Jérôme Cachin et son bouquin
Denis Pittet, journaliste *
Jérôme Cachin est un «jeune» confère journaliste (il a 41 ans tout de même), aujourd’hui responsable de la rédaction vaudoise de La Liberté, à Lausanne. Il occupe ce poste depuis dix ans. Natif de Payerne, il semble normal que son cœur ait balancé entre Vaud et Fribourg, car ce coin de Pays a toujours été «partagé» entre les deux cantons.
Jérôme est un passionné de la politique vaudoise. Il n’y en a plus beaucoup, des journalistes aussi pointus et spécialisés pour une rubrique. Je dis cela non sans nostalgie, car moi-même, durant de longues années, je me suis occupé de politique vaudoise, usant mes jeans sur les bancs de presse du Grand Conseil et du Conseil communal de Lausanne.
Jérôme Cachin a l’air de rien quand vous le croisez pour la première fois. Il pourrait même paraître taciturne ou renfermé, mais il est tout le contraire. Croyez-moi, c’est un tout vif, un esprit aiguisé et curieux, toujours prêt à poser la bonne question, de sa voix calme et peu forte.
Non content de bien faire son métier, le voilà qui nous écrit un bouquin : "Institutions politiques vaudoises". Publié dans la collection «Comprendre» aux Editions Loisirs et Pédagogie, illustré par Mix&Remix, le livre propose un panorama accessible des institutions politiques vaudoises et de leurs rouages. S’y côtoient une multitude d’informations et de définitions (qu’est-ce qu’un parti politique vaudois ? Avant Vaud ? Les députés, l’autonomie communale, etc.), mais aussi une foultitude des petits encadrés dus à l’expérience du terrain de Jérôme. Et là, cela devient franchement savoureux. Extrait. «La direction du parti essaye de gérer les carrières. Elle évite, sans toujours y parvenir, que le parti ne se déchire sur la place publique». Voilà qui prend tout son sel quand on se remémore certaines «affaires».
On pourrait croire au premier coup d’œil que le travail de Jérôme Cachin s’adresse aux jeunes écoliers, voire étudiants. Ce serait faire fausse route. On lit les infos, on lit les lignes, mais on lit surtout entre les lignes. La complémentarité des infos et des anecdotes mêmes suggérées est parfaite.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Traduire
mercredi 15 mai 2013
lundi 6 mai 2013
Chronique du Nouvelliste du mercredi 1er mai 2013
Balelec et Unilive
Denis Pittet, journaliste *
On a beaucoup parlé ces derniers jours – avec la divulgation de leurs programmes respectifs - des festivals de Paléo et du Montreux jazz. Il y a ainsi dans le calendrier des événements qui reviennent régulièrement, comme par exemple le Tour de Romandie qui s’est terminé dimanche ou encore les «20 Kilomètres de Lausanne» qui se sont déroulés par un temps exécrable samedi en fin d’après-midi dans les rue de la capitale olympique, ce qui n’a pas empêché la participation record de 18'741 coureurs.
Fin avril-début mai est une période chargée en événements à Lausanne, et ce sont les mêmes depuis longtemps. Les 20 km sont nés en 1982, mais un autre événement majeur a vu le jour une année auparavant – en 1981 – et va dérouler ses fastes ce vendredi 3 mai. Il s’agit du Balelec. Cette manifestation n’est rien de moins que le plus grand événement estudiantin d’Europe!
Balelec c’est la fête sur le site de l’EPFL à Dorigny. Une gigantesque logistique d’un seul soir destinée à accueillir 15'000 personnes (il y a souvent plus) qui viennent écouter les 30 concerts officiels, boire des verres, danser, se retrouver et manger une morce sur la multitude des stands répartis sur le site. L’esprit de Balelec est le même depuis le début : une date unique, ce qui crée la demande et «oblige» à la participation….
