Tamedia etcaetera
Denis Pittet, journaliste *
Savez-vous ce qui s’est passé le 30 juin 1992? Eh bien ce jour-là, le journal «La Presse Riviera» (anciennement «Vevey-Riviera ») cessait de paraître définitivement, sans que beaucoup de personnes ne s’en soucient à vrai dire. Edité par Säuberlin&Pfeiffer, racheté par Edipresse puis vendu pour 1 franc symbolique à l’éditeur Corbaz, ce titre avait contribué de nombreuses années à «l’importance de la variété d’une presse plurielle, nécessaire à l’éducation et au débat d’idées, à la mise en perspective des sujets et à la vie culturelle de tout une région». Comme par hasard, cette dernière phrase reflète un peu le condensé de tout ce que l’on a pu entendre depuis le 25 mars dernier, date de l’annonce des mesures d’économies ou de nouvelles recettes annoncées par le groupe de presse Tamedia, 34 millions dont 17,8 pour la Suisse romande.
Il existe peu ou pas d’ouvrage sur l’histoire de la presse romande depuis les années 1980, mais il est parfois bon se remettre un peu les choses en perspective ou simplement de faire un petit effort de mémoire. Dans toute l’affaire Tamedia, remarquons par exemple que la RTS a fait ses choux gras des malheurs de ses frères inférieurs de la presse écrite, comme d’habitude. Les journalistes adorent parler des journalistes. On glose et s’esbaudit sur l’éventuelle disparition du Matin semaine. Personnellement, cela fait 40 ans que j’entends peu ou prou cette hypothèse. Et est-ce que le Matin semaine est nécessaire au débat d’idées ? Autre remarque : Edipresse suisse - aujourd’hui bien disparue - a joué les rôles de méchant durant de nombreuses années sans que personne ne crie trop au scandale, mis à part quelques Genevois. Et là, c’étaient des Romands qui tuaient des Romands.
Disparus La Suisse (1994), Saturne (2006), Dimanche. CH (2003), Le Journal de Genève qui fusionne avec le Nouveau Quotidien, disparu pour donner naissance au Temps en 1998. Disparus la Gazette de Lausanne, la Nouvelle Revue, le Nord vaudois et l’Est vaudois. Et bien d’autres. La presse naît, vit, meurt, bouge, évolue. Ce n’est ni une nouvelle ni une surprise. Et il en sera toujours ainsi.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Traduire
mercredi 3 avril 2013
mercredi 20 mars 2013
Avant, c’était mieux…
Denis Pittet, journaliste *
Avant, c’était mieux. Plus on vieillit, plus il y a «d’avant» et moins il y a de «devant». Alors, vous comprenez, c’est normal de dire qu’avant c’était mieux. Avant il faisait beau. Avant – la preuve en 1976 et en 2003 – en février et mars on avait déjà eu 34 degrés et 45 jours de soleil. Avant, on savait qui allait former un gouvernement. C’était mieux. Avant, on savait le résultat et avant y’avait même pas besoin de deux tours. C’était mieux.
Avant, foi du témoignage entendu d’un vieux gendarme vaudois, quand il y avait un problème dans un village, on faisait un petit règlement de compte au coin du battoir (qui portait bien son nom), on castagnait quelques minutes et le sang avait le temps de sécher le temps de rentrer dans son village. C’était mieux. Pis le gendarme faisait semblant de ne rien savoir et s’il ne faisait pas semblant, il finissait jeté dans la fontaine. Véridique. C’était mieux et rigolo. Avant. Aujourd’hui, dans une grande ville, on s’allume, on appelle les copains par SMS, sur Twitter, sur Messenger, sur FB, sur WhatsApp, et on fait une grande bagarre en bougeant dans la ville partout, ce qui oblige des dizaines de policiers à devoir arriver et à travailler toute la nuit et de se prendre des coups, des cailloux, des insultes, du spray dans la figure et y’a plus assez de fontaines ou trop de policiers, je ne sais pas. Donc avant c’était mieux.
Avant y’avait pas le Red Bull Crashed Ice et c’était mieux. Parce que nous les Vaudois on aime bien le calme et pas trop les polémiques et sans le Red Bull Crashed Ice on avait pas besoin de se demander combien de litres de flotte étaient gaspillés pour rien ou pour permettre à des cinglés de mieux se casser une jambe que les autres. C’était mieux aussi parce qu’on n’avait pas besoin de se demander si le Red Bull reviendrait ou pas à Lausanne. C’était plus simple.
