La crèche de la Cathédrale
Denis Pittet, journaliste *
Il y a une chose qu’il faut absolument voir à Lausanne en cette période de Noël : la grande crèche exposée dans le déambulatoire du chœur de la Cathédrale de Lausanne. C’est une œuvre et un travail remarquables, que chacun pourra apprécier avec ses yeux et son cœur. Maurice Bianchi et Créa Calame en sont les artisans et les créateurs. Amis d’enfance, perdus de vue durant 40 ans, ils se sont recroisés par hasard il y a quelques années et retrouvés autour de la passion de la crèche et de la maquette. Maquette, un des mots-clés, est lâché. Personnellement, gamin, j’étais passionné par les maquettes de trains et le talent de ceux qui arrivaient à reproduire avec tant d’exactitude des gares, des téléphériques, des tunnels et bien sûr les trains. La grande crèche, c’est ça, mais sur le thème de la Nativité. Sur près de 100 mètres carrés ( !), à l’échelle 1 :9, vous découvrirez plus de 300 personnages, animaux, maisons, puits, rivière, fontaines, lac, échoppes, fruit, légumes, animaux, le tout baigné dans une lumière de Noël à la fois belle et apaisante. On passera des heures ou pas à admirer le travail, les 80 scènes représentées mais on ne ressortira pas sans émotion.
Maurice Bianchi est incapable de dire combien d’heures il a consacré à son travail, avec Créa Calame. L’approche «philosophique» de la crèche est basée sur les cinq sens: l’ouïe, c’est l’eau qui coule (des pompes en circuit fermé et des bacs de récupération assurent l’opération au niveau technique). Le goût, ce sont de petits amuse-bouche que les enfants peuvent prendre à l’étal de la boulangerie. L’odorat est chatouillé par les huiles essentielles qui sont utilisées ou encore de la vraie mousse ou des vraies herbes qui habillent la scène. Le toucher enfin, car cette maquette, on peut la toucher, ce qui est parfaitement contradictoire avec l’habitude mais fait tout son charme.
La grande crèche est visible tous les jours jusqu’au 20 janvier (10h – 17 h 30, 12h -17h le dimanche). A Noël 2013, la maquette sera sans doute montée à Siviriez, pour honorer la Bienheureuse Marguerite Bays.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Traduire
mardi 18 décembre 2012
mercredi 5 décembre 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 5 décembre 2012
L’Hermitage et la Banque cantonale vaudoise
Denis Pittet, journaliste *
Il vous reste 11 jours pour venir voir l’exposition de la Banque cantonale vaudoise (BCV) à la Fondation de l’Hermitage à Lausanne. Cette expo a ouvert ses portes le 9 novembre dernier et les fermera le dimanche 16 décembre. Cinq semaines, une durée inhabituelle de l’avis même de la directrice de la Fondation, Sylvie Wuhrmann, où la règle veut que les expositions s’étalent plutôt sur quatre mois.
«Contemporain… Ou bien ?» est le nom un brin «vaudoisisant » (on aime ou pas) donné à cet événement. La BCV présente ainsi son expo : «La Fondation de l’Hermitage présente 117 œuvres réalisées par 54 artistes liés au canton de Vaud, du 20e siècle à nos jours. Des peintures classiques sont associées à un large panorama de la création contemporaine avec ses formes d’expression variées, allant de la sculpture à la vidéo et du dessin à la photographie». Voire. De sculpture et de vidéo, il est en réalité très peu question.
Il faut savoir que la BCV, depuis une quarantaine d’années, a acquis plus de 2000 œuvres d’artistes nés ou travaillant dans le canton de Vaud. Ces actes visent à soutenir la production artistique du canton. Sur ces 2000 œuvres, Catherine Othenin Girard, conservatrice de la collection d’art BCV, nous apprend que 80% de ces dernières «tournent» des bureaux feutrés de direction aux espaces bancaires dispersés sur le sol cantonal. Heureux banquiers qui peuvent travailler à la lumière d’un Bocion…
La magie de l’exposition tient à deux choses: de belles découvertes évidemment – malgré certaines notules se rapportant aux œuvres qui sentent bon le charabia parfois un peu autiste des historiens de l’art – et la maison de maître de l’Hermitage qui abrite l’exposition. Pour ceux qui ne connaissent pas l’endroit, le parc, les arbres et la vue offerte depuis ce lieu, c’est une obligation de faire le déplacement tant c’est beau. Un des plus merveilleux points de vue de Lausanne à l’extérieur, et de belles vues à l’intérieur. Que demander de plus?