«Balelec» signifie «bal électricité». En 1981, c’est la section d’électricité de l’EPFL – enseignants et étudiants réunis – qui lance le premier bal. C’était – sauf erreur de ma part – à l’avenue de l’Eglise-Anglaise, Sous-Gare, dans une sorte de salle de gymnastique avec scène, comme il y en tant dans ce Pays. Nous étions environ 500. Puis ce sera à l’avenue de Cour, avant que le Balelec investisse le site de Dorigny et grandisse.
Si des manifestations durent et mourront peut-être un jour, d’autres naissent. Ainsi, jeudi dernier, «Unilive» un festival musical gratuit sur le campus même de l'Université de Lausanne a vu le jour avec un seul groupe musical mais déjà plus de 4000 participants! C’est beau. Longue Vie à «Unilive» et rendez-vous dans 30 ans pour un bilan….
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
On a beaucoup parlé ces derniers jours – avec la divulgation de leurs programmes respectifs - des festivals de Paléo et du Montreux jazz. Il y a ainsi dans le calendrier des événements qui reviennent régulièrement, comme par exemple le Tour de Romandie qui s’est terminé dimanche ou encore les «20 Kilomètres de Lausanne» qui se sont déroulés par un temps exécrable samedi en fin d’après-midi dans les rue de la capitale olympique, ce qui n’a pas empêché la participation record de 18'741 coureurs.
Fin avril-début mai est une période chargée en événements à Lausanne, et ce sont les mêmes depuis longtemps. Les 20 km sont nés en 1982, mais un autre événement majeur a vu le jour une année auparavant – en 1981 – et va dérouler ses fastes ce vendredi 3 mai. Il s’agit du Balelec. Cette manifestation n’est rien de moins que le plus grand événement estudiantin d’Europe!
Balelec c’est la fête sur le site de l’EPFL à Dorigny. Une gigantesque logistique d’un seul soir destinée à accueillir 15'000 personnes (il y a souvent plus) qui viennent écouter les 30 concerts officiels, boire des verres, danser, se retrouver et manger une morce sur la multitude des stands répartis sur le site. L’esprit de Balelec est le même depuis le début : une date unique, ce qui crée la demande et «oblige» à la participation….
«Balelec» signifie «bal électricité». En 1981, c’est la section d’électricité de l’EPFL – enseignants et étudiants réunis – qui lance le premier bal. C’était – sauf erreur de ma part – à l’avenue de l’Eglise-Anglaise, Sous-Gare, dans une sorte de salle de gymnastique avec scène, comme il y en tant dans ce Pays. Nous étions environ 500. Puis ce sera à l’avenue de Cour, avant que le Balelec investisse le site de Dorigny et grandisse.
Si des manifestations durent et mourront peut-être un jour, d’autres naissent. Ainsi, jeudi dernier, «Unilive» un festival musical gratuit sur le campus même de l'Université de Lausanne a vu le jour avec un seul groupe musical mais déjà plus de 4000 participants! C’est beau. Longue Vie à «Unilive» et rendez-vous dans 30 ans pour un bilan….