Y’a juste une exception à ce papier: on se demande une fois de plus si le LHC va monter en ligue A cette année. Et là, on peut vraiment pas dire qu’avant, c’était mieux…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Avant, c’était mieux. Plus on vieillit, plus il y a «d’avant» et moins il y a de «devant». Alors, vous comprenez, c’est normal de dire qu’avant c’était mieux. Avant il faisait beau. Avant – la preuve en 1976 et en 2003 – en février et mars on avait déjà eu 34 degrés et 45 jours de soleil. Avant, on savait qui allait former un gouvernement. C’était mieux. Avant, on savait le résultat et avant y’avait même pas besoin de deux tours. C’était mieux.
Avant, foi du témoignage entendu d’un vieux gendarme vaudois, quand il y avait un problème dans un village, on faisait un petit règlement de compte au coin du battoir (qui portait bien son nom), on castagnait quelques minutes et le sang avait le temps de sécher le temps de rentrer dans son village. C’était mieux. Pis le gendarme faisait semblant de ne rien savoir et s’il ne faisait pas semblant, il finissait jeté dans la fontaine. Véridique. C’était mieux et rigolo. Avant. Aujourd’hui, dans une grande ville, on s’allume, on appelle les copains par SMS, sur Twitter, sur Messenger, sur FB, sur WhatsApp, et on fait une grande bagarre en bougeant dans la ville partout, ce qui oblige des dizaines de policiers à devoir arriver et à travailler toute la nuit et de se prendre des coups, des cailloux, des insultes, du spray dans la figure et y’a plus assez de fontaines ou trop de policiers, je ne sais pas. Donc avant c’était mieux.
Avant y’avait pas le Red Bull Crashed Ice et c’était mieux. Parce que nous les Vaudois on aime bien le calme et pas trop les polémiques et sans le Red Bull Crashed Ice on avait pas besoin de se demander combien de litres de flotte étaient gaspillés pour rien ou pour permettre à des cinglés de mieux se casser une jambe que les autres. C’était mieux aussi parce qu’on n’avait pas besoin de se demander si le Red Bull reviendrait ou pas à Lausanne. C’était plus simple.
Y’a juste une exception à ce papier: on se demande une fois de plus si le LHC va monter en ligue A cette année. Et là, on peut vraiment pas dire qu’avant, c’était mieux…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 6 mars 2013
Chronique du Nouvelliste du mercredi 6 mars 2013
Les Grisons, comme Valais et Vaud….
Denis Pittet, journaliste *
Le «non» du canton des Grisons (53%) au projet de candidature pour les JO d’hiver de 2022 me perturbe. Sans entrer dans les détails mais finalement sur le fond des ces candidatures, cela se passe comme cela en caricaturant la moindre: une bande d’illuminés amoureux du sport et en général anciens «quelque chose» sur le plan sportif et politique se réunissent dans un caveau, boivent quelques verres et décident d’organiser des JO. C’est très simple dans le fond. Six cents études d’impacts et quatre ans plus tard, le projet finit sans pitié devant le peuple qui doit valider une garantie financière. Et depuis longtemps, la réponse est invariablement la même : «Non»!
Valais et Vaud connaissent bien cette histoire. La sixième et dernière candidature de Lausanne pour organiser les jeux d’hiver de 1994 sera la plus «dramatique»: le 26 juin 1988, les Lausannois refusent lors d’un référendum la responsabilité financière solidaire de la candidature pour les Jeux d’hiver de 1994, «contre» les stations des Alpes vaudoises. C’est exactement ce qui s’est passé dimanche aux Grisons.
Il existe depuis longtemps un grand débat parallèle à ces problèmes de cautionnement financier : qui peut réellement encore se permettre d’organiser des Jeux olympiques d’hiver (on ne parle même pas de ceux d’été)? Une station, c’est fini. Des stations, ce n’est pas suffisant. Une ville ou des villes, cela devient problématique. Reste l’échelle du Pays.
Deux remarques à ce stade: d’abord, à part quelques gesticulations d’Ueli Maurer, on a peu vu la Suisse se bouger pour la candidature grisonne. Il faudrait raisonner différemment sur ce plan-là. Ensuite, on entend peu le CIO sur ses exigences et les questions de gigantisme des JO.