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Il vous reste 11 jours pour venir voir l’exposition de la Banque cantonale vaudoise (BCV) à la Fondation de l’Hermitage à Lausanne. Cette expo a ouvert ses portes le 9 novembre dernier et les fermera le dimanche 16 décembre. Cinq semaines, une durée inhabituelle de l’avis même de la directrice de la Fondation, Sylvie Wuhrmann, où la règle veut que les expositions s’étalent plutôt sur quatre mois.
«Contemporain… Ou bien ?» est le nom un brin «vaudoisisant » (on aime ou pas) donné à cet événement. La BCV présente ainsi son expo : «La Fondation de l’Hermitage présente 117 œuvres réalisées par 54 artistes liés au canton de Vaud, du 20e siècle à nos jours. Des peintures classiques sont associées à un large panorama de la création contemporaine avec ses formes d’expression variées, allant de la sculpture à la vidéo et du dessin à la photographie». Voire. De sculpture et de vidéo, il est en réalité très peu question.
Il faut savoir que la BCV, depuis une quarantaine d’années, a acquis plus de 2000 œuvres d’artistes nés ou travaillant dans le canton de Vaud. Ces actes visent à soutenir la production artistique du canton. Sur ces 2000 œuvres, Catherine Othenin Girard, conservatrice de la collection d’art BCV, nous apprend que 80% de ces dernières «tournent» des bureaux feutrés de direction aux espaces bancaires dispersés sur le sol cantonal. Heureux banquiers qui peuvent travailler à la lumière d’un Bocion…
La magie de l’exposition tient à deux choses: de belles découvertes évidemment – malgré certaines notules se rapportant aux œuvres qui sentent bon le charabia parfois un peu autiste des historiens de l’art – et la maison de maître de l’Hermitage qui abrite l’exposition. Pour ceux qui ne connaissent pas l’endroit, le parc, les arbres et la vue offerte depuis ce lieu, c’est une obligation de faire le déplacement tant c’est beau. Un des plus merveilleux points de vue de Lausanne à l’extérieur, et de belles vues à l’intérieur. Que demander de plus?
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mardi 20 novembre 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 21 novembre 2012
Le bonheur des rétrospectives
Denis Pittet, journaliste *
Dans le cadre de ses 250 ans, «24 Heures» publie chaque jour un événement ayant marqué la vie des Vaudois, années après années, depuis la naissance de la Feuille. C’est en fait une immense rétrospective sur 262 ans. Les gens aiment les rétrospectives car elles les replongent dans leurs souvenirs et leur inconscient collectif. Tel événement se produit et chacun se souvient de ce qu’il faisait et où il était le jour dit. Tenez, essayez avec les attentats des Twin Towers à New-York le 11 septembre 2001. Je suis certain que vous vous souvenez comment vous avez découvert l’attentat et ce que vous faisiez ce jour-là.Lundi, c’est l’année 1985 qui était évoquée et rappelées les incroyables chutes de neige de la nuit du samedi 16 au dimanche 17 février. Je m’en souviens comme si c’était hier. Après un matche de volley joué en Suisse allemande, nous étions revenus sur Lausanne et quelques flocons s’étaient mis à tomber. Il était 20h. En ressortant d’un bar bien famé de la Cité à 2 heures du matin, y’avait des «mètres» de neige! Incroyable. Et ça continuait. Ce qui est génial avec les grosses chutes de neige, c’est que tous les sons changent. Il n’y avait plus de bruits…
Le lendemain, tout le monde se promenait, se disait bonjour, allait voir les voitures ensevelies et on skiait dans tout Lausanne. Près de 72 centimètres tombés sur les hauts, 60 au centre-ville, plus de 90 dans le Chablais! Ces chutes de neige furent un événement séculaire et je suis content de l’avoir vécu.