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 17 avril 2013
Chronique du Nouvelliste du mercredi 17 avril 2013
Hommage à Anne-Marie Portolès
Denis Pittet, journaliste *
Le journalisme sportif a toujours été un monde à part. Bien des rédacteurs en chef «vieille génération» le savaient d’ailleurs fort bien : il n’y a pas meilleure formation pour un stagiaire que de commencer par le sport. Car le journalisme sportif est exigeant : horaires de fous, week-end et soirées prises à longueur d’années, déplacement longs, lointains et surtout nombreux. Mais encore faculté d’écrire très vite (le match se termine à 22 h 45 et le dernier bouclage est à 23 h 10), si possible pas trop mal et posséder l’esprit de synthèse (et parfois d’inventivité) pour envoyer un papier qui ait un début, une fin, le résultat du match et quelques appréciations intelligentes pour couronner le tout et sans vexer une équipe et la femme du capitaine…
J’ai appris, vendredi dernier, avec une immense tristesse le décès à 56 ans d’Anne-Marie Portolès. Elle travaillait depuis 1987 à la RTS comme journaliste sportive. Mais avant – car il y avait eu un avant – elle avait «pigé» pour 24 Heures, en couvrant notamment le volley. Nous nous étions croisés à cette époque. Elle avait débarqué tout de go avec son rire communicatif dans ce monde de mecs, coachée par Bernard Chappuis, qui était alors le spécialiste du volley et du basket. Moi je pigeais pour le Matin. Cette période bénie à duré en gros de 1979 à 1985. Nous étions très jeunes, on riait comme des fous, on apprenait à se tirer la bourre et à qui se ruerait en premier sur l’unique téléphone pour dicter ses 30 lignes… Il y avait aussi le photographe Jean-Bernard Sieber – fondateur de l’agence ARC – qui se lançait dans le métier. Aujourd’hui, Sieber est connu comme le loup blanc dans tout le canton de Vaud. Nous étions une bande de copains passionnés par le sport en général et par le volley en particulier. Nous avions assisté à la naissance du «Volley Montreux Masters» qui au départ en 1984 s’appelait sauf erreur «Coupe de Montreux» et due à l’énergie d’Olivier Vogel. Depuis, jamais le volley n’a eu autant de place dans les journaux romands qu’à cette époque. C’était le fruit de la passion et de l’amitié. Nous avons perdu une amie.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Le journalisme sportif a toujours été un monde à part. Bien des rédacteurs en chef «vieille génération» le savaient d’ailleurs fort bien : il n’y a pas meilleure formation pour un stagiaire que de commencer par le sport. Car le journalisme sportif est exigeant : horaires de fous, week-end et soirées prises à longueur d’années, déplacement longs, lointains et surtout nombreux. Mais encore faculté d’écrire très vite (le match se termine à 22 h 45 et le dernier bouclage est à 23 h 10), si possible pas trop mal et posséder l’esprit de synthèse (et parfois d’inventivité) pour envoyer un papier qui ait un début, une fin, le résultat du match et quelques appréciations intelligentes pour couronner le tout et sans vexer une équipe et la femme du capitaine…
J’ai appris, vendredi dernier, avec une immense tristesse le décès à 56 ans d’Anne-Marie Portolès. Elle travaillait depuis 1987 à la RTS comme journaliste sportive. Mais avant – car il y avait eu un avant – elle avait «pigé» pour 24 Heures, en couvrant notamment le volley. Nous nous étions croisés à cette époque. Elle avait débarqué tout de go avec son rire communicatif dans ce monde de mecs, coachée par Bernard Chappuis, qui était alors le spécialiste du volley et du basket. Moi je pigeais pour le Matin. Cette période bénie à duré en gros de 1979 à 1985. Nous étions très jeunes, on riait comme des fous, on apprenait à se tirer la bourre et à qui se ruerait en premier sur l’unique téléphone pour dicter ses 30 lignes… Il y avait aussi le photographe Jean-Bernard Sieber – fondateur de l’agence ARC – qui se lançait dans le métier. Aujourd’hui, Sieber est connu comme le loup blanc dans tout le canton de Vaud. Nous étions une bande de copains passionnés par le sport en général et par le volley en particulier. Nous avions assisté à la naissance du «Volley Montreux Masters» qui au départ en 1984 s’appelait sauf erreur «Coupe de Montreux» et due à l’énergie d’Olivier Vogel. Depuis, jamais le volley n’a eu autant de place dans les journaux romands qu’à cette époque. C’était le fruit de la passion et de l’amitié. Nous avons perdu une amie.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 3 avril 2013
Chronique du Nouvelliste du mercredi 3 avril 2013
Tamedia etcaetera
Denis Pittet, journaliste *
Savez-vous ce qui s’est passé le 30 juin 1992? Eh bien ce jour-là, le journal «La Presse Riviera» (anciennement «Vevey-Riviera ») cessait de paraître définitivement, sans que beaucoup de personnes ne s’en soucient à vrai dire. Edité par Säuberlin&Pfeiffer, racheté par Edipresse puis vendu pour 1 franc symbolique à l’éditeur Corbaz, ce titre avait contribué de nombreuses années à «l’importance de la variété d’une presse plurielle, nécessaire à l’éducation et au débat d’idées, à la mise en perspective des sujets et à la vie culturelle de tout une région». Comme par hasard, cette dernière phrase reflète un peu le condensé de tout ce que l’on a pu entendre depuis le 25 mars dernier, date de l’annonce des mesures d’économies ou de nouvelles recettes annoncées par le groupe de presse Tamedia, 34 millions dont 17,8 pour la Suisse romande.