Et si, pour régler le problème, les Jeux d’hiver avaient lieu toujours au même endroit ? Ce ne serait rien d’autre que l’esprit d’Olympie. Si on se souvient toujours de qui a gagné la médaille d’or, on se rappelle moins de l’endroit où elle a été glanée.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Le «non» du canton des Grisons (53%) au projet de candidature pour les JO d’hiver de 2022 me perturbe. Sans entrer dans les détails mais finalement sur le fond des ces candidatures, cela se passe comme cela en caricaturant la moindre: une bande d’illuminés amoureux du sport et en général anciens «quelque chose» sur le plan sportif et politique se réunissent dans un caveau, boivent quelques verres et décident d’organiser des JO. C’est très simple dans le fond. Six cents études d’impacts et quatre ans plus tard, le projet finit sans pitié devant le peuple qui doit valider une garantie financière. Et depuis longtemps, la réponse est invariablement la même : «Non»!
Valais et Vaud connaissent bien cette histoire. La sixième et dernière candidature de Lausanne pour organiser les jeux d’hiver de 1994 sera la plus «dramatique»: le 26 juin 1988, les Lausannois refusent lors d’un référendum la responsabilité financière solidaire de la candidature pour les Jeux d’hiver de 1994, «contre» les stations des Alpes vaudoises. C’est exactement ce qui s’est passé dimanche aux Grisons.
Il existe depuis longtemps un grand débat parallèle à ces problèmes de cautionnement financier : qui peut réellement encore se permettre d’organiser des Jeux olympiques d’hiver (on ne parle même pas de ceux d’été)? Une station, c’est fini. Des stations, ce n’est pas suffisant. Une ville ou des villes, cela devient problématique. Reste l’échelle du Pays.
Deux remarques à ce stade: d’abord, à part quelques gesticulations d’Ueli Maurer, on a peu vu la Suisse se bouger pour la candidature grisonne. Il faudrait raisonner différemment sur ce plan-là. Ensuite, on entend peu le CIO sur ses exigences et les questions de gigantisme des JO.
Et si, pour régler le problème, les Jeux d’hiver avaient lieu toujours au même endroit ? Ce ne serait rien d’autre que l’esprit d’Olympie. Si on se souvient toujours de qui a gagné la médaille d’or, on se rappelle moins de l’endroit où elle a été glanée.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 20 février 2013
Chronique du Nouvelliste du mercredi 20 février 2013
Les rengaines éternelles du LHC
Denis Pittet, journaliste *
Ce n’est plus une question de nostalgie – comme celle du
foot des talus que j’évoquais ici il y a quinze jours – mais à chaque période
de février-mars et parfois avril, on retrouve les play-off de hockey pour
monter en LNA et donc on retrouve le LHC qui, comme chacun le sait, est la
meilleure équipe du monde promise à l’ascension à chaque fois et qui à chaque
fois échoue au poteau, voire avant. Ce propos est intéressant parce que cette
aventure unit – ou désunit, c’est selon – souvent le LHC avec les Valaisans, de
Sierre ou de Viège, ceci dit bien évidemment au hasard…
A l’heure où je ponds cette prose, le LHC a perdu dimanche
soir contre Viège. Il y 1 à 1 dans la série. A l’heure où vous lisez cette
prose, il y aura forcément 2-1 pour une des deux équipes et ceci ne va pas
changer le fond du propos.
Parce que le fond du propos est de dire et de redire que je
n’en peux plus de lire et relire les mêmes articles sur le LHC, sur ses états
d’âme, sur ses blessés, sur ses entraîneurs, sur la poisse, sur la confiance
qui vient et qui repart, sur le mauvais esprit ou encore sur les fantômes qui
hantent Malley. C’est lassant. On en peut plus. Fini. Kaput.
Fin mars 2012, le LHC échouait pour la x-ième fois pour la
promotion face à Langenthal. Dans un «Forum» de la RTS, j’échangeais quelques
jours plus tard face au Président du LHC qui jurait que jamais l’entraîneur van
Boxmeer ne serait viré. Sept mois après, van Boxmeer était viré. Je dis pas
cela pour médire du Président (on connaît d’autres présidents qui changent
d’avis et virent des entraîneurs) mais bien pour mettre en perspective que
c’est toujours la même chose et les mêmes mauvaises rengaines dans ces
histoires…
En 1978 (année miraculeuse de promotion du LHC) il y avait à
tous les matches, dans le vieux temple de Montchoisi, un bonhomme qui avait un
peu abusé de la dive bouteille et qui hurlait «Gratton millionnaire !»
lorsque la vedette d’alors du club lausannois ne faisait pas son boulot sur la
glace. On devrait retrouver ce type et l’envoyer d’urgence sur le banc
lausannois.