Je suis prêt à parier que dans quelques jours, en évoquant 1995, ce sera la nuit du 13 au 14 août qui sera rappelée. Souvenez-vous : aux portes du Chablais, à Villeneuve, le Pissot sortait de son lit et emportait tout sur son passage, surtout l’autoroute, qui restera fermée plusieurs jours créant un indescriptible chaos. Des tonnes de boues se déversent dans la zone industrielle de Villeneuve. Par miracle, il n’y a aucune victime. Et là, on parlera d’événement millénaire. Neige de 1985, crue de 1995, deux souvenirs forts et uniques.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 7 novembre 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 7 novembre 2012
Du dopage…
Denis Pittet, journaliste *
L’Union cycliste internationale (UCI) a son siège à Aigle dans le Chablais. Avec l’affaire Lance Armstrong , il est beaucoup question de dopage dans les journaux ces temps. Le sujet est à la mode. En fait, il est indémodable. Il faut lire et relire Pierre Chany, qui avait couvert 49 (!) Tours de France dans sa carrière ou Louis Nucéra pour se replonger dans des descriptions ou ambiances qui laissent songeurs. Vous croyez vraiment, vous, que les cinglés qui s’élançaient entre Bordeaux et Paris dès 1891 pour une course de 600 kilomètres, sur des routes gravillonnées, ne «marchaient» pas à quelque chose… ? Ils avaient tellement mal au cul (excusez-moi, mais c’est aussi bien de cela dont on parle) et les mollets si durs que c’est les gravillons qui se cassaient quand ils venaient frapper les muscles de ces fous roulants. Pour supporter tout cela, ces cyclistes buvaient de… la gnôle.
Le décès tragique de Tom Simpson, le 13 juillet 1967 sur les pentes du Mont Ventoux, restera sans doute le drame depuis lequel on parle finalement continuellement de dopage dans le cyclisme en particulier et dans le sport en général. La 13e étape entre Marseilles et Carpentras est surnommée l' «étape de la soif». On retrouvera plusieurs tubes de Tonédron (amphétamines) dans les poches du maillot du coureur britannique. Un an avant cet épisode dramatique, les coureurs du Tour de France avaient manifesté contre les premiers contrôles anti-dopage. Simpson avait d'ailleurs été un des rares coureurs à avouer la pratique dans le peloton en 1965.
Plus de 45 ans plus tard, qu’est-ce qui a changé ? Rien. La gnôle cède sa place aux thérapies géniques. Le cyclisme reste dans l’œil du cyclone. Roger Federer exige plus de sévérité dans ses propres contrôles! Et les tricheurs auront pratiquement toujours une longueur d’avance sur les gendarmes du sport. Le fric et le spectacle dictent leurs lois.
Si tous les sportifs qui se dopent décident d’arrêter du jour au lendemain, il y en aura toujours un pour en profiter et recommencer. Ce comportement est hélas inscrit dans le Genre Humain.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
L’Union cycliste internationale (UCI) a son siège à Aigle dans le Chablais. Avec l’affaire Lance Armstrong , il est beaucoup question de dopage dans les journaux ces temps. Le sujet est à la mode. En fait, il est indémodable. Il faut lire et relire Pierre Chany, qui avait couvert 49 (!) Tours de France dans sa carrière ou Louis Nucéra pour se replonger dans des descriptions ou ambiances qui laissent songeurs. Vous croyez vraiment, vous, que les cinglés qui s’élançaient entre Bordeaux et Paris dès 1891 pour une course de 600 kilomètres, sur des routes gravillonnées, ne «marchaient» pas à quelque chose… ? Ils avaient tellement mal au cul (excusez-moi, mais c’est aussi bien de cela dont on parle) et les mollets si durs que c’est les gravillons qui se cassaient quand ils venaient frapper les muscles de ces fous roulants. Pour supporter tout cela, ces cyclistes buvaient de… la gnôle.
Le décès tragique de Tom Simpson, le 13 juillet 1967 sur les pentes du Mont Ventoux, restera sans doute le drame depuis lequel on parle finalement continuellement de dopage dans le cyclisme en particulier et dans le sport en général. La 13e étape entre Marseilles et Carpentras est surnommée l' «étape de la soif». On retrouvera plusieurs tubes de Tonédron (amphétamines) dans les poches du maillot du coureur britannique. Un an avant cet épisode dramatique, les coureurs du Tour de France avaient manifesté contre les premiers contrôles anti-dopage. Simpson avait d'ailleurs été un des rares coureurs à avouer la pratique dans le peloton en 1965.
Plus de 45 ans plus tard, qu’est-ce qui a changé ? Rien. La gnôle cède sa place aux thérapies géniques. Le cyclisme reste dans l’œil du cyclone. Roger Federer exige plus de sévérité dans ses propres contrôles! Et les tricheurs auront pratiquement toujours une longueur d’avance sur les gendarmes du sport. Le fric et le spectacle dictent leurs lois.