Il existe peu ou pas d’ouvrage sur l’histoire de la presse romande depuis les années 1980, mais il est parfois bon se remettre un peu les choses en perspective ou simplement de faire un petit effort de mémoire. Dans toute l’affaire Tamedia, remarquons par exemple que la RTS a fait ses choux gras des malheurs de ses frères inférieurs de la presse écrite, comme d’habitude. Les journalistes adorent parler des journalistes. On glose et s’esbaudit sur l’éventuelle disparition du Matin semaine. Personnellement, cela fait 40 ans que j’entends peu ou prou cette hypothèse. Et est-ce que le Matin semaine est nécessaire au débat d’idées ? Autre remarque : Edipresse suisse - aujourd’hui bien disparue - a joué les rôles de méchant durant de nombreuses années sans que personne ne crie trop au scandale, mis à part quelques Genevois. Et là, c’étaient des Romands qui tuaient des Romands.
Disparus La Suisse (1994), Saturne (2006), Dimanche. CH (2003), Le Journal de Genève qui fusionne avec le Nouveau Quotidien, disparu pour donner naissance au Temps en 1998. Disparus la Gazette de Lausanne, la Nouvelle Revue, le Nord vaudois et l’Est vaudois. Et bien d’autres. La presse naît, vit, meurt, bouge, évolue. Ce n’est ni une nouvelle ni une surprise. Et il en sera toujours ainsi.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Savez-vous ce qui s’est passé le 30 juin 1992? Eh bien ce jour-là, le journal «La Presse Riviera» (anciennement «Vevey-Riviera ») cessait de paraître définitivement, sans que beaucoup de personnes ne s’en soucient à vrai dire. Edité par Säuberlin&Pfeiffer, racheté par Edipresse puis vendu pour 1 franc symbolique à l’éditeur Corbaz, ce titre avait contribué de nombreuses années à «l’importance de la variété d’une presse plurielle, nécessaire à l’éducation et au débat d’idées, à la mise en perspective des sujets et à la vie culturelle de tout une région». Comme par hasard, cette dernière phrase reflète un peu le condensé de tout ce que l’on a pu entendre depuis le 25 mars dernier, date de l’annonce des mesures d’économies ou de nouvelles recettes annoncées par le groupe de presse Tamedia, 34 millions dont 17,8 pour la Suisse romande.
Il existe peu ou pas d’ouvrage sur l’histoire de la presse romande depuis les années 1980, mais il est parfois bon se remettre un peu les choses en perspective ou simplement de faire un petit effort de mémoire. Dans toute l’affaire Tamedia, remarquons par exemple que la RTS a fait ses choux gras des malheurs de ses frères inférieurs de la presse écrite, comme d’habitude. Les journalistes adorent parler des journalistes. On glose et s’esbaudit sur l’éventuelle disparition du Matin semaine. Personnellement, cela fait 40 ans que j’entends peu ou prou cette hypothèse. Et est-ce que le Matin semaine est nécessaire au débat d’idées ? Autre remarque : Edipresse suisse - aujourd’hui bien disparue - a joué les rôles de méchant durant de nombreuses années sans que personne ne crie trop au scandale, mis à part quelques Genevois. Et là, c’étaient des Romands qui tuaient des Romands.