*Délégué à la
communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 6 février 2013
Chronique du Nouvelliste du mercredi 6 février 2013
Foot et nostalgie
Denis Pittet, journaliste *
On l’appelait le football des talus. Je l’aimais bien et je l’ai connu et mon papa l’aimait bien aussi. Le terrain de foot des talus était souvent pas joli, bosselé et parfois mal tondu. Bon, dans les années 65-70, le préposé à la fauche, on le retrouvait souvent au fond du battoir fin pété et personne d’autre que lui ne savait où il avait oublié la faucheuse. Les talus entouraient le terrain mal fauché, ce qui avait un triple avantage : les talus retenaient le ballon que les pinglets de joueurs envoyaient souvent dehors ; les talus servaient de gradins et il n’y avait pas besoin de chaises rouges numérotées qui font mal aux fesses ; enfin, la proximité était assurée et les dames à talons restaient plantées dans la terre et ne bougeaient plus des deux mi-temps, ce qui permettait aux messieurs de les repérer facilement.
Grognuz et Diserens se tiraient par les maillots, ce qui rendait fou de rage Milliquet, taupier de son état, qui hurlait des insanités à faire pâlir le mouton pourtant déjà tout blanc qui bêlait dans le champ d’à-côté. Humberset, un gars de la ville, commentait doctement tel geste technique dû au hasard et rappelait fièrement qu’il avait vu le même à Wembley en 1966. Le préposé à la fauche ayant retrouvé ses esprit ouvrait maintenant des bières et les servait dans cette première tchiaffe du mois de mai. Bottens battait 6 à 0 ces pauvres de St Barthélémy et tout le monde y trouvait son compte. Pis, rendez-vous compte, parfois, on pariait sur le résultat du match, deux balles et deux minutes avant la fin, quand on était sûr que l’arbitre en surpoids restait planté dans le rond central et était incapable de voir un tacle dans les seize mètres.
2013, 381 matches truqués, 41 en Suisse, 425 dirigeants, joueurs et arbitres impliqués, qui tous font désormais pipi dans leur culotte en attendant un improbable verdict. Y’a un superbe endroit pour faire pipi les gars : un talus.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
On l’appelait le football des talus. Je l’aimais bien et je l’ai connu et mon papa l’aimait bien aussi. Le terrain de foot des talus était souvent pas joli, bosselé et parfois mal tondu. Bon, dans les années 65-70, le préposé à la fauche, on le retrouvait souvent au fond du battoir fin pété et personne d’autre que lui ne savait où il avait oublié la faucheuse. Les talus entouraient le terrain mal fauché, ce qui avait un triple avantage : les talus retenaient le ballon que les pinglets de joueurs envoyaient souvent dehors ; les talus servaient de gradins et il n’y avait pas besoin de chaises rouges numérotées qui font mal aux fesses ; enfin, la proximité était assurée et les dames à talons restaient plantées dans la terre et ne bougeaient plus des deux mi-temps, ce qui permettait aux messieurs de les repérer facilement.
Grognuz et Diserens se tiraient par les maillots, ce qui rendait fou de rage Milliquet, taupier de son état, qui hurlait des insanités à faire pâlir le mouton pourtant déjà tout blanc qui bêlait dans le champ d’à-côté. Humberset, un gars de la ville, commentait doctement tel geste technique dû au hasard et rappelait fièrement qu’il avait vu le même à Wembley en 1966. Le préposé à la fauche ayant retrouvé ses esprit ouvrait maintenant des bières et les servait dans cette première tchiaffe du mois de mai. Bottens battait 6 à 0 ces pauvres de St Barthélémy et tout le monde y trouvait son compte. Pis, rendez-vous compte, parfois, on pariait sur le résultat du match, deux balles et deux minutes avant la fin, quand on était sûr que l’arbitre en surpoids restait planté dans le rond central et était incapable de voir un tacle dans les seize mètres.
2013, 381 matches truqués, 41 en Suisse, 425 dirigeants, joueurs et arbitres impliqués, qui tous font désormais pipi dans leur culotte en attendant un improbable verdict. Y’a un superbe endroit pour faire pipi les gars : un talus.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
jeudi 24 janvier 2013
Chronique du Nouvelliste du mercredi 23 janvier 2013
Vaud vu du Ciel
Denis Pittet, journaliste *
Aux Archives cantonales vaudoises (ACV), l’année officielle commence immuablement le 24 janvier, date de l’Indépendance vaudoise. Mais oui, souvenez-vous : ce beau jour de 1798, le dernier bailli bernois fût chassé et quitta la ville par la porte de Marterey, direction Berne sans ticket de retour.