Si tous les sportifs qui se dopent décident d’arrêter du jour au lendemain, il y en aura toujours un pour en profiter et recommencer. Ce comportement est hélas inscrit dans le Genre Humain.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mardi 23 octobre 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 24 octobre 2012
L’est et l’ouest lausannois
Denis Pittet, journaliste *
Je ne sais pas si c’est un à-priori, mais tous mes amis lausannois avec qui j’ai discuté du propos qui va suivre le partagent globalement. Le grand Lausanne s’étend en gros de Lutry à l’est jusqu’aux portes de Morges à l’ouest. (N’allez pas dire à un Morgien qu’il est Lausannois… ni à un Singe – surnom des habitants de Lutry qu’il pourrait l’être). Mais il existe une ligne de partage beaucoup plus subtile dans la capitale vaudoise.
Imaginez-vous placés à Ouchy, regardant vers le nord, la ville de Lausanne devant vous. La ligne de partage dont je parle «monte» pratiquement en ligne droite pour se terminer dans les Bois de Sauvablin. Ce n’est pas pour rien qu’on parle d’ailleurs d’est lausannois et d’ouest lausannois. Ayant oublié de faire la géographie à l’Université, je crois pourtant savoir qu’une constante se retrouve souvent dans les grands centres urbains : les banlieues industrielles sont souvent placées à l’ouest des villes. Je ne sais pas pourquoi.
Mais détaillons les endroits «frontières » de Lausanne en traversant la ville d’est en ouest. Le quartier de la Sallaz est à l’est, le quartier de Bellevaux clairement à l’ouest. Au centre ville, l’ouest commence au bout de la place Chauderon avec tout ce qui est à l’ouest du pont du même nom. Le Palais de Beaulieu appartient déjà à l’ouest. La place de Milan fait aussi office de frontière. La Blécherette est un cas à part, car elle est au nord. Idem pour la région de Vidy qui est au «sud», alors qu’en fait elle est à l’ouest.
Vous avez perdu la boussole ? Pas grave. Posé le principe de cette séparation de la ville en deux, il faut se demander si c’est un pur concept théorique. Ma réponse est non. Ayant grandi dans l’est lausannois, il m’a fallu des années pour dépasser les frontières de l’ouest. A l’inverse, il a fallu des années aussi pour que mes futurs amis de l’ouest fassent le mouvement inverse. C’est une raison mystérieuse qui préside à cette «séparation» de Lausanne en deux moitiés.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Je ne sais pas si c’est un à-priori, mais tous mes amis lausannois avec qui j’ai discuté du propos qui va suivre le partagent globalement. Le grand Lausanne s’étend en gros de Lutry à l’est jusqu’aux portes de Morges à l’ouest. (N’allez pas dire à un Morgien qu’il est Lausannois… ni à un Singe – surnom des habitants de Lutry qu’il pourrait l’être). Mais il existe une ligne de partage beaucoup plus subtile dans la capitale vaudoise.
Imaginez-vous placés à Ouchy, regardant vers le nord, la ville de Lausanne devant vous. La ligne de partage dont je parle «monte» pratiquement en ligne droite pour se terminer dans les Bois de Sauvablin. Ce n’est pas pour rien qu’on parle d’ailleurs d’est lausannois et d’ouest lausannois. Ayant oublié de faire la géographie à l’Université, je crois pourtant savoir qu’une constante se retrouve souvent dans les grands centres urbains : les banlieues industrielles sont souvent placées à l’ouest des villes. Je ne sais pas pourquoi.
Mais détaillons les endroits «frontières » de Lausanne en traversant la ville d’est en ouest. Le quartier de la Sallaz est à l’est, le quartier de Bellevaux clairement à l’ouest. Au centre ville, l’ouest commence au bout de la place Chauderon avec tout ce qui est à l’ouest du pont du même nom. Le Palais de Beaulieu appartient déjà à l’ouest. La place de Milan fait aussi office de frontière. La Blécherette est un cas à part, car elle est au nord. Idem pour la région de Vidy qui est au «sud», alors qu’en fait elle est à l’ouest.