Disparus La Suisse (1994), Saturne (2006), Dimanche. CH (2003), Le Journal de Genève qui fusionne avec le Nouveau Quotidien, disparu pour donner naissance au Temps en 1998. Disparus la Gazette de Lausanne, la Nouvelle Revue, le Nord vaudois et l’Est vaudois. Et bien d’autres. La presse naît, vit, meurt, bouge, évolue. Ce n’est ni une nouvelle ni une surprise. Et il en sera toujours ainsi.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 20 mars 2013
Avant, c’était mieux…
Denis Pittet, journaliste *
Avant, c’était mieux. Plus on vieillit, plus il y a «d’avant» et moins il y a de «devant». Alors, vous comprenez, c’est normal de dire qu’avant c’était mieux. Avant il faisait beau. Avant – la preuve en 1976 et en 2003 – en février et mars on avait déjà eu 34 degrés et 45 jours de soleil. Avant, on savait qui allait former un gouvernement. C’était mieux. Avant, on savait le résultat et avant y’avait même pas besoin de deux tours. C’était mieux.
Avant, foi du témoignage entendu d’un vieux gendarme vaudois, quand il y avait un problème dans un village, on faisait un petit règlement de compte au coin du battoir (qui portait bien son nom), on castagnait quelques minutes et le sang avait le temps de sécher le temps de rentrer dans son village. C’était mieux. Pis le gendarme faisait semblant de ne rien savoir et s’il ne faisait pas semblant, il finissait jeté dans la fontaine. Véridique. C’était mieux et rigolo. Avant. Aujourd’hui, dans une grande ville, on s’allume, on appelle les copains par SMS, sur Twitter, sur Messenger, sur FB, sur WhatsApp, et on fait une grande bagarre en bougeant dans la ville partout, ce qui oblige des dizaines de policiers à devoir arriver et à travailler toute la nuit et de se prendre des coups, des cailloux, des insultes, du spray dans la figure et y’a plus assez de fontaines ou trop de policiers, je ne sais pas. Donc avant c’était mieux.
Avant y’avait pas le Red Bull Crashed Ice et c’était mieux. Parce que nous les Vaudois on aime bien le calme et pas trop les polémiques et sans le Red Bull Crashed Ice on avait pas besoin de se demander combien de litres de flotte étaient gaspillés pour rien ou pour permettre à des cinglés de mieux se casser une jambe que les autres. C’était mieux aussi parce qu’on n’avait pas besoin de se demander si le Red Bull reviendrait ou pas à Lausanne. C’était plus simple.
Y’a juste une exception à ce papier: on se demande une fois de plus si le LHC va monter en ligue A cette année. Et là, on peut vraiment pas dire qu’avant, c’était mieux…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Avant, c’était mieux. Plus on vieillit, plus il y a «d’avant» et moins il y a de «devant». Alors, vous comprenez, c’est normal de dire qu’avant c’était mieux. Avant il faisait beau. Avant – la preuve en 1976 et en 2003 – en février et mars on avait déjà eu 34 degrés et 45 jours de soleil. Avant, on savait qui allait former un gouvernement. C’était mieux. Avant, on savait le résultat et avant y’avait même pas besoin de deux tours. C’était mieux.
Avant, foi du témoignage entendu d’un vieux gendarme vaudois, quand il y avait un problème dans un village, on faisait un petit règlement de compte au coin du battoir (qui portait bien son nom), on castagnait quelques minutes et le sang avait le temps de sécher le temps de rentrer dans son village. C’était mieux. Pis le gendarme faisait semblant de ne rien savoir et s’il ne faisait pas semblant, il finissait jeté dans la fontaine. Véridique. C’était mieux et rigolo. Avant. Aujourd’hui, dans une grande ville, on s’allume, on appelle les copains par SMS, sur Twitter, sur Messenger, sur FB, sur WhatsApp, et on fait une grande bagarre en bougeant dans la ville partout, ce qui oblige des dizaines de policiers à devoir arriver et à travailler toute la nuit et de se prendre des coups, des cailloux, des insultes, du spray dans la figure et y’a plus assez de fontaines ou trop de policiers, je ne sais pas. Donc avant c’était mieux.