Le 24 janvier – demain donc – est aussi traditionnellement la date du vernissage de l’exposition annuelle des ACV. Pour 2013, l’exposition s’appelle «Vaud vu du ciel, 1930-1960». Gilbert Coutaz, directeur des ACV, Eloi Contesse, commissaire de l’exposition et toute l’équipe ont pu acheter un fonds extraordinaire: 3053 photos aériennes couvrant l’entier du territoire vaudois et prises entre 1930 et 1960. Un véritable trésor! Ce sont des vues «obliques» : les photos ne sont pas prises perpendiculairement au sol, mais de «travers», parfois à flan de coteau, ce qui les rend encore plus lisibles et intéressantes. Plus de 291 villes et villages ont été ainsi photographiés, mais aussi des usines ou des villas, souvent sur commande. Ces images nous font rêver, retrouver des détails insoupçonnés et découvrir le canton comme on ne l’a jamais vu. Ces images serviront aussi également d’outil d’analyse permettant de mesurer l’évolution du territoire (bâti, forêts, cours d’eau, travaux, etc.).
C’est Alphone Kammacher, pilote militaire et chef de l’aéroport de la Blécherette, utilisant un avion du lieu, qui a œuvré durant ces 30 années, aidé de son fils dès 1949. Il a utilisé un appareil de photo militaire datant de 1920. Les négatifs sont des plaques de verre au format 13x18 cm. La qualité de ces images en noir et blanc est inimaginable. Malheureusement, ces plaques sont fragiles et lourdes. Une étude est en cours pour numériser la totalité des clichés.
On ne peut que vous encourager à passer voir ces images. Quelques unes seront mises en ligne sur Internet demain matin (http://www.patrimoine.vd.ch/archives-cantonales/expositions/en-cours-vaud-vu-du-ciel/). Enfin, sachez que la Médiathèque Valais possède 400 plaques couvrant le Chablais et le Valais.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Aux Archives cantonales vaudoises (ACV), l’année officielle commence immuablement le 24 janvier, date de l’Indépendance vaudoise. Mais oui, souvenez-vous : ce beau jour de 1798, le dernier bailli bernois fût chassé et quitta la ville par la porte de Marterey, direction Berne sans ticket de retour.
Le 24 janvier – demain donc – est aussi traditionnellement la date du vernissage de l’exposition annuelle des ACV. Pour 2013, l’exposition s’appelle «Vaud vu du ciel, 1930-1960». Gilbert Coutaz, directeur des ACV, Eloi Contesse, commissaire de l’exposition et toute l’équipe ont pu acheter un fonds extraordinaire: 3053 photos aériennes couvrant l’entier du territoire vaudois et prises entre 1930 et 1960. Un véritable trésor! Ce sont des vues «obliques» : les photos ne sont pas prises perpendiculairement au sol, mais de «travers», parfois à flan de coteau, ce qui les rend encore plus lisibles et intéressantes. Plus de 291 villes et villages ont été ainsi photographiés, mais aussi des usines ou des villas, souvent sur commande. Ces images nous font rêver, retrouver des détails insoupçonnés et découvrir le canton comme on ne l’a jamais vu. Ces images serviront aussi également d’outil d’analyse permettant de mesurer l’évolution du territoire (bâti, forêts, cours d’eau, travaux, etc.).
C’est Alphone Kammacher, pilote militaire et chef de l’aéroport de la Blécherette, utilisant un avion du lieu, qui a œuvré durant ces 30 années, aidé de son fils dès 1949. Il a utilisé un appareil de photo militaire datant de 1920. Les négatifs sont des plaques de verre au format 13x18 cm. La qualité de ces images en noir et blanc est inimaginable. Malheureusement, ces plaques sont fragiles et lourdes. Une étude est en cours pour numériser la totalité des clichés.