Vous avez perdu la boussole ? Pas grave. Posé le principe de cette séparation de la ville en deux, il faut se demander si c’est un pur concept théorique. Ma réponse est non. Ayant grandi dans l’est lausannois, il m’a fallu des années pour dépasser les frontières de l’ouest. A l’inverse, il a fallu des années aussi pour que mes futurs amis de l’ouest fassent le mouvement inverse. C’est une raison mystérieuse qui préside à cette «séparation» de Lausanne en deux moitiés.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 10 octobre 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 10 octobre 2012
Le Chablais et les temps obscurs
Denis Pittet, journaliste *
En des temps obscurs, le Chablais était une région atroce. Il faut le dire. Des marais pestilentiels abritaient des monstres marins tels que grenouilles vertes géantes qui gobaient d’un coup d’un seul les rares enfants qui avaient survécu à leur naissance. Des moustiques de près d’un mètre d’envergure survolaient la zone, répandant la malaria, qui finissait de tuer les rares adultes souffrant d’un goitre. Un fleuve monstrueux nommé Rhodanusia étendait au hasard ses tentacules gigantesques dans cette plaine où le soleil ne brillait jamais et noyait les bâtisses en bois pourri qui abritaient les rares habitants. Parfois, des pans entiers de montagnes s’abattaient dans la plaine, créant des séismes catastrophique. C’était le Chablais.
Plus tard et sans entrer dans la Vérité historique, on dira que pêle-mêle s’y sont affrontés des Romains, des Burgondes, des Francs, des Savoyards, puis des Bernois, des Valaisans et des Vaudois, avec plus ou moins de succès. Il faudra attendre environ 1860 pour que soient entreprises les premières corrections du Rhodanusia et qu’enfin, les termes rives gauche et rive droite prennent une réelle signification, le fleuve ayant cessé de se tortiller. Et par un hasard de circonstance, le Valais occupera la rive gauche jusqu’au Léman, faisant face à son puissant voisin, le canton de Vaud.
Aujourd’hui, le Chablais se porte un peu mieux. Il y fait parfois beau et surtout la H144 dite «Transchablaisienne» (quand même, 4,2 km, ça fait presque comme la Transaharienne) va offrir son bitume aux véhicules dès le 8 novembre. Une sacrée bonne nouvelle, comme on les aime. Il faut tout de même se souvenir que cette route a été prévue dans l'arrêté du Conseil fédéral du …17 mars 1961! L’autre bonne nouvelle qui réjouit nos âmes et montre que l’Homme a surmonté les éléments, c’est que près de 10'000 personnes ont visité le chantier samedi. Un pont de plus sur le Rhône entre Vaud et Valais ? Un miracle auréolé d’un symbole majeur.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
En des temps obscurs, le Chablais était une région atroce. Il faut le dire. Des marais pestilentiels abritaient des monstres marins tels que grenouilles vertes géantes qui gobaient d’un coup d’un seul les rares enfants qui avaient survécu à leur naissance. Des moustiques de près d’un mètre d’envergure survolaient la zone, répandant la malaria, qui finissait de tuer les rares adultes souffrant d’un goitre. Un fleuve monstrueux nommé Rhodanusia étendait au hasard ses tentacules gigantesques dans cette plaine où le soleil ne brillait jamais et noyait les bâtisses en bois pourri qui abritaient les rares habitants. Parfois, des pans entiers de montagnes s’abattaient dans la plaine, créant des séismes catastrophique. C’était le Chablais.
Plus tard et sans entrer dans la Vérité historique, on dira que pêle-mêle s’y sont affrontés des Romains, des Burgondes, des Francs, des Savoyards, puis des Bernois, des Valaisans et des Vaudois, avec plus ou moins de succès. Il faudra attendre environ 1860 pour que soient entreprises les premières corrections du Rhodanusia et qu’enfin, les termes rives gauche et rive droite prennent une réelle signification, le fleuve ayant cessé de se tortiller. Et par un hasard de circonstance, le Valais occupera la rive gauche jusqu’au Léman, faisant face à son puissant voisin, le canton de Vaud.
Aujourd’hui, le Chablais se porte un peu mieux. Il y fait parfois beau et surtout la H144 dite «Transchablaisienne» (quand même, 4,2 km, ça fait presque comme la Transaharienne) va offrir son bitume aux véhicules dès le 8 novembre. Une sacrée bonne nouvelle, comme on les aime. Il faut tout de même se souvenir que cette route a été prévue dans l'arrêté du Conseil fédéral du …17 mars 1961! L’autre bonne nouvelle qui réjouit nos âmes et montre que l’Homme a surmonté les éléments, c’est que près de 10'000 personnes ont visité le chantier samedi. Un pont de plus sur le Rhône entre Vaud et Valais ? Un miracle auréolé d’un symbole majeur.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 26 septembre 2012
Chronique du Nouvelliste du mercredi 26 septembre
Question à deux balles
Denis Pittet, journaliste *
La vie est ainsi faite qu’il vaut parfois la peine de (re)mettre les choses en perspective. Le canton de Neuchâtel vit un petit séisme politique avec, ce dimanche 23 septembre, le refus en votation populaire du projet à 919 millions «TransRUN». Le Haut et le Bas sont séparés, les villes et la campagne ne se comprennent plus et le Conseil d’Etat est malmené au terme d’une législature que d’aucuns ont qualifié sans hésiter de «rocambolesque». Les analystes discernent une image de marque du canton ternie et, plus loin, le risque de voir les mannes fédérales s’éloigner en cas de nouveau(x) projet(s)…
Mettre en perspective disions-nous ? J’ai une question à deux balles à vous poser. En quelle année et à quelle période a été inauguré le M2 à Lausanne ? Pas si facile, hein ? Deux ans, trois ? Le temps passe vite. C’était le jeudi 18 septembre 2008! Soit il y a déjà quatre ans, et presque jour pour jour après le refus neuchâtelois. C’est assez symbolique, tout ça. Après le M1 destiné à relier l’Université et l’EPFL à la Ville (1991), le M2 a créé dans le canton de Vaud une émulation forte. Les Vaudois en acceptent le principe par 62% de «oui» en 2002. Les travaux débutent le 17 juin 2004. Le premier métro automatique sur pneus de Suisse offre six kilomètres de parcours, 3,4 km de tunnels, 2 km de tranchées couvertes, 14 stations et 25 millions de passagers attendus par année. Coût : 736 millions de francs. On rappellera aussi pour l’anecdote «le trou de St Laurent» lorsque la place s’effondre suite à une inondation dans le chantier, le 22 février 2005. Le M2 est une réalisation perfectionniste (sécurité, doubles portes, etc.) et rapidement victime de son succès. Personne aujourd’hui dans le canton de Vaud ne remettrait en cause sa construction. Tout le monde pense même qu’il a toujours existé…
Mise en perspective, fin. A Lausanne se dessine le projet de M3, ancré dans un projet majeur qui vient d’être redimensionné à la baisse : « Métamorphose». Berne dira ses subventions en 2013. Mais dans le canton de Vaud, les «trains» ont le trend et les feux sont au vert…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
La vie est ainsi faite qu’il vaut parfois la peine de (re)mettre les choses en perspective. Le canton de Neuchâtel vit un petit séisme politique avec, ce dimanche 23 septembre, le refus en votation populaire du projet à 919 millions «TransRUN». Le Haut et le Bas sont séparés, les villes et la campagne ne se comprennent plus et le Conseil d’Etat est malmené au terme d’une législature que d’aucuns ont qualifié sans hésiter de «rocambolesque». Les analystes discernent une image de marque du canton ternie et, plus loin, le risque de voir les mannes fédérales s’éloigner en cas de nouveau(x) projet(s)…
Mettre en perspective disions-nous ? J’ai une question à deux balles à vous poser. En quelle année et à quelle période a été inauguré le M2 à Lausanne ? Pas si facile, hein ? Deux ans, trois ? Le temps passe vite. C’était le jeudi 18 septembre 2008! Soit il y a déjà quatre ans, et presque jour pour jour après le refus neuchâtelois. C’est assez symbolique, tout ça. Après le M1 destiné à relier l’Université et l’EPFL à la Ville (1991), le M2 a créé dans le canton de Vaud une émulation forte. Les Vaudois en acceptent le principe par 62% de «oui» en 2002. Les travaux débutent le 17 juin 2004. Le premier métro automatique sur pneus de Suisse offre six kilomètres de parcours, 3,4 km de tunnels, 2 km de tranchées couvertes, 14 stations et 25 millions de passagers attendus par année. Coût : 736 millions de francs. On rappellera aussi pour l’anecdote «le trou de St Laurent» lorsque la place s’effondre suite à une inondation dans le chantier, le 22 février 2005. Le M2 est une réalisation perfectionniste (sécurité, doubles portes, etc.) et rapidement victime de son succès. Personne aujourd’hui dans le canton de Vaud ne remettrait en cause sa construction. Tout le monde pense même qu’il a toujours existé…
Mise en perspective, fin. A Lausanne se dessine le projet de M3, ancré dans un projet majeur qui vient d’être redimensionné à la baisse : « Métamorphose». Berne dira ses subventions en 2013. Mais dans le canton de Vaud, les «trains» ont le trend et les feux sont au vert…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
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