Avant y’avait pas le Red Bull Crashed Ice et c’était mieux. Parce que nous les Vaudois on aime bien le calme et pas trop les polémiques et sans le Red Bull Crashed Ice on avait pas besoin de se demander combien de litres de flotte étaient gaspillés pour rien ou pour permettre à des cinglés de mieux se casser une jambe que les autres. C’était mieux aussi parce qu’on n’avait pas besoin de se demander si le Red Bull reviendrait ou pas à Lausanne. C’était plus simple.
Y’a juste une exception à ce papier: on se demande une fois de plus si le LHC va monter en ligue A cette année. Et là, on peut vraiment pas dire qu’avant, c’était mieux…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 6 mars 2013
Chronique du Nouvelliste du mercredi 6 mars 2013
Les Grisons, comme Valais et Vaud….
Denis Pittet, journaliste *
Le «non» du canton des Grisons (53%) au projet de candidature pour les JO d’hiver de 2022 me perturbe. Sans entrer dans les détails mais finalement sur le fond des ces candidatures, cela se passe comme cela en caricaturant la moindre: une bande d’illuminés amoureux du sport et en général anciens «quelque chose» sur le plan sportif et politique se réunissent dans un caveau, boivent quelques verres et décident d’organiser des JO. C’est très simple dans le fond. Six cents études d’impacts et quatre ans plus tard, le projet finit sans pitié devant le peuple qui doit valider une garantie financière. Et depuis longtemps, la réponse est invariablement la même : «Non»!
Valais et Vaud connaissent bien cette histoire. La sixième et dernière candidature de Lausanne pour organiser les jeux d’hiver de 1994 sera la plus «dramatique»: le 26 juin 1988, les Lausannois refusent lors d’un référendum la responsabilité financière solidaire de la candidature pour les Jeux d’hiver de 1994, «contre» les stations des Alpes vaudoises. C’est exactement ce qui s’est passé dimanche aux Grisons.
Il existe depuis longtemps un grand débat parallèle à ces problèmes de cautionnement financier : qui peut réellement encore se permettre d’organiser des Jeux olympiques d’hiver (on ne parle même pas de ceux d’été)? Une station, c’est fini. Des stations, ce n’est pas suffisant. Une ville ou des villes, cela devient problématique. Reste l’échelle du Pays.
Deux remarques à ce stade: d’abord, à part quelques gesticulations d’Ueli Maurer, on a peu vu la Suisse se bouger pour la candidature grisonne. Il faudrait raisonner différemment sur ce plan-là. Ensuite, on entend peu le CIO sur ses exigences et les questions de gigantisme des JO.
Et si, pour régler le problème, les Jeux d’hiver avaient lieu toujours au même endroit ? Ce ne serait rien d’autre que l’esprit d’Olympie. Si on se souvient toujours de qui a gagné la médaille d’or, on se rappelle moins de l’endroit où elle a été glanée.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Le «non» du canton des Grisons (53%) au projet de candidature pour les JO d’hiver de 2022 me perturbe. Sans entrer dans les détails mais finalement sur le fond des ces candidatures, cela se passe comme cela en caricaturant la moindre: une bande d’illuminés amoureux du sport et en général anciens «quelque chose» sur le plan sportif et politique se réunissent dans un caveau, boivent quelques verres et décident d’organiser des JO. C’est très simple dans le fond. Six cents études d’impacts et quatre ans plus tard, le projet finit sans pitié devant le peuple qui doit valider une garantie financière. Et depuis longtemps, la réponse est invariablement la même : «Non»!
Valais et Vaud connaissent bien cette histoire. La sixième et dernière candidature de Lausanne pour organiser les jeux d’hiver de 1994 sera la plus «dramatique»: le 26 juin 1988, les Lausannois refusent lors d’un référendum la responsabilité financière solidaire de la candidature pour les Jeux d’hiver de 1994, «contre» les stations des Alpes vaudoises. C’est exactement ce qui s’est passé dimanche aux Grisons.
Il existe depuis longtemps un grand débat parallèle à ces problèmes de cautionnement financier : qui peut réellement encore se permettre d’organiser des Jeux olympiques d’hiver (on ne parle même pas de ceux d’été)? Une station, c’est fini. Des stations, ce n’est pas suffisant. Une ville ou des villes, cela devient problématique. Reste l’échelle du Pays.
Deux remarques à ce stade: d’abord, à part quelques gesticulations d’Ueli Maurer, on a peu vu la Suisse se bouger pour la candidature grisonne. Il faudrait raisonner différemment sur ce plan-là. Ensuite, on entend peu le CIO sur ses exigences et les questions de gigantisme des JO.
Et si, pour régler le problème, les Jeux d’hiver avaient lieu toujours au même endroit ? Ce ne serait rien d’autre que l’esprit d’Olympie. Si on se souvient toujours de qui a gagné la médaille d’or, on se rappelle moins de l’endroit où elle a été glanée.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 20 février 2013
Chronique du Nouvelliste du mercredi 20 février 2013
Les rengaines éternelles du LHC
Denis Pittet, journaliste *
Ce n’est plus une question de nostalgie – comme celle du
foot des talus que j’évoquais ici il y a quinze jours – mais à chaque période
de février-mars et parfois avril, on retrouve les play-off de hockey pour
monter en LNA et donc on retrouve le LHC qui, comme chacun le sait, est la
meilleure équipe du monde promise à l’ascension à chaque fois et qui à chaque
fois échoue au poteau, voire avant. Ce propos est intéressant parce que cette
aventure unit – ou désunit, c’est selon – souvent le LHC avec les Valaisans, de
Sierre ou de Viège, ceci dit bien évidemment au hasard…
A l’heure où je ponds cette prose, le LHC a perdu dimanche
soir contre Viège. Il y 1 à 1 dans la série. A l’heure où vous lisez cette
prose, il y aura forcément 2-1 pour une des deux équipes et ceci ne va pas
changer le fond du propos.
Parce que le fond du propos est de dire et de redire que je
n’en peux plus de lire et relire les mêmes articles sur le LHC, sur ses états
d’âme, sur ses blessés, sur ses entraîneurs, sur la poisse, sur la confiance
qui vient et qui repart, sur le mauvais esprit ou encore sur les fantômes qui
hantent Malley. C’est lassant. On en peut plus. Fini. Kaput.
Fin mars 2012, le LHC échouait pour la x-ième fois pour la
promotion face à Langenthal. Dans un «Forum» de la RTS, j’échangeais quelques
jours plus tard face au Président du LHC qui jurait que jamais l’entraîneur van
Boxmeer ne serait viré. Sept mois après, van Boxmeer était viré. Je dis pas
cela pour médire du Président (on connaît d’autres présidents qui changent
d’avis et virent des entraîneurs) mais bien pour mettre en perspective que
c’est toujours la même chose et les mêmes mauvaises rengaines dans ces
histoires…
En 1978 (année miraculeuse de promotion du LHC) il y avait à
tous les matches, dans le vieux temple de Montchoisi, un bonhomme qui avait un
peu abusé de la dive bouteille et qui hurlait «Gratton millionnaire !»
lorsque la vedette d’alors du club lausannois ne faisait pas son boulot sur la
glace. On devrait retrouver ce type et l’envoyer d’urgence sur le banc
lausannois.
*Délégué à la
communication du département de l’Intérieur vaudois
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