On ne peut que vous encourager à passer voir ces images. Quelques unes seront mises en ligne sur Internet demain matin (http://www.patrimoine.vd.ch/archives-cantonales/expositions/en-cours-vaud-vu-du-ciel/). Enfin, sachez que la Médiathèque Valais possède 400 plaques couvrant le Chablais et le Valais.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 9 janvier 2013
Chronique du Nouvelliste du mercredi 9 janvier 2013
La Capitale olympique et l’enjeu de 2013
Denis Pittet, journaliste *
Lausanne est, depuis le 5 décembre 1993, Capitale olympique. Ce jour-là, dans un salon feutré de la Villa Mon-Repos, un dimanche en fin d’après-midi et devant un aréopage restreint de personnes, le président Juan-Antonio Samaranch avait remis ce titre dans les mains de la syndique Yvette Jaggi. Mine de rien, ce geste symbolique s’il en est, avait en fait une portée énorme. En terme de marketing, on dira que la «Paysanne qui a fait ses humanités", pour citer Jean Villard Gilles, accédait à une nouvelle image, qui allait faire le tour du monde et donner à Lausanne ce statut si particulier de capitale mondiale du sport.
Après avoir rénové les Jeux olympiques en 1894, le baron Pierre de Coubertin déplace en 1915 le siège du CIO de Paris à Lausanne. Le siège est d’abord établi au Casino de Montbenon, puis dans la Villa Mon-Repos, enfin au Château de Vidy. La suite est connue. Elle doit être lue comme une gradation positive et continue: Musée olympique provisoire en 1982 à Ruchonnet, Musée olympique à Ouchy inauguré le 23 juin 1993. Le nouveau siège de Vidy est inauguré en 1986, agrandi en 1998. Parallèlement à ces développements, les Fédérations sportives internationales s’installent à Lausanne – pour se rapprocher du CIO – et se rapprocher entre elles. Elles sont aujourd’hui près de 25 à avoir leur siège dans la capitale vaudoise.
Tout va donc pour le mieux dans le meilleur du monde sportif à Lausanne. Samaranch avait toujours dit haut et fort son amour pour Lausanne. Il a tout fait pour y «ancrer» le CIO. Jacques Rogge, son successeur, a été beaucoup plus discret sur le sujet, sans pour autant remettre en question le choix de Lausanne. En septembre prochain à Buenos Aires, le CIO élira le successeur de Rogge. Les noms des papables qui circulent aujourd’hui sont le Suisse Denis Oswald, Thomas Bach (All), Richard Carrion (Porto Rico), Sergei Bubka (Ukr) et Ser Miang Ng (Singapour). Pour l’avenir de la Capitale olympique, souhaitons que chacun d’eux aime Lausanne autant que Samaranch l’aimait…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Lausanne est, depuis le 5 décembre 1993, Capitale olympique. Ce jour-là, dans un salon feutré de la Villa Mon-Repos, un dimanche en fin d’après-midi et devant un aréopage restreint de personnes, le président Juan-Antonio Samaranch avait remis ce titre dans les mains de la syndique Yvette Jaggi. Mine de rien, ce geste symbolique s’il en est, avait en fait une portée énorme. En terme de marketing, on dira que la «Paysanne qui a fait ses humanités", pour citer Jean Villard Gilles, accédait à une nouvelle image, qui allait faire le tour du monde et donner à Lausanne ce statut si particulier de capitale mondiale du sport.
Après avoir rénové les Jeux olympiques en 1894, le baron Pierre de Coubertin déplace en 1915 le siège du CIO de Paris à Lausanne. Le siège est d’abord établi au Casino de Montbenon, puis dans la Villa Mon-Repos, enfin au Château de Vidy. La suite est connue. Elle doit être lue comme une gradation positive et continue: Musée olympique provisoire en 1982 à Ruchonnet, Musée olympique à Ouchy inauguré le 23 juin 1993. Le nouveau siège de Vidy est inauguré en 1986, agrandi en 1998. Parallèlement à ces développements, les Fédérations sportives internationales s’installent à Lausanne – pour se rapprocher du CIO – et se rapprocher entre elles. Elles sont aujourd’hui près de 25 à avoir leur siège dans la capitale vaudoise.
Tout va donc pour le mieux dans le meilleur du monde sportif à Lausanne. Samaranch avait toujours dit haut et fort son amour pour Lausanne. Il a tout fait pour y «ancrer» le CIO. Jacques Rogge, son successeur, a été beaucoup plus discret sur le sujet, sans pour autant remettre en question le choix de Lausanne. En septembre prochain à Buenos Aires, le CIO élira le successeur de Rogge. Les noms des papables qui circulent aujourd’hui sont le Suisse Denis Oswald, Thomas Bach (All), Richard Carrion (Porto Rico), Sergei Bubka (Ukr) et Ser Miang Ng (Singapour). Pour l’avenir de la Capitale olympique, souhaitons que chacun d’eux aime Lausanne autant que Samaranch l’aimait…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Inscription à :
Articles (Atom)