changera rien. Et ce changement de lumière n’empêche pas de splendides journées en septembre et souvent en octobre aussi…

Du 14 au 23 septembre, le Palais de Beaulieu accueillera donc le 93e (!) Comptoir suisse, appelé aussi - mais moins souvent - «Foire de Lausanne». Ce rendez-vous immuable ancre, comme le changement de lumière, un point de repère dans l’inconscient des Vaudois. La manifestation a énormément évolué depuis 25 ans, mais elle reste «un point unique de rencontre entre la ville et la campagne». Caves, dégustations, animaux, fondue ou invités d’honneur pour ne citer que ces aspects, le Comptoir reste un monument sur lequel quelques sociologues feraient bien de sérieusement se pencher.

Le Cirque Knie suit donc enfin cette trilogie, tout aussi immuablement. Il nous fait passer de septembre à octobre (27 septembre-10 octobre cette année), avec son zoo et le traditionnel bain des éléphants dans le Léman sur la plage de Bellerive.

Le cirque ayant fait ses bagages, un dernier sursaut de Vie a lieu avec les vendanges et les différentes Fêtes qui les accompagnent dans le canton. Puis on entre en léthargie.

Voilà. Je ne voulais pas vous «casser» en cette magnifique semaine, mais malgré ce temps et cette chaleur, je suis obligé de vous dire non sans un petit sourire «bienvenue en automne ». Na!
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois


























jeudi 9 août 2012

Chronique du Nouvelliste du mercredi 8 août 2012

La Blécherette
Denis Pittet, journaliste *
Parmi les lieux symboliques et chers aux Vaudois et particulièrement aux Lausannois figure l’aéroport de la Blécherette. Le visiteur d’un jour de la capitale vaudoise devrait y faire un saut et observer le ballet des avions depuis la terrasse du nouveau restaurant inauguré en 2005.

Lausanne et la Blécherette, c’est une véritable histoire d’amour, qui failli se terminer le 21 juin 1992 : la Municipalité d’alors souhaitait la fermeture définitive de la place. Mais la population, par voie de référendum, décida à la majorité de 60%, qu’il fallait laisser vivre l’aéroport. A l’époque, le combat fut homérique entre partisans et opposants, les premiers voulant à la fois conserver ce qu’ils considéraient comme un patrimoine et une installation utile au développement touristique et économique de la région, les seconds y voyant une source de nuisances sonores et la potentielle utilisation des terrains qui auraient été libérés pour du logement. Il est d’ailleurs piquant de constater que 20 ans plus tard, l’aérodrome est toujours là, comme existe le projet «Métamorphose» qui prévoit notamment la création d’un éco-quartier aux alentours de la place d’aviation.

Il faut se souvenir que la Blécherette est le plus ancien aéroport de Suisse toujours en service. On a fêté ses 100 ans en 2011. En 1916 s’y était ouverte la première école de pilotage de Suisse. Et dans les années 30, on volait depuis Lausanne vers Barcelone ou Berlin… La Blécherette a connu des meetings aériens mémorables, dont celui de fin août 2005 pour les 100 ans de la Fédération internationale aéronautique, où plus de 70'000 personnes avaient envahi la place.

Il faut enfin savoir que «La Blécherette» est aussi synonyme pour des dizaines de milliers de Vaudois du passage du permis de conduire et des expertises de voitures. En effet, depuis la nuit des temps, le service des automobiles – connu sous le même nom que l’aéroport – lui fait face de l’autre côté de l’avenue du Grey.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois