Lausanne en chantiers
Denis Pittet, journaliste *
Les chantiers vous enchantent? Vous n’avez pas fini de chanter tout l’été (autoroute A9) et vous – nous – chanterez désormais pour plus de dix ans à Lausanne! Où est la nouvelle réagiront immédiatement certains, puisque Lausanne est, depuis déjà longtemps, un chantier permanent ou plutôt une somme de petits et moyens chantiers qui durent chacun très longtemps. Circuler à Lausanne, c’est comme jouer aux dés: vous ne savez jamais devant quelle nouvelle rue fermée pour 6 mois vous allez tomber. Le directeur des Transports publics lausannois le reconnaît d’ailleurs lui-même : ses bus ont du composer – rien qu’en 2012 – avec 325 chantiers ( !) dont 26 ont impliqué des détournements de lignes…
Le sujet est si grave que le grand quotidien vaudois «24 Heures» y a consacré un cahier spécial il y a cinq jours. Damme! L’exercice est bien difficile de vendre positivement aux lecteurs et citoyens des embûches pour dix ans alors que ces mêmes lecteurs et citoyens ont déjà l’impression de les vivre. Ménageant la chèvre et le chou, l’éditorialiste du journal vaudois dit : «Désormais, il faut s’attaquer à la tranche la moins gratifiante de l’édifice. Les axes principaux de communication à travers et autour de Lausanne».
Nouveau tram, nouveau métro, nouveaux bus, nouvelles jonctions, zones piétonnières, places éventrées, artères remodelées, contournement de Lausanne revu : toutes ces manœuvres peuvent être considérées sous deux angles. Le premier: une mue positive et une gestion saine du futur. Le second : la conséquence d’un manque total d’adaptation depuis près de 20 ans. Ce n’est pas faire injure à la vérité de dire que les autorités lausannoises ont «freiné» la bagnole depuis le début des années 90. Un choix politique voulu et assumé. Mais la croissance (habitants, économie, déplacements) et ses conséquences elle, n’a pas cessé. C’est pour cela que désormais il faut faire se rejoindre au prix fort deux courbes qui s’étaient un peu écartées l’une de l’autre…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Traduire
vendredi 14 juin 2013
lundi 3 juin 2013
Chronique du Nouvelliste du mercredi 29 mai 2013
Lausanne et des chiffres
Denis Pittet, journaliste *
Longtemps connu sous le nom très administratif et un peu barbare de « SCRIS » (service cantonal de recherche et d’informations statistiques), devenu aujourd’hui «Statistique Vaud», ce service décortique depuis plus de 40 ans des millions de données concernant la vie des Vaudois. Il travaille main dans la main avec «Statistique Lausanne», qui s’est « appondu» plus récemment à ce train de chiffres qui recèlent et font découvrir des choses toujours passionnantes lorsqu’on les décrypte un peu… Et vous savez les chiffres : on leur fait dire ce que l’on veut.
A cet égard, la dernière livraison de «Statistique Lausanne», dans une série nommée «Lausanne déchiffrée» est des plus intéressantes. Je suis un enfant de Lausanne. J’y suis né, y ai grandit, étudié et j’y travaille depuis toujours. J’ai toujours pensé que Lausanne était une «grande» ville. Officiellement, Lausanne compte 137'500 habitants. C’est donc une petite ville. Longtemps et jusqu’à la fin des années 80, lorsqu’on évoquait le nombre d’habitants de la capitale vaudoise, on donnait en fait le chiffre des habitants avec ses villes de «banlieue» : Pully, Belmont, Epalinges, Lutry, Chavannes, Renens, Romanel, St Sulpice, Prilly, Crissier, Le Mont et pardon pour celles que je ne mentionne pas. Mais n’allez pas dire à un Pullièran que c’est un banlieusard lausannois. Ni dire à un Morgien qu’il est dans la sphère d’influence de Lausanne….
Pourtant, dans leur inconscient collectif, bien des Lausannois appartenaient, appartiennent et font toujours partie d’une agglomération dont on a longtemps dit quelle oscillait entre 200'000 et 250'000 habitants. (330'000 pour Lausanne-Morges). Donc une grande ville. Simplement, un jour, les statisticiens ont décidé de donner le nombre d’habitants exacts sur le territoire, et Lausanne a ainsi passé brutalement de 250'000 habitants à 125'000. De mémoire, je dirais que ce coup d’assommoir date du milieu des années 90. La bonne nouvelle est que Lausanne depuis n’a cessé de reconquérir de nouveaux habitants. La mauvaise est que les natifs purs (16% des Lausannois seulement !) ne savent toujours pas s’ils vivent dans une grande ville ou dans… une petite ville.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Longtemps connu sous le nom très administratif et un peu barbare de « SCRIS » (service cantonal de recherche et d’informations statistiques), devenu aujourd’hui «Statistique Vaud», ce service décortique depuis plus de 40 ans des millions de données concernant la vie des Vaudois. Il travaille main dans la main avec «Statistique Lausanne», qui s’est « appondu» plus récemment à ce train de chiffres qui recèlent et font découvrir des choses toujours passionnantes lorsqu’on les décrypte un peu… Et vous savez les chiffres : on leur fait dire ce que l’on veut.
A cet égard, la dernière livraison de «Statistique Lausanne», dans une série nommée «Lausanne déchiffrée» est des plus intéressantes. Je suis un enfant de Lausanne. J’y suis né, y ai grandit, étudié et j’y travaille depuis toujours. J’ai toujours pensé que Lausanne était une «grande» ville. Officiellement, Lausanne compte 137'500 habitants. C’est donc une petite ville. Longtemps et jusqu’à la fin des années 80, lorsqu’on évoquait le nombre d’habitants de la capitale vaudoise, on donnait en fait le chiffre des habitants avec ses villes de «banlieue» : Pully, Belmont, Epalinges, Lutry, Chavannes, Renens, Romanel, St Sulpice, Prilly, Crissier, Le Mont et pardon pour celles que je ne mentionne pas. Mais n’allez pas dire à un Pullièran que c’est un banlieusard lausannois. Ni dire à un Morgien qu’il est dans la sphère d’influence de Lausanne….
Pourtant, dans leur inconscient collectif, bien des Lausannois appartenaient, appartiennent et font toujours partie d’une agglomération dont on a longtemps dit quelle oscillait entre 200'000 et 250'000 habitants. (330'000 pour Lausanne-Morges). Donc une grande ville. Simplement, un jour, les statisticiens ont décidé de donner le nombre d’habitants exacts sur le territoire, et Lausanne a ainsi passé brutalement de 250'000 habitants à 125'000. De mémoire, je dirais que ce coup d’assommoir date du milieu des années 90. La bonne nouvelle est que Lausanne depuis n’a cessé de reconquérir de nouveaux habitants. La mauvaise est que les natifs purs (16% des Lausannois seulement !) ne savent toujours pas s’ils vivent dans une grande ville ou dans… une petite ville.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 15 mai 2013
Chronique du Nouvelliste du mercredi 15 mai 2013
Jérôme Cachin et son bouquin
Denis Pittet, journaliste *
Jérôme Cachin est un «jeune» confère journaliste (il a 41 ans tout de même), aujourd’hui responsable de la rédaction vaudoise de La Liberté, à Lausanne. Il occupe ce poste depuis dix ans. Natif de Payerne, il semble normal que son cœur ait balancé entre Vaud et Fribourg, car ce coin de Pays a toujours été «partagé» entre les deux cantons.
Jérôme est un passionné de la politique vaudoise. Il n’y en a plus beaucoup, des journalistes aussi pointus et spécialisés pour une rubrique. Je dis cela non sans nostalgie, car moi-même, durant de longues années, je me suis occupé de politique vaudoise, usant mes jeans sur les bancs de presse du Grand Conseil et du Conseil communal de Lausanne.
Jérôme Cachin a l’air de rien quand vous le croisez pour la première fois. Il pourrait même paraître taciturne ou renfermé, mais il est tout le contraire. Croyez-moi, c’est un tout vif, un esprit aiguisé et curieux, toujours prêt à poser la bonne question, de sa voix calme et peu forte.
Non content de bien faire son métier, le voilà qui nous écrit un bouquin : "Institutions politiques vaudoises". Publié dans la collection «Comprendre» aux Editions Loisirs et Pédagogie, illustré par Mix&Remix, le livre propose un panorama accessible des institutions politiques vaudoises et de leurs rouages. S’y côtoient une multitude d’informations et de définitions (qu’est-ce qu’un parti politique vaudois ? Avant Vaud ? Les députés, l’autonomie communale, etc.), mais aussi une foultitude des petits encadrés dus à l’expérience du terrain de Jérôme. Et là, cela devient franchement savoureux. Extrait. «La direction du parti essaye de gérer les carrières. Elle évite, sans toujours y parvenir, que le parti ne se déchire sur la place publique». Voilà qui prend tout son sel quand on se remémore certaines «affaires».
On pourrait croire au premier coup d’œil que le travail de Jérôme Cachin s’adresse aux jeunes écoliers, voire étudiants. Ce serait faire fausse route. On lit les infos, on lit les lignes, mais on lit surtout entre les lignes. La complémentarité des infos et des anecdotes mêmes suggérées est parfaite.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Jérôme Cachin est un «jeune» confère journaliste (il a 41 ans tout de même), aujourd’hui responsable de la rédaction vaudoise de La Liberté, à Lausanne. Il occupe ce poste depuis dix ans. Natif de Payerne, il semble normal que son cœur ait balancé entre Vaud et Fribourg, car ce coin de Pays a toujours été «partagé» entre les deux cantons.
Jérôme est un passionné de la politique vaudoise. Il n’y en a plus beaucoup, des journalistes aussi pointus et spécialisés pour une rubrique. Je dis cela non sans nostalgie, car moi-même, durant de longues années, je me suis occupé de politique vaudoise, usant mes jeans sur les bancs de presse du Grand Conseil et du Conseil communal de Lausanne.
Jérôme Cachin a l’air de rien quand vous le croisez pour la première fois. Il pourrait même paraître taciturne ou renfermé, mais il est tout le contraire. Croyez-moi, c’est un tout vif, un esprit aiguisé et curieux, toujours prêt à poser la bonne question, de sa voix calme et peu forte.
Non content de bien faire son métier, le voilà qui nous écrit un bouquin : "Institutions politiques vaudoises". Publié dans la collection «Comprendre» aux Editions Loisirs et Pédagogie, illustré par Mix&Remix, le livre propose un panorama accessible des institutions politiques vaudoises et de leurs rouages. S’y côtoient une multitude d’informations et de définitions (qu’est-ce qu’un parti politique vaudois ? Avant Vaud ? Les députés, l’autonomie communale, etc.), mais aussi une foultitude des petits encadrés dus à l’expérience du terrain de Jérôme. Et là, cela devient franchement savoureux. Extrait. «La direction du parti essaye de gérer les carrières. Elle évite, sans toujours y parvenir, que le parti ne se déchire sur la place publique». Voilà qui prend tout son sel quand on se remémore certaines «affaires».
On pourrait croire au premier coup d’œil que le travail de Jérôme Cachin s’adresse aux jeunes écoliers, voire étudiants. Ce serait faire fausse route. On lit les infos, on lit les lignes, mais on lit surtout entre les lignes. La complémentarité des infos et des anecdotes mêmes suggérées est parfaite.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
lundi 6 mai 2013
Chronique du Nouvelliste du mercredi 1er mai 2013
Balelec et Unilive
Denis Pittet, journaliste *
On a beaucoup parlé ces derniers jours – avec la divulgation de leurs programmes respectifs - des festivals de Paléo et du Montreux jazz. Il y a ainsi dans le calendrier des événements qui reviennent régulièrement, comme par exemple le Tour de Romandie qui s’est terminé dimanche ou encore les «20 Kilomètres de Lausanne» qui se sont déroulés par un temps exécrable samedi en fin d’après-midi dans les rue de la capitale olympique, ce qui n’a pas empêché la participation record de 18'741 coureurs.
Fin avril-début mai est une période chargée en événements à Lausanne, et ce sont les mêmes depuis longtemps. Les 20 km sont nés en 1982, mais un autre événement majeur a vu le jour une année auparavant – en 1981 – et va dérouler ses fastes ce vendredi 3 mai. Il s’agit du Balelec. Cette manifestation n’est rien de moins que le plus grand événement estudiantin d’Europe!
Balelec c’est la fête sur le site de l’EPFL à Dorigny. Une gigantesque logistique d’un seul soir destinée à accueillir 15'000 personnes (il y a souvent plus) qui viennent écouter les 30 concerts officiels, boire des verres, danser, se retrouver et manger une morce sur la multitude des stands répartis sur le site. L’esprit de Balelec est le même depuis le début : une date unique, ce qui crée la demande et «oblige» à la participation….
«Balelec» signifie «bal électricité». En 1981, c’est la section d’électricité de l’EPFL – enseignants et étudiants réunis – qui lance le premier bal. C’était – sauf erreur de ma part – à l’avenue de l’Eglise-Anglaise, Sous-Gare, dans une sorte de salle de gymnastique avec scène, comme il y en tant dans ce Pays. Nous étions environ 500. Puis ce sera à l’avenue de Cour, avant que le Balelec investisse le site de Dorigny et grandisse.
Si des manifestations durent et mourront peut-être un jour, d’autres naissent. Ainsi, jeudi dernier, «Unilive» un festival musical gratuit sur le campus même de l'Université de Lausanne a vu le jour avec un seul groupe musical mais déjà plus de 4000 participants! C’est beau. Longue Vie à «Unilive» et rendez-vous dans 30 ans pour un bilan….
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
On a beaucoup parlé ces derniers jours – avec la divulgation de leurs programmes respectifs - des festivals de Paléo et du Montreux jazz. Il y a ainsi dans le calendrier des événements qui reviennent régulièrement, comme par exemple le Tour de Romandie qui s’est terminé dimanche ou encore les «20 Kilomètres de Lausanne» qui se sont déroulés par un temps exécrable samedi en fin d’après-midi dans les rue de la capitale olympique, ce qui n’a pas empêché la participation record de 18'741 coureurs.
Fin avril-début mai est une période chargée en événements à Lausanne, et ce sont les mêmes depuis longtemps. Les 20 km sont nés en 1982, mais un autre événement majeur a vu le jour une année auparavant – en 1981 – et va dérouler ses fastes ce vendredi 3 mai. Il s’agit du Balelec. Cette manifestation n’est rien de moins que le plus grand événement estudiantin d’Europe!
Balelec c’est la fête sur le site de l’EPFL à Dorigny. Une gigantesque logistique d’un seul soir destinée à accueillir 15'000 personnes (il y a souvent plus) qui viennent écouter les 30 concerts officiels, boire des verres, danser, se retrouver et manger une morce sur la multitude des stands répartis sur le site. L’esprit de Balelec est le même depuis le début : une date unique, ce qui crée la demande et «oblige» à la participation….
«Balelec» signifie «bal électricité». En 1981, c’est la section d’électricité de l’EPFL – enseignants et étudiants réunis – qui lance le premier bal. C’était – sauf erreur de ma part – à l’avenue de l’Eglise-Anglaise, Sous-Gare, dans une sorte de salle de gymnastique avec scène, comme il y en tant dans ce Pays. Nous étions environ 500. Puis ce sera à l’avenue de Cour, avant que le Balelec investisse le site de Dorigny et grandisse.
Si des manifestations durent et mourront peut-être un jour, d’autres naissent. Ainsi, jeudi dernier, «Unilive» un festival musical gratuit sur le campus même de l'Université de Lausanne a vu le jour avec un seul groupe musical mais déjà plus de 4000 participants! C’est beau. Longue Vie à «Unilive» et rendez-vous dans 30 ans pour un bilan….
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 17 avril 2013
Chronique du Nouvelliste du mercredi 17 avril 2013
Hommage à Anne-Marie Portolès
Denis Pittet, journaliste *
Le journalisme sportif a toujours été un monde à part. Bien des rédacteurs en chef «vieille génération» le savaient d’ailleurs fort bien : il n’y a pas meilleure formation pour un stagiaire que de commencer par le sport. Car le journalisme sportif est exigeant : horaires de fous, week-end et soirées prises à longueur d’années, déplacement longs, lointains et surtout nombreux. Mais encore faculté d’écrire très vite (le match se termine à 22 h 45 et le dernier bouclage est à 23 h 10), si possible pas trop mal et posséder l’esprit de synthèse (et parfois d’inventivité) pour envoyer un papier qui ait un début, une fin, le résultat du match et quelques appréciations intelligentes pour couronner le tout et sans vexer une équipe et la femme du capitaine…
J’ai appris, vendredi dernier, avec une immense tristesse le décès à 56 ans d’Anne-Marie Portolès. Elle travaillait depuis 1987 à la RTS comme journaliste sportive. Mais avant – car il y avait eu un avant – elle avait «pigé» pour 24 Heures, en couvrant notamment le volley. Nous nous étions croisés à cette époque. Elle avait débarqué tout de go avec son rire communicatif dans ce monde de mecs, coachée par Bernard Chappuis, qui était alors le spécialiste du volley et du basket. Moi je pigeais pour le Matin. Cette période bénie à duré en gros de 1979 à 1985. Nous étions très jeunes, on riait comme des fous, on apprenait à se tirer la bourre et à qui se ruerait en premier sur l’unique téléphone pour dicter ses 30 lignes… Il y avait aussi le photographe Jean-Bernard Sieber – fondateur de l’agence ARC – qui se lançait dans le métier. Aujourd’hui, Sieber est connu comme le loup blanc dans tout le canton de Vaud. Nous étions une bande de copains passionnés par le sport en général et par le volley en particulier. Nous avions assisté à la naissance du «Volley Montreux Masters» qui au départ en 1984 s’appelait sauf erreur «Coupe de Montreux» et due à l’énergie d’Olivier Vogel. Depuis, jamais le volley n’a eu autant de place dans les journaux romands qu’à cette époque. C’était le fruit de la passion et de l’amitié. Nous avons perdu une amie.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Le journalisme sportif a toujours été un monde à part. Bien des rédacteurs en chef «vieille génération» le savaient d’ailleurs fort bien : il n’y a pas meilleure formation pour un stagiaire que de commencer par le sport. Car le journalisme sportif est exigeant : horaires de fous, week-end et soirées prises à longueur d’années, déplacement longs, lointains et surtout nombreux. Mais encore faculté d’écrire très vite (le match se termine à 22 h 45 et le dernier bouclage est à 23 h 10), si possible pas trop mal et posséder l’esprit de synthèse (et parfois d’inventivité) pour envoyer un papier qui ait un début, une fin, le résultat du match et quelques appréciations intelligentes pour couronner le tout et sans vexer une équipe et la femme du capitaine…
J’ai appris, vendredi dernier, avec une immense tristesse le décès à 56 ans d’Anne-Marie Portolès. Elle travaillait depuis 1987 à la RTS comme journaliste sportive. Mais avant – car il y avait eu un avant – elle avait «pigé» pour 24 Heures, en couvrant notamment le volley. Nous nous étions croisés à cette époque. Elle avait débarqué tout de go avec son rire communicatif dans ce monde de mecs, coachée par Bernard Chappuis, qui était alors le spécialiste du volley et du basket. Moi je pigeais pour le Matin. Cette période bénie à duré en gros de 1979 à 1985. Nous étions très jeunes, on riait comme des fous, on apprenait à se tirer la bourre et à qui se ruerait en premier sur l’unique téléphone pour dicter ses 30 lignes… Il y avait aussi le photographe Jean-Bernard Sieber – fondateur de l’agence ARC – qui se lançait dans le métier. Aujourd’hui, Sieber est connu comme le loup blanc dans tout le canton de Vaud. Nous étions une bande de copains passionnés par le sport en général et par le volley en particulier. Nous avions assisté à la naissance du «Volley Montreux Masters» qui au départ en 1984 s’appelait sauf erreur «Coupe de Montreux» et due à l’énergie d’Olivier Vogel. Depuis, jamais le volley n’a eu autant de place dans les journaux romands qu’à cette époque. C’était le fruit de la passion et de l’amitié. Nous avons perdu une amie.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 3 avril 2013
Chronique du Nouvelliste du mercredi 3 avril 2013
Tamedia etcaetera
Denis Pittet, journaliste *
Savez-vous ce qui s’est passé le 30 juin 1992? Eh bien ce jour-là, le journal «La Presse Riviera» (anciennement «Vevey-Riviera ») cessait de paraître définitivement, sans que beaucoup de personnes ne s’en soucient à vrai dire. Edité par Säuberlin&Pfeiffer, racheté par Edipresse puis vendu pour 1 franc symbolique à l’éditeur Corbaz, ce titre avait contribué de nombreuses années à «l’importance de la variété d’une presse plurielle, nécessaire à l’éducation et au débat d’idées, à la mise en perspective des sujets et à la vie culturelle de tout une région». Comme par hasard, cette dernière phrase reflète un peu le condensé de tout ce que l’on a pu entendre depuis le 25 mars dernier, date de l’annonce des mesures d’économies ou de nouvelles recettes annoncées par le groupe de presse Tamedia, 34 millions dont 17,8 pour la Suisse romande.
Il existe peu ou pas d’ouvrage sur l’histoire de la presse romande depuis les années 1980, mais il est parfois bon se remettre un peu les choses en perspective ou simplement de faire un petit effort de mémoire. Dans toute l’affaire Tamedia, remarquons par exemple que la RTS a fait ses choux gras des malheurs de ses frères inférieurs de la presse écrite, comme d’habitude. Les journalistes adorent parler des journalistes. On glose et s’esbaudit sur l’éventuelle disparition du Matin semaine. Personnellement, cela fait 40 ans que j’entends peu ou prou cette hypothèse. Et est-ce que le Matin semaine est nécessaire au débat d’idées ? Autre remarque : Edipresse suisse - aujourd’hui bien disparue - a joué les rôles de méchant durant de nombreuses années sans que personne ne crie trop au scandale, mis à part quelques Genevois. Et là, c’étaient des Romands qui tuaient des Romands.
Disparus La Suisse (1994), Saturne (2006), Dimanche. CH (2003), Le Journal de Genève qui fusionne avec le Nouveau Quotidien, disparu pour donner naissance au Temps en 1998. Disparus la Gazette de Lausanne, la Nouvelle Revue, le Nord vaudois et l’Est vaudois. Et bien d’autres. La presse naît, vit, meurt, bouge, évolue. Ce n’est ni une nouvelle ni une surprise. Et il en sera toujours ainsi.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Savez-vous ce qui s’est passé le 30 juin 1992? Eh bien ce jour-là, le journal «La Presse Riviera» (anciennement «Vevey-Riviera ») cessait de paraître définitivement, sans que beaucoup de personnes ne s’en soucient à vrai dire. Edité par Säuberlin&Pfeiffer, racheté par Edipresse puis vendu pour 1 franc symbolique à l’éditeur Corbaz, ce titre avait contribué de nombreuses années à «l’importance de la variété d’une presse plurielle, nécessaire à l’éducation et au débat d’idées, à la mise en perspective des sujets et à la vie culturelle de tout une région». Comme par hasard, cette dernière phrase reflète un peu le condensé de tout ce que l’on a pu entendre depuis le 25 mars dernier, date de l’annonce des mesures d’économies ou de nouvelles recettes annoncées par le groupe de presse Tamedia, 34 millions dont 17,8 pour la Suisse romande.
Il existe peu ou pas d’ouvrage sur l’histoire de la presse romande depuis les années 1980, mais il est parfois bon se remettre un peu les choses en perspective ou simplement de faire un petit effort de mémoire. Dans toute l’affaire Tamedia, remarquons par exemple que la RTS a fait ses choux gras des malheurs de ses frères inférieurs de la presse écrite, comme d’habitude. Les journalistes adorent parler des journalistes. On glose et s’esbaudit sur l’éventuelle disparition du Matin semaine. Personnellement, cela fait 40 ans que j’entends peu ou prou cette hypothèse. Et est-ce que le Matin semaine est nécessaire au débat d’idées ? Autre remarque : Edipresse suisse - aujourd’hui bien disparue - a joué les rôles de méchant durant de nombreuses années sans que personne ne crie trop au scandale, mis à part quelques Genevois. Et là, c’étaient des Romands qui tuaient des Romands.
Disparus La Suisse (1994), Saturne (2006), Dimanche. CH (2003), Le Journal de Genève qui fusionne avec le Nouveau Quotidien, disparu pour donner naissance au Temps en 1998. Disparus la Gazette de Lausanne, la Nouvelle Revue, le Nord vaudois et l’Est vaudois. Et bien d’autres. La presse naît, vit, meurt, bouge, évolue. Ce n’est ni une nouvelle ni une surprise. Et il en sera toujours ainsi.
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
mercredi 20 mars 2013
Avant, c’était mieux…
Denis Pittet, journaliste *
Avant, c’était mieux. Plus on vieillit, plus il y a «d’avant» et moins il y a de «devant». Alors, vous comprenez, c’est normal de dire qu’avant c’était mieux. Avant il faisait beau. Avant – la preuve en 1976 et en 2003 – en février et mars on avait déjà eu 34 degrés et 45 jours de soleil. Avant, on savait qui allait former un gouvernement. C’était mieux. Avant, on savait le résultat et avant y’avait même pas besoin de deux tours. C’était mieux.
Avant, foi du témoignage entendu d’un vieux gendarme vaudois, quand il y avait un problème dans un village, on faisait un petit règlement de compte au coin du battoir (qui portait bien son nom), on castagnait quelques minutes et le sang avait le temps de sécher le temps de rentrer dans son village. C’était mieux. Pis le gendarme faisait semblant de ne rien savoir et s’il ne faisait pas semblant, il finissait jeté dans la fontaine. Véridique. C’était mieux et rigolo. Avant. Aujourd’hui, dans une grande ville, on s’allume, on appelle les copains par SMS, sur Twitter, sur Messenger, sur FB, sur WhatsApp, et on fait une grande bagarre en bougeant dans la ville partout, ce qui oblige des dizaines de policiers à devoir arriver et à travailler toute la nuit et de se prendre des coups, des cailloux, des insultes, du spray dans la figure et y’a plus assez de fontaines ou trop de policiers, je ne sais pas. Donc avant c’était mieux.
Avant y’avait pas le Red Bull Crashed Ice et c’était mieux. Parce que nous les Vaudois on aime bien le calme et pas trop les polémiques et sans le Red Bull Crashed Ice on avait pas besoin de se demander combien de litres de flotte étaient gaspillés pour rien ou pour permettre à des cinglés de mieux se casser une jambe que les autres. C’était mieux aussi parce qu’on n’avait pas besoin de se demander si le Red Bull reviendrait ou pas à Lausanne. C’était plus simple.
Y’a juste une exception à ce papier: on se demande une fois de plus si le LHC va monter en ligue A cette année. Et là, on peut vraiment pas dire qu’avant, c’était mieux…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
Denis Pittet, journaliste *
Avant, c’était mieux. Plus on vieillit, plus il y a «d’avant» et moins il y a de «devant». Alors, vous comprenez, c’est normal de dire qu’avant c’était mieux. Avant il faisait beau. Avant – la preuve en 1976 et en 2003 – en février et mars on avait déjà eu 34 degrés et 45 jours de soleil. Avant, on savait qui allait former un gouvernement. C’était mieux. Avant, on savait le résultat et avant y’avait même pas besoin de deux tours. C’était mieux.
Avant, foi du témoignage entendu d’un vieux gendarme vaudois, quand il y avait un problème dans un village, on faisait un petit règlement de compte au coin du battoir (qui portait bien son nom), on castagnait quelques minutes et le sang avait le temps de sécher le temps de rentrer dans son village. C’était mieux. Pis le gendarme faisait semblant de ne rien savoir et s’il ne faisait pas semblant, il finissait jeté dans la fontaine. Véridique. C’était mieux et rigolo. Avant. Aujourd’hui, dans une grande ville, on s’allume, on appelle les copains par SMS, sur Twitter, sur Messenger, sur FB, sur WhatsApp, et on fait une grande bagarre en bougeant dans la ville partout, ce qui oblige des dizaines de policiers à devoir arriver et à travailler toute la nuit et de se prendre des coups, des cailloux, des insultes, du spray dans la figure et y’a plus assez de fontaines ou trop de policiers, je ne sais pas. Donc avant c’était mieux.
Avant y’avait pas le Red Bull Crashed Ice et c’était mieux. Parce que nous les Vaudois on aime bien le calme et pas trop les polémiques et sans le Red Bull Crashed Ice on avait pas besoin de se demander combien de litres de flotte étaient gaspillés pour rien ou pour permettre à des cinglés de mieux se casser une jambe que les autres. C’était mieux aussi parce qu’on n’avait pas besoin de se demander si le Red Bull reviendrait ou pas à Lausanne. C’était plus simple.
Y’a juste une exception à ce papier: on se demande une fois de plus si le LHC va monter en ligue A cette année. Et là, on peut vraiment pas dire qu’avant, c’était mieux…
* Délégué à la communication du département de l’Intérieur vaudois
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